Plastique instinct.

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vaisselle Bordeaux Ecolobordeauxblog

Suite à une action de parents d’élèves des écoles de Bordeaux et du collectif « Bordeaux pour une cantine sans plastique »,  le maire a décidé de retirer toute la vaisselle plastique, mise en place en janvier 2017, utilisée à la restauration scolaire,

La  ville de Bordeaux, au départ, avait tenté de résister à cette polémique, mettant en avant le confort des agents et le bruit à la cantine. Mais face à la fronde des parents d’élèves et le  tour politique que prenait cette affaire, elle a du faire marche arrière et accéder à cette demande.

Aujourd’hui, assiettes et verres, ont été retirés des restaurants scolaires.

Un retour en arrière qui a eu un coût financier et écologique certain. Rien que pour les assiettes en plastique, la mairie aurait déboursé 135 000 euros pour équiper les cantines des 101 écoles de la Ville. L’installation des verres est plus ancienne et certainement, aussi onéreuse.

Si on estime à près de 16 000 enfants et 900 agents qui déjeunent tous les jours, cela représente près de 20 000 assiettes et 20 000 verres qui partiront à la destruction.

La question du devenir de ces assiettes et couverts n’est pas anodine.

Même si on peut discuter de l’innocuité du plastique, cette vaisselle mériterait peut être d’être donnée à des associations , des clubs sportifs ou des écoles pour leurs événements plutôt que d’être détruite.

Rappelons que le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas.

Ces assiettes et verres sont aujourd’hui stockés par la ville de Bordeaux. Ne méritent-ils pas un meilleur avenir que leur recyclage matière ou leur incinération?

D’autant que pour l’instant rien n’interdit l’usage de gobelet en plastique pour des évènements ponctuels. C’est le principe des « écocups » que l’on retrouve dans tous les événements culturels et sportifs, sans que cela n’interpelle qui que ce soit.

La loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) indique qu' »A partir du 1er janvier 2020, la vaisselle jetable en plastique (gobelets, verres et assiettes jetables après utilisation) sera interdite. Seule pourra être vendue ou distribuée gratuitement, en vente à emporter ou en consommation sur place, la vaisselle jetable compostable en compostage domestique et constituée pour tout ou partie de matières biosourcées. »

Ces assiettes et verres en plastique ne relèvent pas pour l’instant de cette loi. La LTECV prévoit l’interdiction des contenants alimentaires en plastique à la cantine pour 2025.

En attendant faisons en sorte que cette vaisselle ne devienne un déchet et servent encore ponctuellement en attendant de trouver des solutions moins nocives pour la santé.

Cet article laisse entendre que les assiettes auraient déjà été détruites…

http://alternatives.blog.lemonde.fr/2017/06/20/a-bordeaux-le-plastique-sinvite-dans-les-assiettes-des-cantines/

 

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Le budget participatif dessine la ville.

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Budget participatif

En 2019, la ville de Bordeaux s’est donc enfin engagé dans un processus de budget participatif. Doté d’un budget de 2,5 millions d’euros, les bordelais sont actuellement appelés à voter pour leur projet préféré.

418 propositions, qui devaient aborder le thème du développement durable, ont été déposées.  133 ont été retenues par un comité composé d’élus et d’habitants tirés au sort. A la fin du mois de mai, à la suite du vote des Bordelais, les projets qui auront le plus de voix seront réalisés par la ville de Bordeaux .

https://budgetparticipatif.bordeaux.fr/project/budget-participatif/selection/vote

Quelles sont ces propositions citoyennes?

Ces projets peuvent être regroupés globalement en trois grands groupes.

Le pôle écolo. 

Dans ce chapitre, on retrouve toutes les idées de la mouvance écolo : poulaillers(7), potagers(3), ruches(3), composteurs(10),végétalisation des toits(2), nichoirs(4), cendriers(2), jardin pédagogique(1), frigo solidaire(1), boîte à dons(4), abri à vélos(5) et surtout un grand classique, la végétalisation de l’espace publique, rues ou places avec pas moins de 13 projets !

Le pôle convivialité.

Ici, entre sport, santé et jeunesse, les projets proposés veulent réaménager la ville en accueillant au mieux les Bordelais. Il semble ainsi que les riverains des places ou parcs attendent plus d’équipements à thèmes : jeux pour enfants(1), tennis de table(3), équipements de sports(4), échecs(3), Pétanque(2), skate(2), Basket(1), pistes à bosses(1), mur d’escalade(2),parcours santé(4) et même une tyrolienne(1)!

