A Bordeaux, l’ombre d’Alain Juppé.

Vedette

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Arbres en pot

Depuis quelques jours, dans la presse et sur les réseaux sociaux, les arbres font la une ! Opposants aux coupes d’arbres et nouveaux convertis à la cause du végétal se déchirent.

Il semble que la politique menée ces dernières années, par la municipalité, consistant à mettre en valeur le patrimoine architectural de notre ville au détriment des éléments arborés arrive à son terme. Dans une ville qui étouffe lors des pics de chaleur, Nicolas Florian et ses adjoints découvrent aujourd’hui toutes les vertus des arbres en ville.

Mais ce virage radical n’a pas été aussi simple. Car au-dessus de ces débats, qui agitent actuellement les Bordelais, les médias et la classe politique à quelques mois des municipales, plane l’ombre tutélaire d’Alain Juppé.

Ne pas déboulonner la statue du commandeur.

En effet pas une seule fois, n’est évoqué sa responsabilité dans la minéralisation des places bordelaises. Pas un mot, pas une allusion, à un seul moment, dans un quelconque article de presse, sur la responsabilité de l’ancien maire de Bordeaux. Alors que depuis 1995, Alain Juppé est au commande de la rénovation des quais et de la ville de pierre, les articles ne retiennent que le maire visionnaire qu’il a été. Pourtant si le tramway avec son corollaire, l’éviction des voitures du centre ville, et l’aménagement des quais ont magnifiquement redynamisé une ville plombée par les dernières années de l’ère Chaban, l’ancien pensionnaire du Palais Rohan n’a pas brillé en matière de développement du végétal en ville.

Soutenu en cela par les différentes agences d’urbanisme et architectes qui se sont succédés, la minéralité élevée en dogme a longtemps prévalu et certains choix n’ont pas toujours été très adaptés au réchauffement climatique. Alain Juppé estimait que les Bordelais n’avaient pas forcément besoin d’arbres en ville car il leur suffisait de sortir de Bordeaux pour profiter de la forêt landaise…

C’est ainsi que Michel Corajoud aux manettes de cette rénovation avait pensé les quais de façon à ce que la blondeur des pierres des célèbres façades XVIIIe de la rive gauche s’oppose à une rive droite plus verte. Belle idée, qui a cependant eu pour désavantage de minéraliser la rive gauche en évitant la plantation d’arbres trop grands afin de ne pas cacher les façades. Et c’est sur ce même credo que le réaménagement de Bordeaux a continué sous la houlette de l’architecte des bâtiments de France en évitant de planter des arbres qui pouvaient « gâcher » la vue sur le patrimoine architectural.

Place Pey-Berland, Place de la victoire, square des commandos de France, Place Stalingrad, Parvis de la Gare St Jean, etc… pendant des années, l’arbre y a été empêché de pousser.

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La récente rénovation de la place Gambetta et de la place Tourny seront certainement les deux dernières réalisations de cette ère minérale.

Car l’abattage des 17 marronniers de la place Gambetta a sonné le réveil citoyen. Sur les réseaux sociaux, en conseil de quartier, dans la rue, le nouveau maire de Bordeaux est régulièrement interpellé sur la place de l’arbre en ville.

Le successeur d’Alain Juppé se devait de vite réagir, quitte à renier les principes de son mentor. Du coup, à quelques mois des élections municipales et un vote aux Européennes où les bordelais ont donné la liste écologiste (EELV) plus de 21% des voix, un plan arbre vient tout juste d’être lancé. Et un objectif de revégétalisation des places bordelaises est dorénavant à l’étude.

Changement d’époque donc et certainement critique feutrée des années Juppé .  Car en terre bordelaise, terre de modération, on préfère toujours ne retenir que le meilleur de nos édiles (Chaban, Juppé) et taire leurs erreurs passées.

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BHNS, par ici la sortie.

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Vite! Vite ! Au delà du 19 juillet, vous ne pourrez plus consulter le dossier BHNS http://www.bordeaux.fr/ebx/pgPresStand8.psml?_nfpb=true&_pageLabel=pgPresStand8&classofcontent=presentationStandard&id=137404

et donner votre avis sur le futur tracé. https://contact.bordeaux.fr/consultation-publique-sur-le-trace-du-bhns  

Mais si vous n’avez vraiment pas la tête à ça, cet article vous aidera à décrypter tout ça.

Consultez, consultez, qu’ils disaient!

