Les fausses bonnes idées de l’été: 3 – couper des arbres en ville.

Vedette

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ombre

Il fait chaud et depuis quelques jours, les Bordelais cherchent le frais.

Une solution: l’ombre des grands arbres.

Seulement voilà,  dans une ville réputée à juste titre minérale et qui a subi de telles transformations urbaines ces dernières années, difficile de se reposer au pied d’un arbre pourvu d’une ombre suffisante… Car en dehors des parcs et jardins, Bordeaux ne regorgent pas vraiment de places ou d’allées largement arborées.

Citons tout de même la Place Jean Moulin, le Parc aux Angéliques devant le jardin botanique,  sur les quais en face des Quinconces, la place Gambetta, la place des Martyrs de la résistance, la place Dormoy, …  Sur ces espaces publics, de bons vieux arbres assurent tout l’année une fraîcheur bienvenue.

Mais, en ce qui concerne, un certain nombre d’espaces publics rénovés, il faudra attendre encore quelques années pour y trouver de l’ombre…

Car si ces dernières années, de nombreux arbres ont été plantés, à Bordeaux, sur les quais ou sur les places rénovées, ceux-ci ne procurent pas encore suffisamment de fraîcheur pour que les habitants puissent s’y installer durablement.

Place Jean Jaurès , Place Stalingrad, Allées de Serr, rue Ravez,… si des arbres sont bien en place, il faudra attendre encore une ou deux décennies pour qu’ils protègent correctement des coups de soleil futurs qu’on nous promet.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle un collectif « Les marronniers de Gambetta » s’oppose à la suppression de deux allées de marronniers sur cette place centrale de Bordeaux.

Alain Juppé, président de Bordeaux Métropole et maire de Bordeaux promet à la fin de cette rénovation, plus d’arbres, un îlot de fraîcheur conservé et une place encore plus végétalisée.

Mais il ne précise pas pas quand les Bordelais pourront retrouver la même qualité de fraîcheur urbaine que procure pour l’instant cette place.

Car en supprimant la rivière anglaise et 17 marronniers de plus de 70 ans, pour les remplacer par une fontaine sèche (?) et des arbres plus nombreux mais volontairement plus petits, les riverains ne sont pas assurées de retrouver avant quelques années l’îlot de fraîcheur actuel.

 

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Les fausses bonnes idées de l’été: 2 – moustique , ça pique!

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Moustique

En été, quand les moustiques attaquent, les esprits s’échauffent et parfois des décisions radicales peuvent être proposées.

C’est ce qui s’était passé en 2014.

Face à une recrudescence de moustiques, le département avait pratiqué un traitement par épandage aérien. A cette époque, avec le moustique tigre nouvellement signalé en Gironde, le secteur de la presqu’ile avait bénéficié d’un épandage organisé par la préfecture au dessus des marais, des sous-bois et même des zones d’habitations. Le traitement avait, semble-t-il , été efficace, tout au moins consécutivement. On dénombra, à la suite de ce traitement, une réduction notable de la présence des moustiques sur les  zones infestées.

Mais face aux critiques, notamment de la part des associations environnementales, ce type de traitement n’est plus autorisé par la préfecture en raison d’un impact, pas vraiment neutre sur les territoires touchés.

Car l’épandage, arme de dissémination massive, fait parfois des dégâts collatéraux. Si les larves de moustiques sont principalement touchées, ce traitement à large échelle impacte tout l’écosystème.  Abeilles, autres insectes volants, invertébrés, amphibiens, poissons, … tous peuvent être touchés par la substance toxique utilisée contre les moustiques.

Mais d’autres raisons sont aussi évoquées pour l’arrêt de cette solution miracle.

Tout d’abord, il semblerait que les larves de moustiques développeraient une résistance au produit. Ensuite, le coût de ce traitement n’est pas anodin. En 2014, l’épandage par hélicoptère sur la zone concernée aurait coûté la modique somme de 149 000 euros…

Le débat relancé.

Pourtant cette année encore, au début de cet été 2018, à la suite d’un printemps  particulièrement pluvieux, des élus de certaines communes ( Ambès et Ambarès-et-Lagrave ) ont relancé le débat.