Mais la convivialité n’est pas oubliée avec tables et poubelles(4), Barbecues(2), bancs(3), casiers(1), fontaine à eau(1), kiosques à musique(2), salles(2) et parcours pour chiens(2).

Le pôle aménagement.

Un grand nombre de propositions se proposent aussi de réaménager la ville ou soumettent l’idée de mieux prendre en compte la gestion du quotidien : voies publiques(6), places(10), énergie(2), gestion des déchets(4), éducation du public sur différents thèmes(4), arts(3).

Au final, ce portrait de ville esquissé grâce à ces propositions interroge.

A la lecture de ces propositions, il semble en effet que la proximité et le vivre ensemble soient les grands oubliés de ces dernières années. Malgré les conseils de proximité, les conseils de quartier, les maires de quartier et les membres des commissions permanentes, certains projets proposés interpellent sur les aménagements réalisés sur le terrain.

Pourquoi ce besoin de végétalisation, de nature, de convivialité, de sport et de santé n’ont pas été plus vite pris en compte par la municipalité? Sans ce budget participatif, combien d’années encore les Bordelais auraient-ils dû attendre pour voir leurs envies réalisées?

Aujourd’hui, grâce à cette consultation, la mairie a une belle photographie des espoirs et des rêves de ses habitants. Même si, sur les 133 propositions, peu seront mises en place compte tenu de l’enveloppe budgétaire, la future équipe municipale, qui gagnera les élections en 2020, sait, dès aujourd’hui, vers quoi tendre pour satisfaire les attentes des Bordelais. 

A lire aussi:

https://ecolobordeauxblog.com/2019/01/16/democratie-petit-a-petit/

Bordeaux, Territoire zéro déchet…terie.

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decheteries Bordeaux.png

Il semble que les travaux d’aménagement  sur le quartier Euratlantique ont quelque peu accéléré la fermeture de la déchetterie de Paludate.

Actuellement, le site, par un message quelque peu sibyllin, est déclaré « fermé pour une durée indéterminée », … Contacté, Bordeaux Métropole indique seulement que des travaux sur la déchetterie implique cette fermeture.

On sait que le « déménagement » définitif de Paludate, compte tenu de la réalisation de ce nouveau quartier,  est prévu de longue date. Mais pour l’instant Bordeaux Métropole, ne donne pas plus d’information sur le nouveau site de remplacement. La déchetterie devrait donc réouvrir, momentanément, sur ce même lieu. On croise les doigts…

Cette fermeture de Paludate n’arrange pas la situation de Bordeaux.

En effet, depuis fin avril, le centre de recyclage Bordeaux Surcouf (Bordeaux Nord) est lui aussi fermé pour cause de travaux et ce, jusqu’au 29 juillet.

Les Bordelais sont gentiment priés d’aller recycler ailleurs, c’est à dire sur les autres communes de la Métropole.

Bordeaux Métropole gagne des habitants mais peine donc à trouver des points de recyclage pour ses habitants.

La ville passe ainsi momentanément de trois déchetteries à une seule.(quai Deschamps)

Une déchetterie pour 250 000 habitants, pas fameux pour une ville qui se veut engagé dans la transition écologique !

Voilà une situation qui va très certainement encore ralentir la démarche « Territoire zéro déchet, zéro gaspillage » et l’objectif de réduction de 3% des déchets ménagers.

Déjà en 2017,  chaque habitant de la métropole avait en moyenne produit 14,61 kg de déchets en plus, très loin des objectifs de réduction.

Et l’éloignement des déchetteries ne va pas certainement pas inciter les Bordelais à trier et à traverser tout Bordeaux pour jeter leurs encombrants.

Un aperçu de la carte (voir plus haut) permet de mieux se rendre compte du vide que connaît la ville de Bordeaux en matière de lieux pour la récupération des déchets.

Compte tenu de ces deux fermetures, il est étonnant qu’aucune ouverture temporaire ou autre écopoint ne soit proposé pour pallier au manque de déchetteries sur cette ville.

Ce n’est pas une nouveauté, Bordeaux ne sait pas gérer ses déchets.  La situation actuelle le confirme à nouveau cruellement.

Pibal, Pi…rien.

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Le sort des pibals sera donc scellé, ce lundi 29 avril 2019, lors du conseil municipal de Bordeaux.

Le pibal, c’était ce vélo révolutionnaire qui devait tout changer dans notre pratique quotidienne de la bicyclette. Selon son concepteur, Philippe Starck, ce vélo-trotinette « made in Bordeaux » allait inventer une nouvelle manière de concevoir le vélo en ville.

Le plan « com » parfait.

Dès la fin de l’année 2011, les bordelais avaient été invités à penser la future bicyclette urbaine rêvée que Philippe Starck dessinerait. En février 2013, fabriqué par Peugeot, le prototype est présenté à la presse.  Main dans la main, le grand designer et le maire de Bordeaux avaient réinventé le vélo !

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De couac en couac.

Dès le jour de la présentation, les journalistes ne peuvent essayer le prototype…

Cette bicyclette qui devait être « Un vélo pas cher, urbain, pour le quotidien »,  coûte la modique somme de … 420 euros.

Après plusieurs mois de retard, les premiers Bordelais peuvent enfin partir avec.  Mais les premiers retours ne sont pas bons: trop lourds, pas adaptés à toutes les tailles, socle de la patinette trop basse, etc…

Au bout de moins d’un an de fonctionnement, en raison de fissures constatées au niveau du cadre sur plusieurs modèles, la mairie récupère les 531 pibals mis en circulation.

Une facture salée. 

A vouloir réinventer la roue, cette histoire aura coûté au moins 243 600 euros à la ville de Bordeaux.

Aujourd’hui, en dédommagement la société Peugeot s’engage à fournir à la ville cinquante vélos à assistance électrique, d’une valeur unitaire de 2 199€ , soit une somme  totale de 109 950 € .

De son côté, la ville indemnisera la société Peugeot pour le rapatriement et le stockage des pibals à hauteur de 13 139 euros.

Pibals, pi…rien.

Au final, ces pibals seront tout simplement détruits par la société Devival-Derichebourg pour la somme  de 2232,24 € euros, somme règlée par la ville de Bordeaux à Peugeot.

Ainsi acheté 420 euros, chaque pibal coûtera encore pour sa destruction 4,20 euros à la ville de Bordeaux.

Plutôt M V M A ou M A M M A ?

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Pas de panique!  On vous explique.

MVMA veut dire Maison du Vélo et des Mobilités Alternatives  et  MAMMA, Maison Métropolitaine des Mobilités alternatives. Car dorénavant, c’est à l’échelle du territoire que Bordeaux Métropole développe sa politique vélo.

A Bordeaux, la MAMMA remplace officiellement la Maison du vélo créée en 2003, où les Bordelais avaient l’habitude d’emprunter les bicyclettes de la ville. Ces vélos intitulés « Bordeaux, ma ville« , pour certains, distribués récemment aux associations d’ateliers participatifs de réparation de cycles (L’étincelle, Récup’R,…), seront peu à peu remplacés par des vélos flambants neufs de Bordeaux Métropole. Plus de 400 nouveaux vélos, oranges, bleus, verts,… estampillés, « Bordeaux Métropole »ont déjà été mis en circulation et renouvellent aussi le genre en proposant différents types de bicyclettes: vélo à assistance électrique, vélos pliants, vélos cargos, tricycles,…

Mais dorénavant, le principe du prêt est étendu aux autres villes de la Métropole.  L’idée du plan vélo Métropolitain 2017-2020 est de créer un réseau de maisons des mobilités alternatives.

               A Bègles, en tant que Maison du Vélo et des Mobilités, c’est l’association « Cycles et Manivelles« qui gère le lieu et propose le prêt de vélos métropolitains. Ses membres proposent aussi différentes activités autour de la pratique de la bicyclette: atelier participatif, vélo école, récupération de vieux vélos, … Vous trouverez toutes les informations sur:  http://www.cycles-manivelles.org/contact/   ou  https://www.facebook.com/cyclesmanivelles/

            A Pessac, c’est l’association « Etu’Récup« , la ressourcerie sur le campus universitaire qui a été choisi par Bordeaux Métropole pour devenir Maison du vélo et des Mobilités Alternatives. Ici aussi, en plus du classique prêt de vélo, vous pourrez apprendre à entretenir vous-même votre bicyclette grâce aux adhérents qui partageront avec vous leurs connaissances. http://eturecup.org/ ou https://www.facebook.com/eturecup/

           Sur la rive droite, pas de lieu unique, c’est l’association Vélocité qui a eu l’idée d’une maison itinérante du vélo et des mobilités alternatives. Le concept accepté par Bordeaux Métropole propose ainsi un va et vient entre différentes villes: Bassens (Kiosque Citoyen), Cenon (Espace Simone Signoret et Rocher de Palmer), Lormont (Maison du projet) et Floirac (Maison de initiatives à Dravemont). Pour connaître les jours et horaires des permanences, il vous faudra cependant prendre contact avec l’association  contact@velo-cite.org ou auprès de Bordeaux Métropole maisondesmobilites@bordeaux-metropole.fr   pour le prêt des vélos notamment.