Soutenus par une partie de la population de la presqu’ile d’Ambès, relayés par une pétition signée par plus de 3000 personnes, ils ont réclamé une intervention d’urgence et proposé des  épandages aériens massifs pour lutter contre l’invasion de moustiques sur leur territoire. Pour l’instant, la préfecture et le conseil départemental restent sur leur position.

Seul un traitement sur un quartier d’Ambès a été autorisé début juillet à la suite de la détection d’un cas de dengue, virus transmis par le moustique-tigre. La personne aurait été piquée lors d’un voyage hors de France.

Reste que pour éviter la propagation des moustiques et lutter contre leur présence autour des habitations, des solutions naturelles existent.

Le site de Bordeaux.fr propose des solutions pour tenter d’éradiquer la prolifération des  moustiques ou tout au moins en ralentir leur développement. Celles-ci passent notamment par une surveillance des eaux stagnantes à proximité des habitations. http://www.bordeaux.fr/p96876#conseils-pour-lutter-contre-les-moutiques

La ville de Bègles va plus loin, en mettant en place des actions concrètes de lutte contre les moustiques plus respectueuses de la biodiversité. Cette mairie a décidé d’installer des nichoirs et des abris dans ses parcs et jardins afin de favoriser le retour des chauve-souris et des hirondelles en ville.  Ces prédateurs sont en effet connus pour être très voraces en moustiques. Cette municipalité propose aussi une aide financière de 10 euros afin d’aider les habitants à s’équiper de nichoirs à hirondelles ou chauve-souris.

Les fausses bonnes idées de l’été: 1. Métro, c’est trop !

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val2

A Bordeaux, les fins de règne semblent aimer le métro…

La bataille du métro VAL avaient déjà plombé les dernières années Chaban-Delmas.  L’annonce, par le président de Bordeaux Métropole, de possibles études pour ce mode de transport,  va-t-elle reproduire les mêmes effets pour Alain Juppé ?

Ces derniers mois, un chercheur en droit public de l’université de Bordeaux a en effet relancé l’idée d’un réseau de métro pour 2030 afin de désengorger l’agglomération bordelaise. Sur son site https://www.metrobordeaux.fr, il y développe ses arguments et son projet qui comprendrait deux lignes et s’étendrait sur 38 kilomètres. Aussitôt , Alain Juppé s’est dit ouvert à la réflexion.

La fausse bonne idée.

Rappelons que le métro est extrêmement coûteux. D’autant que son promoteur annonce une construction en tranchées couvertes, concentrée donc sous la voirie, qui respecterait ainsi le réseau viaire, ce qui annonce encore des années de travaux dans un bâti dense aux rues étroites et donc extrêmement contraint.

Reste que cette idée « lumineuse » évite surtout de remettre en cause la place de la voiture dans la métropole bordelaise. 

Plus grave, cette proposition de métro intervient alors que le projet du BHNS (bus à haut niveau de service) est  actuellement juridiquement bloqué et n’a pu encore prouver toute son efficience sur le terrain.

Pour ce qui est du plan vélo de Bordeaux Métropole ce dernier monte doucement en douceur. Mais si le métro est compatible avec les lignes du tram, il est le concurrent direct de la bicyclette. Développer cette idée reviendrait à ralentir la progression de la part modale du vélo dans le plan de déplacement urbain.

De la même manière, avant de s’interroger sur la possibilité d’un métro sur Bordeaux, il conviendrait aux collectivités de s’entendre afin de développer un TER – RER réellement efficace sur notre agglomération, directement en lien avec le réseau en place et les gares déjà existantes .

L’argument phare des partisans du métro est que l’agglomération serait saturée aux heures de pointe, ce qui expliquerait la nécessité d’avoir recours à ce mode de transport.

Il est vrai que routes, rues et lignes de tram sont généralement pleines aux heures de pointe. Mais, c’est malheureusement le lot de toutes les agglomérations avec ou sans métro. A Paris, malgré le métro, la saturation reste la règle aux heures de grandes affluences.

La solution, s’il en existe réellement une, ne peut venir que des habitants eux-mêmes qui doivent adapter leurs déplacements aux conditions difficiles de circulation ou inconfortables lors des heures de pointe.

Télétravail, covoiturage, décalage des horaires de travail, abandon de la voiture aux profits de mode de transports plus compatibles,  sont certainement une partie de la solution.

Reste que toutes ces solutions, tout comme le métro, ne pourront nous éviter l’engorgement à certaines heures de la journée dans une métropole qui se veut millionnaire.

 

Concertation: les limites de l’exercice.

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Renan Turenne

Lorsque la municipalité souhaite réaménager une place, une rue, un quartier, elle convoque logiquement les riverains pour en discuter. Contactés par tractage ou par voie de presse, ce sont généralement  les personnes les plus directement concernées par le projet qui se déplacent le plus souvent. Celles-ci veulent en effet savoir ce qui va se passer pour leur bout de trottoirs ou pour leur rue comment leur quotidien pourrait être impactés par ces futurs travaux.

La mairie, par ce biais, trouve ainsi une légitimité  démocratique et surtout des interlocuteurs très attentifs à leur cadre de vie. Pas forcément, toujours dans le sens de l’intérêt collectif mais, au moins, il ne pourra pas être reproché à l’élu de quartier qui anime ces rencontres de ne pas avoir su écouter les habitants. Le projet est « co-construit » avec les bordelais et ne peut ensuite être contesté car il a eu l’assentiment « général »…

Mais parfois cela dérape.

C’est ce qui s’est passé, mardi 12 juin, pour l’aménagement d’une petite place à l’angle de la rue Ernest Renan et de la rue de Turenne. Délaissée pendant des années, mal conçue, cette placette envahie par les voitures et les deux roues motorisés avait largement besoin d’une rénovation.

Deux réunions avaient donc été organisées entre 2016 et 2018. Chacun avait pu s’y exprimer et un cahier des charges avait été retenu. Ensuite les services de Bordeaux Métropole avaient fait deux propositions aux riverains, présentées lors d’une troisième réunion où le projet avait enfin été arrêté.

Projet refusé

Tout semblait donc clair pour l’ensemble des participants. Mais lors de la réunion d’information sur le programmation des travaux d’aménagement et de mise en valeur de la placette: patatras ! Un vent de fronde est monté de l’assistance, contestant le projet retenu avec comme poing d’orgue: le changement de sens de la rue de Lyon.

Vent debout contre l’adjointe du quartier,  une moitié du public l’a prise à partie. Le projet ne semblait plus correspondre aux attentes de ces riverains en colère. Ils souhaitaient que le sens de la rue ne change pas.

Du coup, l’adjointe recule face à ce front du refus et annonce sous la poussée populaire, que le sens de la rue ne changera pas.  Ce qui n’est pas anodin car cela sous entend: plus de plantation des quatre arbres prévus, plus de piste cyclable à double sens, plus de doublement de la station Vcub, sans parler de la borne de verre enterrée, qui, du reste, l’avait été déjà largement, dès la première réunion de concertation. (Pas de ça devant chez nous!)

Au revoir la vision collective du projet, bienvenue dans le monde du nimby (Not In My BackYard).

Heureusement pour les fonctionnaires de Bordeaux Métropole, plusieurs prises de paroles sont venues défendre le projet retenu, au nom du bien collectif et du refus de céder à la pression d’une poignée de participants.  L’adjointe désarçonnée par ce nouveau revirement de l’assistance, revient donc sur son renoncement et  botte en touche: ce sera au maire de prendre la décision finale…

On peut ainsi légitimement s’interroger sur l’organisation même de ces concertations où l’intérêt individuel prime le plus souvent sur le bien commun.

Projet place Gambetta

Place Gambetta: Un autre exemple  qui interroge  sur les modalités même de la concertation.

Cette place a subi ces dernières années des aménagements afin de tenter d’alléger notamment la circulation sur ce carrefour central largement saturé.  Dans un premier temps, les bus ont ainsi été regroupés sur un côté de la place, le flux de circulation passant dorénavant à l’opposé.

Cette première modification est à mettre au crédit d’une association de riverains et de commerçants qui a décidé de prendre les choses en main et de discuter directement avec les élus. « SOS Gambetta » est devenu en effet un interlocuteur influent ces dernières années pour tout projet concernant cette place. Et n’étant pas vraiment satisfaite du résultat, cette association a ainsi continué à militer pour une réfection totale de la place. Cela tombait bien car la municipalité venant de trouver un repreneur au magasin Virgin ne pouvait laisser, devant un futur Grand hôtel de luxe, un jardin aussi peu conforme aux attentes du repreneur…

C’est donc en septembre 2014 que la Communauté urbaine de Bordeaux ouvre une concertation publique sur l’aménagement de la Place Gambetta.  Huit mois pour informer le public et recueillir son avis. Mais malgré de nombreuses réunions qui ont duré  Apres de huit mois,  cette consultation n’a pas vraiment déplacé les foules…

Seulement 43 contributions dans lesquelles ressort tout de même une forte demande pour réduire la circulation des bus et des voitures. Pour ce qui est du jardin, les avis divergent: certains expriment leur volonté de couper les arbres, d’autres de les conserver.