A Mérignac, le lieu doit être finalisé prochainement et ce serait la toute jeune association « Léon à Vélo » qui gèrerait très certainement le lieu et donc la maison du Vélo et des Mobilités.

       Bordeaux, une fois encore se différencie de ses voisins en offrant uniquement un lieu de prêt et d’information. La maison Métropolitaine des Mobilités alternatives, MAMMA, installée Cours Pasteur, ouvre ses portes du lundi au vendredi de 9h à 12h30 et de 13h30 à 17h30. C’est elle qui gère la totalité de la flotte des vélos prêtés aux habitants de Bordeaux Métropole.

Cette MAMMA reste un lieu bien moins convivial que les MVMA tenues par les associations locales. Gérée par Bordeaux Métropole, cette ancienne maison du vélo de Bordeaux offre moins de services à l’usagers comparée aux  MVMA des autres villes. La différence tient beaucoup à l’animation et au dynamisme des membres de ces associations qui fait défaut sur la MAMMA de Bordeaux. On peut donc s’interroger sur ce choix ou sur le défaut de partenariat avec les associations bordelaises de réparation de cycles. (L’étincelle, Récup’R ou Le garage Moderne par exemple)

Quel avenir pour cette Mamma ?  Il semble que dans les prochains mois, cette maison soit appelée à modifier son accueil, espérons que cela se fasse sur le modèle developpé par les autres communes de Bordeaux Métropole. 

 

Brazza, ligne verte.

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Brazzaligne

Le nouveau quartier Brazza sera bientôt lancé. Une fois le rapport de la commissaire enquêtrice remis, suite à l’enquête publique environnementale sur le projet d’aménagement, le préfet pourra décider d’accorder ou de refuser l’autorisation environnementale sollicitée par Bordeaux Métropole.

https://ecolobordeauxblog.com/2019/04/02/brazza-brazzaville/

En attendant cette décision, la Brazzaligne, une des particularités de  ce futur quartier Brazza, suscite l’intérêt.

Ancienne ligne de chemin de fer d’où arrivaient les trains de marchandises pour  l’ancienne gare d’Orléans, gare ferroviaire et routière de Bordeaux Bastide, cette ligne démarre au niveau de l’allée Serr, coupe Bordeaux Bastide et le bas-Cenon pour finir aux portes du vieux Lormont.

L’idée est d’aménager une coulée de verte qui fera plus de 3 kilomètres de long tout en préservant les aménagements ferroviaire existants. Cela sous entend végétaliser la plateforme où passent les rails et les caténaires et planter différentes essences sur les talus bordant la voie.

Cet aménagement, construit sur le modèle de la highline à New York ou la coulée verte René Dumont à Paris, offrirait plus de 7 hectares supplémentaires d’espaces verts à Bordeaux et permettrait de relier les 40 hectares du parc de l’Ermitage à Lormont.

La Métropole aménage donc cet axe ferroviaire, encore utilisé épisodiquement par la SNCF et par les Grands Moulins de Bordeaux,  tout en gardant la possibilité d’y faire circuler un possible transport en commun et de relier ainsi Bordeaux à Lormont.

Compte tenu du futur quartier Brazza qui verra l’arrivée, sur ce secteur, de plus de 9000 nouveaux habitants sans compter les futurs 8 000  à 10 000 habitants de Bastide Niel, on peut s’interroger sur le choix de la collectivité de reporter l’arrivée de ce transport collectif à une date incertaine. D’autant que la circulation automobile sur ce secteur commence, aux heures de pointe, à poser sérieusement problème…

Bastide vue du ciel

Pour ce qui est de l’aménagement de cette ceinture verte, on peut aussi regretter que cette végétalisation s’arrête juste avant les quais de Bordeaux, devant la résidence Crous, coeur de Bastide (voir photo).  Bordeaux Métropole n’a semble-t-il pas envisagé de faire coïncider le Parc de l’Ermitage , la Brazzaligne et le Parc des Angéliques. Pourtant en végétalisant  l’allée  Serr toute proche permettrait de réaliser cette  jonction naturelle et d’offrir  un formidable corridor vert à la rive droite.

Brazza – Brazzaville.