Un concours de maîtrise d’œuvre est donc lancé par Bordeaux Métropole. Le gagnant devra tenir compte du cahier des charges travaillé avec les commerçants de la place et les riverains. Les avis exprimés lors de l’enquête publique semblent être passés à la trappe, d’autant qu’un rapport de l’A’Urba préconise de revaloriser le patrimoine architectural afin de stimuler l’attractivité de la place…

Ce sont donc les arbres du jardin qui feront les frais de ce réaménagement avec en septembre 2016, le projet de l’agence West 8 qui remporte le concours. L’association « SOS Gambetta » ayant obtenu gain de cause devient « L’esprit Gambetta ».

La suite est une affaire entendue, Et ce n’est pas l’enquête publique organisée dans le cadre de la modification du plan de sauvegarde et de mise en valeur de Bordeaux Métropole, ni les nombreux avis contre, qui changeront les choses.

Bx fête le vin et l’environnement ?

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Bordeaux fête le vin

Bordeaux Métropole qui met en avant ses actions et faveur de l’environnement et qui a reçu le fameux label « Territoire Zéro Déchet, Zéro Gaspillage »  se doit d’être exemplaire à chacun de ses événements.

« Bordeaux fête le vin » a donc fait quelques efforts cette année, pour cette vingtième édition 2018.

L’étui du pass dégustation  jusqu’à présent en plastique est dorénavant en tissu (coton éthique?) et les tickets pour les stands de dégustation ont été remplacés par une carte magnétique. Des poubelles sélectives ont aussi été rajoutées sur les quais. Voilà pour les quelques avancées…

Pour le reste, la communication reste toujours aussi inexistante sur l’environnement, sur le site de « Bordeaux fête le vin ». A l’heure des dérèglements climatiques que nous subissons, pas un mot sur un quelconque engagement de la part de l’organisateur « Bordeaux Grands Evénements ».

Même le ticket tram offert avec le pass pour utiliser les transports en commun n’est pas plus explicite sur son intérêt à l’utiliser pour le bien de la planète. En 2017, déjà pour Bordeaux fête le fleuve, l’environnement n’était pas vraiment à l’honneur. https://ecolobordeauxblog.com/2017/05/06/fete-du-fleuve-2017-lecologie-prend-leau/

Concernant l’exemplarité environnemental, voilà rapidement quelques  points qui auraient mérité une attention toute particulière :

Quand Bordeaux fête le vin accueille les grands voiliers, c’est le fleuve et la mer qu’on sublime. Il est quand même regrettable que la défense de l’environnement n’ait pas une place, même minime sur internet et sur le site de l’événement. Pas une seule fois, le mot environnement n’est mentionné dans le dossier de presse…

Pour ce qui est des exposants, un cahier des charges pour choisir les candidats mettait en avant les valeurs éco-responsables. Au final, celles-ci sont loin d’être évidentes lorsqu’on se retrouve sur le lieu de la manifestation…

NutellaFruits naturels

De la même manière, alors que le bio a le vent en poupe, le grand public aurait certainement apprécié un douzième pavillon consacré au bio sur le site de l’événement et pas seulement, le vendredi, pour les initiés à Darwin…

En matière de déchets, l’étui pass devrait être  consigné ou tout au moins réutilisable pour les autres années à la manière des écocup. Idem pour les cartes magnétiques qui finiront cette fois encore à la poubelle une fois épuisées.

Les poubelles installées  pour dissocier déchets recyclables et tout venant auraient mérité d’avoir une visibilité plus nette.

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Des cendriers installés pour les mégots tout au long du parcours de l’événement et des stands auraient aussi été appréciés par les fumeurs et … le fleuve.

Quatre feux d’artifices, un pour chaque soir, tout cela a un coût financier certain et environnemental non négligeable . https://ecolobordeauxblog.com/2015/09/25/pleins-feux-sur-la-garonne/

Pour ce qui est des déplacements. Une réflexion est à avoir sur la priorité toujours donnée à la voiture vis a vis des autres modes de déplacements. Dès qu’il y a une manifestation sur les quais, l’espace piéton se réduit et empiète sur les voies cyclables mais les voitures continuent à rouler sans réduction de leur espace. Une fois encore les stands de « Bordeaux fête le vin » obligent piétons et cyclistes à cohabiter alors que les automobilistes restent toujours privilégiés dans leurs déplacements.

Piste cyclable.JPG

L’organisateur « Bordeaux Grands événements » n’a proposé qu’une seule fois une compensation carbone pour une de ses manifestations, suite à une demande du maire lors d’un conseil municipal. Depuis il semble bien que cet engagement n’ait pas été renouvelé…

Reste qu’en ce qui concerne le bilan environnemental de la manifestation, l’organisateur mettra certainement en avant pour sa défense le recyclage des tonnes de bouteilles durant ces quatre jours: en quelque sorte un engagement à minima de « Bordeaux fête le vin » pour la planète.

 

Ilots de fraîcheur vs îlots de chaleur.

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L’aménagement de nos villes est-il toujours à la hauteur des enjeux climatiques qui nous attendent? Pas toujours semble-t-il …

Si depuis vingt ans, l’hégémonie de la voiture a considérablement reculé sur Bordeaux et si certaines places publiques ont bien été vidées des automobiles qui envahissaient l’espace urbain, certains aménagements ne sont pas toujours allés vers plus de végétalisation, bien au contraire…

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Première démonstration. La place de la Victoire était un carrefour giratoire digne des années Pompidou. La voiture y régnait en maître.  Sa rénovation en 2005 a permis aux terrasses de s’agrandir et aux animations de s’épanouir sous un soleil de plomb. Car si le gazon central a disparu, la municipalité et les aménageurs n’ont pas daigné y planter un seul arbre en remplacement… Bien au contraire. aujourd’hui, seul un obélisque tente désespérément de procurer de l’ombre aux passants qui, en été, fuient le plus souvent ce puît de chaleur pour se réfugier sous les parasols des cafetiers. Objectif atteint?

Avenue_ThiersStalingrad1

Stalingrad

Deuxième démonstration. La place Stalingrad, rénovée en 2005, s’est débarrassée des étourneaux qui aimaient nichaient dans les grands arbres de cette place. Les aménageurs ont en effet fait le vide sur cette esplanade en coupant les arbres anciens qui leur servaient de refuge et procuraient de l’ombre aux usagers des bus. Aujourd’hui, la place est caniculaire, en été. D’autant que les 24 charmes plantés en remplacement des marronniers (?) n’ont pas supporté les années de sécheresse des premières années de ce nouveau millénaire. Ils ont été remplacés par 24 mélias qui, espérons-le,  procureront peut être, dans vingt ans, un peu plus d’ombre qu’actuellement…

bordeaux-place-gambetta-vue-de-haut

Vue actuelle

vue du projet

Vue du projet

Troisième démonstration. La place Gambetta va connaître prochainement une rénovation afin de tenter d’apaiser la circulation et de redonner de l’espace aux piétons. Mais si actuellement, le jardin profite de l’ombre de ses grands arbres et de la fraîcheur de la rivière anglaise centrale, le projet réduit le périmètre du jardin au profit de plus larges trottoirs, supprime 17 marronniers presque centenaires et comble la rivière pour la remplacer par du gazon. La modification de cet espace public, malgré une plantation d’arbres en plus grand nombre, mais plus petits, risque fort de renforcer la minéralisation et d’augmenter la chaleur sur cette place. Actuellement , anti et pro rénovation s’affrontent sur le résultat final.

Pourtant un outil de suivi permettrait de départager ces contradicteurs en calculant l’impact climatique de ce futur aménagement.

Cet outil,  c’est le « Score ICU » réalisé par un cabinet d’etude à la demande de Bordeaux  métropole, qui permet d’évaluer les projets d’aménagement en utilisant les cartes satellites infrarouges de la situation de départ et le travail de projection du résultat final. Ce calcul se fait en s’appuyant sur des projections sur le type de sols, la végétation, les ombres portées de la végétation ou des bâtiments. En obtenant une cartographie qualitative du résultat final, elle permettrait de démontrer tout le bien fondé ou pas de ce nouvel aménagement.