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Brazza

C’est ce soir,  2 avril 2019, que l’enquête publique environnementale sur l’aménagement du secteur Brazza prend fin. Le délai était quelque peu serré, un petit mois tout juste, pour éplucher en détail le vaste projet urbain du secteur Brazza,

http://www.gironde.gouv.fr/Publications/Publications-legales/Enquetes-publiques-consultations-du-public-declarations-d-intention-decisions-examen-cas-par-cas/Enquetes-publiques-et-consultations-du-public-de-l-annee-2019/Projet-d-amenagement-du-secteur-Brazza-a-Bordeaux

Car ce sont pas loin de 53 hectares, sur ce secteur de la rive droite, qui vont être aménagés le long du quai Brazza. La ville et la métropole ont confié à l’architecte Youssef Tohmé et au paysagiste Michel Desvigne la réalisation de ce projet. A partir de 2020,  4 950 logements et 130 000 m² de locaux d’activités doivent sortir de terre.

Situé en face de la cité du vin et du quartier des Chartrons, ce nouvel « écoquartier » se fera en prolongement du quartier Bastide Niel encore en construction.  Pour ce qui est de « l’écoquartier », on attendra de voir les constructions et le rendu final…

Pour l’instant, le secteur Brazza, c’est surtout une vaste étendue de friches industrielles et de nature.

Côté industries, pas forcément les plus vertueuses sur le plan environnemental…  La Soferti et La Cornubia y fabriquaient respectivement engrais chimiques et bouillie bordelaise. Les sols de ce secteur y sont donc pollués. Chaque opérateur privé ou publique devra mettre en place un plan de gestion de ces terres polluées.  Les évacuer aura un coût certain, les traiter empêchera d’y construire quoique ce soit, ce sera le recouvrement qui sera le plus souvent retenu avec les risques que cela sous-entend… D’autant que les parcelles vendues par îlots ne permettront pas un suivi global par la métropole de cette dépollution. La Mission Régionale d’Autorité Environnementale de la région Nouvelle-Aquitaine (MRAE) a clairement identifié le risque: « la mise en oeuvre de servitudes d’usage (interdiction de jardins potagers ou de plantation d’arbres fruitiers) au niveau des îlots privatifs, pour lesquelles le maintien de leur application dans le temps pose question. »

Côté nature, si le projet s’implante sur des terrains de friches industrielles, celles-ci abandonnées depuis plus de 20 ans « sont en cours de recolonisation naturelle ». La proximité de la Garonne (site Natura 2000) a permis à des espèces protégées de s’y installer à nouveau: flore, oiseaux, amphibiens, chauves-souris et mammifères sont revenus sur le site. A tel point que la MRAE conclut, compte tenu des espèces recensées, à la nécessité de déposer une demande dérogation pour installer cet écoquartier....  Ecoquartier  directement concerné par le risque inondation, ce qui entraînera la construction de certains logements sur pilotis, des fois que la Garonne décide de déborder comme cela a pu se produire lors de la tempête de 1999.

Brazza vue d'avion

Pour défendre son projet Bordeaux Métropole met en avant le fait que le quartier passera de 20 ha à 22 ha d’espaces verts. Le groupe écologiste (EELV) au Conseil municipal de Bordeaux a regretté que le projet actuel ne tienne pas compte des surfaces naturelles existantes et ne préserve pas l’existant.

Il faut dire qu’avec les îlots déjà vendus à des promoteurs,  on voit mal comment on pourrait revenir en arrière et surtout à quoi peut bien servir cette enquête publique environnementale en cours…

Mais le point qui interroge le plus est la question des transports.

Alors que les constructeurs font déjà la promotion de leurs programmes immobiliers, l’arrivée de plus de 9000 personnes inquiète, sur un secteur déjà saturé aux heures de pointe.

Dans son rapport la MRAE note à juste titre: « A moyen et long termes, le dossier ne donne aucune information sur la nature et la programmation des aménagements de transports collectifs lourds nécessaires pour crédibiliser les hypothèses du large report modal indiqué dans le dossier ». Pire : « Concernant plus particulièrement les nuisances sonores et la qualité de l’air, le dossier n’apporte aucun élément » Circulez, il n’y a rien à faire..

Évacuant la question dans son dossier de présentation du quartier Bordeaux Brazza, intitulé « Urbanisme en liberté », Bordeaux Métropole indique seulement que  « Demain, de nouveaux transports en commun en site propre, plus performants viendront relier Brazza (…) »  Sans plus de date ou d’échéancier précis .