Pour l’instant la mairie de Bordeaux se refuse à engager cet outil pour les aménagements  futurs de ses places (Gambetta , Tourny, André Meunier,…) alors que les résultats de ces études permettraient à tous de mieux se rendre compte de l’impact climatique de ces travaux pour le confort estival des Bordelais ou parfois aux élu.e.s de renoncer à entreprendre les  aménagements qui renforceraient éventuellement les îlots de chaleur.

A quand l’utilisation de cet outil pour l’ ensemble des projets urbains de la ville ?

http://www.bordeaux-metropole.fr/Vivre-habiter/Connaitre-son-environnement/Ilots-de-chaleur-et-de-fraicheur-urbains 

Bonne nouvelle dans les cantines bordelaises !

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Cantines

Le programme des menus dans les écoles de Bordeaux vient cette semaine d’être distribué dans les écoles de Bordeaux et un menu végétarien est dorénavant proposé à tous une fois par semaine.

Aujourd’hui, clairement identifiés, ces menus proposent une gamme de recettes qui démontrent qu’il est possible d’offrir des plats équilibrés en protéines sans introduire forcément viande ou poisson.

Après un menu végétarien par mois, proposé depuis 2012, le passage à un menu par semaine est une victoire qu’il faut signaler.

Au départ, cette demande des associations et des élus écologistes (EELV) au conseil municipal de Bordeaux avait le plus souvent prêté à sourire sur les bancs de la majorité municipale. Les réponses données expliquaient que les parents payaient les repas et qu’ils ne verraient pas d’un très bon oeil ces menus sans viande et sans poisson, que des enfants ne mangeaient pas de viande tous les jours et que la cantine était pour eux une occasion de combler ce manque, qu’il fallait défendre les producteurs de viande locaux, etc…

Autant d’explications qui ne sont plus à l’ordre du jour, preuve que l’époque change et que les messages politiques et associatifs sur les répercussions d’une alimentation trop riche en protéines animales ont su atteindre leur objectif.

Le SIVU ( (Syndicat Intercommunal à Vocation Unique) qui gère la restauration scolaire après une année chaotique en matière d’informations (menus végétariens avec poisson, menu avec oeufs non indiqué comme végétarien, deux menus végétariens la même semaine, …) semble enfin avoir pris la mesure de la nécessité de passer à une menu végétarien par semaine, et cela sans plus aucune ambiguité.

Il faut dire que la ville de Bordeaux vient d’être épinglée par une enquête récente réalisée par Greenpeace qui note:  » Bordeaux n’a pas pris les choses en main. (…) Très rares occasions de manger végétarien à la cantine.  »

Ce résultat est donc oublié. Merci au SIVU d’avoir su prendre le bon chemin vers une alimentation plus respectueuse de la planète.  Comme le rappelle l’association écologiste qui milite pour … deux repas végétariens à la cantine : « A lui seul, l’élevage industriel est responsable de 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial. » ou encore que  » … viande et produits laitiers sont servis dans les cantines scolaires dans des proportions démesurées par rapport aux recommandations nutritionnelles de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES).

Certes, il reste encore des marges de progrès en ce domaine: les deux menus végétariens par semaine, les repas entièrement végans, c’est à dire sans produits d’origine animale ou même sur le plat actuellement proposé sans viande mais pas sans poisson,…

Mais aujourd’hui, nous ne bouderons pas notre plaisir et reconnaitrons au Sivu une sacrée avancée, comme le prouvent tous les articles sur ce sujet publiés par ce blog depuis …2014.

Sur le même sujet:

https://ecolobordeauxblog.com/2018/05/18/youre-veggie-veggie-veritable/

https://ecolobordeauxblog.com/2017/12/22/vegetarisme-a-la-sauce-bordelaise/

https://ecolobordeauxblog.com/2018/02/08/menu-vegetarien-sans-viande-mais-pas-sans-poisson/

https://ecolobordeauxblog.com/2017/11/10/nouvelle-a-deguster-avec-moderation/

https://ecolobordeauxblog.com/2017/02/05/un-repas-vegetarien-par-semaine-cest-possible-la-preuve/

https://ecolobordeauxblog.com/2016/01/20/du-lard-ou-du-cochon-cette-convention/

https://ecolobordeauxblog.com/2015/02/06/dans-les-cantines-de-bordeaux-cest-la-fete-aux-vegetariens-cette-semaine/

https://ecolobordeauxblog.com/2014/09/18/encore-un-petit-effort-sivu-plait/

 

Bordeaux 2050, c’est déjà demain.

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BM2050-ok_1

Depuis quelques semaines maintenant, Bordeaux Métropole a lancé son camion du futur sur les routes de notre agglomération. Le but ? Prendre le pouls de ses habitants afin de les interroger sur la ville de demain.

Mais de qui se moque-t-on?

Alors qu’aujourd’hui, la ville est un immense chantier, que la moindre parcelle de terrain est aussitôt  investie par les promoteurs, que le prix du m2 explose empêchant tout projet collectif, que tous les grands chantiers et tous les grands projets se lancent maintenant, que l’agglomération se bétonne à tout va, on fait croire aux bordelais qu’ils pourraient peser sur la ville de demain?

En définitive, à qui sont adressées ces grandes interrogations? (Comment nous logerons-nous demain ? Comment nous déplacerons-nous ? Comment travaillerons-nous ? Comment allons-nous nous soigner, nous nourrir, nous former… ?)

En 2050, c’est à dire dans exactement 32 ans, bon nombre des habitants de Bordeaux Métropole auront atteint la limite d’âge pour envisager sereinement l’avenir… En effet, seulement un habitant sur trois a moins de vingt cinq ans. Les deux tiers donc de la population actuellement sondée se moque bien de ce lointain avenir et s’interroge plutôt sur son quotidien.

Nos élus, la plupart dans cette classe d’âge avancée, comme nos grands élus, déjà largement atteints  par le cumul des mandats dans le temps, seraient donc les plus à même de penser un avenir qu’ils ne verront certainement pas, pour la plupart, un avenir sur lequel d’ailleurs ils ne pourront même plus peser?

Le but de cette opération de communication est uniquement démontrer que la concertation n’est pas un vain mot.

Belle stratégie de promotion de la collectivité que l’on retrouvera sur « les marchés, devant les stades, les grandes salles de spectacle pour recueillir vos aspirations, projets et initiatives pour l’avenir ».  N’ayez crainte, nous construisons l’avenir avec vous !

Et pour le prouver, nous aurons droit ensuite à de grands colloques , de grandes conférences, la présentation de plusieurs scénarios et enfin l’écriture d’un projet métropolitain. Tout cela remis bien entendu dès mars 2019…  Car à quelques mois d’échéances municipales , cela peut toujours être utile de prouver la capacité d’écoute de nos édiles.

A Bordeaux, on avait déjà connu le même procédé avec l’agenda 21:  tables rondes, conférences et débats avec universitaires, chercheurs et experts avaient abouti à l’écriture d’un document, rempli d’indicateurs et d’objectifs, … abandonné moins de cinq après.

Alors du passé faisons table rase?

Pas tout à fait…

Car aux commandes de cette mission d’un an, nous retrouvons Michèle Laruë-Charlus, jeune retraitée de notre collectivité, fidèle parmi les fidèles du  président de Bordeaux Métropole, et surtout ex-directrice de l’aménagement, chef d’orchestre de tous les grands projets d’urbanisme de ces vingt dernières années sur Bordeaux…

Ce chef de projet sera-t-elle capable de penser le futur et construire la ville de demain, une ville plus durable, autosuffisante, plus verte, plus  économe en énergie, plus cyclable,… (comme semble l’indiquer les  premières remarques des sondés)  en acceptant de critiquer les erreurs de son propre passé ?

Capucins: marché de dupes?

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capucins

La gestion du marché des capucins est-il à la hauteur des attentes de la ville de Bordeaux en matière de développement durable ? Il semble que non, selon les élus écologistes (EELV) au conseil municipal.

Pour eux, la société  » « Les fils de Mme Géraud » qui gère  la délégation de service public comprenant la concession du marché des Capucins et de ses parcs de stationnement ne remplit pas vraiment ses obligations contractuelles ».

Ils ont donc écrit au maire afin que le délégataire respecte enfin les termes de son contrat signé en 2007 :   » En matière de développement durable : l’article 13-4 du contrat énonce : « Un second programme de travaux, destiné à inscrire le marché des Capucins dans une logique de développement durable (récupération des eaux pluviales) et d’économies d’énergies (photovoltaïque) sera réalisé sous cinq ans. Son enveloppe financière sera comprise entre 300 et 800 000€ HT (valeurs 2007). »

A ce jour, aucune avancée en ce domaine.