Entre les programmes immobiliers en cours de réalisation sur Bastide Niel et ceux prévus en 2020 sur Brazza, si rien n’est rapidement lancé par Bordeaux Métropole  cela risque sérieusement de coincer en matière de  circulation rive droite…

Donnez, donnez moi…

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Boîte à don

Une Boîte à dons, c’est une « boîte » installée dans un espace public qui vous permet de récupérer ou déposer tous les objets que vous ne voulez pas jeter et qui pourraient éventuellement encore servir.

Sur le même principe des boîtes à livres: vêtements, jeux, CD  ou objets de toutes sortes peuvent ainsi espérer avoir une nouvelle vie grâce à ce lieu dédié au partage.

Ainsi plutôt que de déposer vos vieux objets encore corrects mais pour vous inutiles, à la poubelle ou à la déchetterie,  la boîte à dons vous incite à les déposer pour faire d’éventuels heureux.

Le concept est né à Berlin.

En 2011, un jeune styliste, bien décidé à se débarrasser d’objets qu’il n’utilisait plus, a créé le concept de la « Givebox » (boîte à donner) pour les mettre à disposition des Berlinois. Depuis, le principe s’est largement développé dans le monde.

A Bordeaux, on en trouve une seule, pour l’instant, place Gaviniès.  http://www.bordeaux.fr/p128447/projets-de-la-commission-permanente-de-saint-augustin-tauzin-alphonse-dupeux#boite-a-don

Boîte à dons

Aller plus loin.

Si l’initiative est à saluer et surtout à renouveler dans de nombreux quartiers de Bordeaux,  ces boites à dons restent limités en surface et reposent le plus souvent sur des associations qui gèrent ces espaces. Le volume de la « boîte » limite aussi considérablement les volumes traités.

Sur le même principe, les donneries sont le niveau supérieur qu’ont choisi de franchir certaines collectivités. Accolée le plus souvent à une déchetterie, la donnerie est un espace qui reçoit des objets, encore en état de marche, qui peuvent profiter à d’autres personnes.

Si Bordeaux Métropole, territoire zéro déchets  n’a pas encore développé une seule donnerie sur son territoire, le Grand Lyon apparait comme le modèle à suivre.

Dans cette métropole, douze zones de dons sont accolées aux douze déchetteries existantes, ce qui favorise la réutilisation d’objets et allège certainement la facture de cette collectivité. Les objets collectés et donnés par les Lyonnais sont récupérés, triés et revalorisés par des associations et des entreprises de l’économie sociale et solidaire. https://www.grandlyon.com/services/les-donneries.html

Mais l’idée la plus originale, est en Gironde, avec le Smicval  (syndicat mixte intercommunal de collecte et de valorisation du libournais Haute-Gironde) qui a eu l’idée d’ouvrir le Smicval Market à Arveyres. En quelque sorte une immense zone de dons, sur 5000 m2 qui vous permet de venir à la fois  récupérer des objets ou en donner, comme dans importe quelle déchetterie classique. Organisé par zone de type de produits: décoration, bricolage, matériaux de construction, jardin,… ce supermarché du recyclage ou déchetterie « inversée »  a permis de faire baisser pour le Smicval l’enfouissement des déchets collectés de 65% … https://www.elueslocales.fr/developpement-durable/supermarche-dechets-reussite-smicval-market/

Shame, Shamengo.

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Shamengo 2

En matière de co-construction, voilà un projet qui ne démarre pas forcément sous les meilleurs auspices...  A peine lancé, le projet Shamengo a vu une pétition de riverains s’opposer à l’implantation sur les allées Serr de sa « maison-école-laboratoire du nouveau monde ». https://www.change.org/p/le-pr%C3%A9sident-de-bordeaux-m%C3%A9tropole-ne-laissons-pas-la-m%C3%A9tropole-autoriser-une-construction-sur-l-all%C3%A9e-serr-%C3%A0-bordeaux?recruiter=869070209&utm_source=share_petition&utm_medium=email&utm_campaign=share_email_responsive

Car il semble que ce sont encore les anciennes pratiques du vieux monde qui ont oeuvré à l’implantation de ce projet. La décision d’accueillir cette villa portée par l’association Shamengo a été prise entre acteurs très influents de Bordeaux : Bordeaux Métropole, la ville de Bordeaux, l’établissement public foncier Euratlantique, la caisse des dépôts et consignations, Eiffage, la SNCF-Réseaux, …

L’absence totale de concertation amène aujourd’hui les habitants du quartier à s’opposer à la réquisition de cet espace public.

serres

Mais le projet avait tout pour séduire les décideurs.