Pire alors que depuis le premier janvier 2016, tout marché produisant plus de 10 tonnes de bio déchets par an est dans l’obligation règlementaire de valoriser emballages et de déchets compostables,  la SARL « Les fils de Mme Géraud » ne respecte aucunement l’article 26 de son contrat qui stipule pourtant : « le concessionnaire respecte toute disposition législative ou réglementaire qui lui est applicable ».

Alors comment expliquer un tel laisser faire municipal?

La relation entre la société Géraud et la mairie est une longue histoire faite d’alliances et de mésalliances qui défraye la chronique politique bordelaise depuis maintenant des décennies.

C’est dans les années 90 que la mairie confie au groupe Géraud l’exploitation  du marché des capucins, concession aussitôt dénoncée par l’opposition socialiste qui l’attaque au tribunal administratif. En 2000, la cour administrative donne raison à l’opposant Gilles Savary. La mairie modifie donc le contrat et en signe un nouveau avec Géraud, aussitôt dénoncé par le conseiller municipal socialiste.

En 2006, la partie se « corse ». 

La cour administrative donne raison à l’opposant et accorde trois mois à la municipalité pour procéder à la résolution du traité de concession avec le groupe Géraud. La ville refuse de payer et se pourvoit en cassation devant le conseil d’état. Mais son pourvoi est rejeté et la mairie se voit obligée de verser au groupe Géraud la coquette somme de 2,7 millions d’euros HT en juillet 2007, pour cause de résiliation du contrat et 500 000 euros en dédommagement pour le contrat restant. (plus 18 000 euros pour l’état et 2000 euros à l’opposant socialiste…)

Fin de partie?

Ce serait trop simple…Nouvel appel d’offre en juillet 2007 pour déterminer une nouvelle délégation pour le marché des capucins.  La commission municipale d’appel d’offre retient deux sociétés sur cinq candidats : « Les fils de Mme Géraud » et « Les marchés publics Cordonnier » pour attribuer le marché à …Géraud.

Une bonne opération pour la ville qui lui permet de récupérer le droit d’entrée payé par le nouveau gestionnaire de 2,9 M d’euros… soit la somme due par la mairie à la société Géraud.

Nouveau rebondissement,en 2017: l’appel d’offre aurait été faussée…

Lors d’une déclaration, sous serment, devant la haute Cour de Justice de Manchester (Royaume-Uni) le 12 juillet 2016, dans le cadre d’une plainte, Mr Jean-Paul Auguste, dirigeant de la société « Les Fils de Mme Géraud » avoue « Nous (les sociétés du groupe Géraud et du groupe Cordonnier) n’avons jamais soumissionné l’un contre l’autre, parce que c’est une filiale… Nous l’avons seulement fait à la demande de la municipalité, c’était pour Bordeaux. Et c’était pour une raison très simple. Notre contrat avec Bordeaux devait être réécrit. Pour cette raison, nous avons dû le casser, et pour ainsi dire, créer une sorte de compétition. L’objectif de cet appel d’offre était de reprendre l’intégralité des obligations financières »  (source « Géraud-Cordonnier: le cartel » par Mr Frédéric Bonnet février 2017)

Une manière, peut être, de faire taire l’opposition municipale qui, depuis le début, vote systématiquement contre l’attribution de cette délégation de service public à la société Géraud.

La ville de Bordeaux se targue de sa bonne foi.

Le maire saisit en avril 2017 le procureur de la République et l’Autorité de la concurrence pour que  « toute la lumière soit faite » sur cette affaire. Reste un sentiment de malaise quand, lors du conseil municipal suivant la commission d’appel d’offres, l’ancien premier adjoint  affirmait avoir « âprement négocié » avec les deux candidats …

Pour finir, la société Géraud n’a toujours pas fait les travaux de deux millions d’euros imposés par le contrat de concession. Pour l’instant,  la mairie ne se prononce pas et laisse faire l’exploitant.

Panneaux solaires, récupération d’eaux de pluie, gestion durable des déchets attendront peut être le règlement de ce long feuilleton judiciaire ou tout simplement la fin du contrat qui arrive à terme en … 2027.