Dans le dossier de presse ou sur le site de l’association, https://www.shamengo.com/fr/ tous les concepts écolo en vogue sont exploités: aquaponie, économie circulaire, ferme urbaine, bâtiment bioclimatique, … le tout noyé sous un flot d’anglicismes très tendances : Co-working, fab-lab, éco-lodge,  living-lab, show-room, …

Forte  d’une « communauté » d’au moins 10 000 « membres » dans le monde entier, suivie par plus de 13 300  personnes sur sa page Facebook, Shamengo communique beaucoup sur sa capacité à générer une participation active. Reste que sur le site de l’association,  pour l’instant, peu de Bordelais investis dans cette dynamique locale. Trente-huit contributeurs individuels à ce jour dont seulement… trois Bordelais. https://www.shamengo.com/fr/pionnier/construisez-villa-shamengo-a-bordeaux-france/ 

shamengo

Mais si le projet peut apparaitre au final très séduisant, il reste encore très vague. Evoluant au gré des contraintes techniques de sa construction sur les allées Serr, il est passé d’une villa de deux étages à une serre démontable.

Soutenu par différents entrepreneurs privés qui souhaitent mettre en avant leurs inventions ou process écologiques, le financement de cette opération est pour l’instant assez flou. L’association qui communique peu sur ce point semble toujours à la recherche de partenaires financiers après avoir bénéficié d’une aide de la collectivité avec une autorisation d’occupation temporaire (AOT) et une redevance annuelle de seulement 8 509 euros. On sait, pour l’instant, qu’une table d’hôtes bio, des chambres d’hôtel, une boutique commerciale devraient assurer une partie de l’équilibre financier de l’opération et que Shamengo aura vocation à recevoir du public.

C’est du reste la raison pour laquelle la ville de Bordeaux n’a pas hésité à défendre ce projet et cette nouvelle vitrine pour l’écologie; même si elle concurrence quelque peu la maison écocitoyenne qui a vu son budget de fonctionnement et donc d’animation baisser ces dernières années…

4 ans déjà !

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gateau

Voilà déjà quatre ans (septembre 2014) que ce blog tente d’informer les habitants de Bordeaux Métropole sur les décisions publiques en matière d’aménagements urbains et de les analyser à travers le prisme de l’écologie.

Vision forcément subjective, EcoloBordeauxBlog tente de donner un point de vue sur une réalité urbaine parfois bien plus complexe qu’il n’y parait.

Réflexion forcément critique, EcoloBordeauxBlog tente de déconstruire le discours dominant et les faux-semblants pour construire une autre vision de la ville, certainement partisane mais engagée pour peser sur les décisions locales.

Ville et développement durable, sont donc les deux axes de ce blog qui appellent notre métropole à tendre vers une vision plus écologique de la ville de demain.

Juppé et l’écologie: le bilan.

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juppé Départ

Alain Juppé parti, dans les journaux et les magazines, l’heure est au bilan pour l’ancien maire de Bordeaux:  architecture, économie, tourisme, social,…tout est passé au crible. Et l’écologie ?

Le développement durable devait être le fil rouge de ces vingt-quatre années à la tête de la ville. De retour du Canada, nommé ministre de l’écologie en 2007, Alain Juppé avait fait de l’environnement son nouveau cheval de bataille. Alors ce bilan?

Tramway Bordeaux

Le tramway est certainement sa plus grande réussite. Ce moyen de transport a considérablement changé la ville. Mais à cette époque, le tram était déjà dans l’air du temps  (Inauguré à Nantes en 1985, à Strasbourg en 1994, à Bordeaux en 2003)  Toutes les listes présentes aux municipales en 1995, le promettaient aux Bordelais. Alain Juppé, élu, l’a réalisé.

Face aux chantiers du tramway, le vélo devenait l’alternative. Mais en 1995, rares étaient les cyclistes dans les rues de Bordeaux. Avec les travaux titanesque du tram, la bicyclette est devenue tendance dans une ville où il devenait de plus en plus difficile de circuler. Le prêt des vélos par la ville a été plébiscité par les Bordelais. Mais si la communication municipale a été parfaite (Mr le maire à vélo, le Pibal de Starck malgré son échec final,…)  sur le terrain,  les aménagements pour les cyclistes se font toujours attendre. Les Bordelais se sont mis au vélo mais vingt-quatre ans après, continuités cyclables, arceaux, entretien des pistes,… déçoivent encore.

embouteillage

Alors la voiture évacuée du centre-ville ? Pas tout à fait car si les lignes de tram ont permis de faire le ménage dans certaines rues et places, les nombreux parkings réalisés en centre-ville font que la voiture est toujours aussi utilisée pour se rendre à Bordeaux. Alors si en chiffres la part modale de l’auto a reculé, la municipalité a continué à ménager les automobilistes récalcitrants en laissant suffisamment de places de parkings en ouvrage et en surface. Du coup, la voiture reste encore le moyen le plus prisé pour  se déplacer sur la métropole, ce qui entraîne toujours bouchons et voies saturées en dehors de l’hyper centre.

Du coup la qualité de l’air à Bordeaux, n’est toujours pas au beau fixe, bien au contraire… Le nombre de jours d’indices mauvais à très mauvais augmente depuis ces dernières années. Si la fermeture du pont de pierre aux voitures est une décision qu’il faut saluer, la situation reste préoccupante en matière d’émissions de CO2.

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Alain Juppé a trainé, pendant ses quatre mandatures, comme un boulet, la gestion des poubelles. Ce sujet, qui n’emballait pas vraiment le maire de Bordeaux, n’a pas été un long fleuve tranquille.  Encore aujourd’hui, à chaque conseil de quartier, le sujet est abordé et reste comme une épine dans le pied de cette majorité. Poubelles non rentrées, saletés dans certaines rues, appel au privé dans le centre ville, déficit de bornes de verre, … de nombreux points posent encore problème. Mais le plus regrettable est que Bordeaux Métropole, pourtant labellisé territoire zéro déchet a vu les tonnages repartir à la hausse. (256, 08 kg/an/habitant pour 248,97 kg/an/ht en 2016) Pas vraiment une bonne nouvelle.

Avec son plan climat énergie, voté en février 2011, Bordeaux métropole s’est engagée à développer des solutions alternatives aux énergies fossiles. Depuis les années soixante-dix, la géothermie peine à se développer sur notre agglomération. Aujourd’hui, des réseaux de chaleur sont enfin lancés sur les nouveaux quartiers de Bordeaux (géothermie,  biomasse et récupération des eaux usées). Un regret tout de même que le réseau de chaleur du quartier de la gare soit rattaché à l’usine Astria de Bègles,  qui dépend à 92% de l’incinération des déchets, ce qui n’est pas exactement le choix le plus écologiquement responsable…

Ginko Bordeaux

Les écoquartiers, gloires éphémères: Ginko, Bassin à flots(quartier à énergie positive), Bastide Niel, … La mairie a encore une fois beaucoup communiqué sur ce concept très tendance. La ville de Fribourg et son écoquartier Vauban devenait un modèle à suivre, modèle que Bordeaux allait mettre en application au lac grâce à Bouygues. Cinq ans après, les Bordelais découvrent une réalité toute autre.

Agenda 21, les Bordelais ont répondu avec enthousiasme à l’appel du maire pour le « coconstruire » avec la ville de Bordeaux. Colloques, réunions, conférences, ateliers,… en 2008, la mairie définissait avec ses habitants les outils pour mener une politique municipale plus écoresponsable. Aujourd’hui, indicateurs de suivi et  mesures ont disparu. L’agenda 21 a été enterré en 2014 et remplacé par un plan climat énergie territorial. Tout ça pour ça… mais malgré un bilan enterré et des objectifs jamais atteints, Alain Juppé devenait médiatiquement plus vert que Nicolas Hulot!

Avec seulement 28 m2 d’espace verts par habitant, malgré l’aménagement des quais et les nombreuses friches industrielles disponibles, Bordeaux n’a  pas réussi à combler son retard. Selon l’observatoire des villes vertes de France, la surface moyenne d’espaces verts par habitant est de 48m2. A Bordeaux, les nouveaux quartiers continuent à pousser plus vite que les espaces verts.

Tourny bordeaux

Pourtant la carte postale est belle:  Bordeaux, ville minérale sublime les façades XVIII° des quais et de l’hypercentre. Mais à l’heure du dérèglement climatique, les Bordelais subissent en été régulièrement des pics de chaleur. Et malheureusement, ces dernières années, les aménagements réalisés n’ont pas tenu compte de ce changement. Les deux derniers projets d’Alain Juppé le prouvent encore: place Gambetta où la ville a supprimé des arbres anciens pour y installer des terrasses et place Tourny qui sera tout simplement totalement minérale.

Pendant ces vingt-quatre années, évidemment beaucoup de décisions ont été prises  en matière de développement durable.  Mais il a manqué  une vision globale, une ligne directrice et  de réelles convictions pour amener un vrai changement dans la gestion de cette ville. Au final, une bonne communication et un bon porte parole ne font donc pas forcément une bonne politique environnementale.