En plein coeur de l’été, c’est une consultation bordelo-bordelaise, très resserrée dans le temps, qui concerne le projet de liaison Bordeaux / St Aubin du Médoc. Elle a été demandée par le maire de Bordeaux pour tenter de prouver sa bonne foi auprès des riverains de St Seurin, très remontés sur ce sujet.

Mais à la Métropole, Nicolas Florian est bien seul sur ce dossier, les élus des autres communes étant globalement plutôt favorables au projet de BNHS tel qu’il avait été voté au départ.

Le but est pour le nouveau maire de Bordeaux de démontrer qu’il reste à l’écoute de ses administrés, même s’il sait certainement que les trois variantes n’aboutiront, au final, à aucun critère en leur faveur.

En effet,  si on prend quelque peu le temps de lire ce dossier soumis à la concertation, il ressort assez nettement que le parcours du BHNS, initialement prévu, est le plus performant, que ce soit en termes de temps de parcours, de coût d’investissement, de coût d’exploitation, de nombre de places de stationnement supprimées, de nombre d’arbres coupés, de délai de réalisation,…

Pire, les trois tracés alternatifs passent tous par les boulevards. Ce passage éventuel serait  ainsi conditionné à la réflexion générale actuelle autour de l’aménagement de cette ceinture routière et du choix du futur mode de transport qui y circulerait. On voit mal la Métropole s’engager sur un parcours mixant à la fois tramway et BHNS…

Retour à la case départ.

La traversée de St Seurin reste cependant complexe et explosive pour la majorité actuelle.

A l’origine, le tracé initial du BHNS a été pensé pour desservir des équipements structurants tels que les lycées Camille Jullian et Grand Lebrun fréquentés notamment par de nombreux jeunes des communes de Bordeaux, d’Eysines, de St Médard et du Haillan.  En cela le passage d’un transport en commun par St Seurin semble nécessaire car le plus pertinent, le plus efficace et surtout le moins coûteux pour la collectivité.

Afin de calmer les oppositions, le projet a depuis évolué et des modifications ont été apportées au tracé. Le maire s’est ainsi engagé sur le choix du tout électrique et sur une longueur moindre des bus ce qui permettrait une insertion moins gênante pour les riverains.

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Mais l’argument contre le BHNS, qui revient le plus souvent dans les réunions de quartier, est celui de la suppression des places de stationnement. Sujet sensible sur ce secteur de centre-ville déjà mis à mal par l’arrivée du tramway sur Fondaudège. Bordeaux Métropole tente désespérément de trouver une solution pour récupérer des places de parkings mais les possibilités se font rares sur un quartier dense en logements.

On ne voit pas comment Bordeaux Métropole pourrait répondre entièrement à cette demande de compensation des places supprimées. D’autant qu’une fois desservis à la fois par le tramway et le BHNS, les riverains de ce quartier bénéficieront d’une offre en transports en commun qui devrait les inciter à abandonner rapidement leur deuxième voiture, si ce n’est déjà fait vu les difficultés actuelles de stationnement…

OuiOui pour le BHNS

Sur la forme, cette consultation choisie par la municipalité, propose un questionnaire très fermé qui laisse peu de places à l’analyse. On ne demande pas aux Bordelais de choisir entre les quatre propositions mais simplement de se positionner sur une philosophie générale qui peut être résumée ainsi: Oui à un BHNS qui ne coûte pas trop cher, circule en un temps record, soit vite réalisé et permette de garder les places de stationnement.

Une assertion sur laquelle une majorité de Bordelais pourra se retrouver et qui permettra surtout au maire de Bordeaux de revenir ainsi au projet initialement prévu.

(Copie du questionnaire soumis à la consultation.)

Considérez-vous que le nombre de place de stationnement supprimé est déterminant ? *

Considérez-vous que le temps de parcours entre Caudéran et la gare Saint-Jean est déterminant ? *

Considérez-vous que le délai de réalisation est déterminant ? *

Considérez-vous que le coût d’exploitation est déterminant ? *

Considérez-vous que le coût d’aménagement est déterminant ? *

Considérez-vous que la proportion du tracé en site propre est déterminante ? *

Sur le même sujet:

Bus à haut niveau de … conflits.

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Le BHNS, vous connaissez ?

Un Bus à haut niveau de service, c’est un bus qui ressemble à un tramway  mais qui coûte considérablement moins cher. C’est le projet proposé par Bordeaux Métropole pour relier la Gare Saint-Jean à Saint-Aubin de Médoc.

Sur les 21 km du tracé du BHNS, on ne relevait pas d’opposition majeure sur  les communes qu’il devait desservir ( Mérignac, Eysines, Le Haillan, Le Taillan-Médoc, Saint-Médard-en-Jalles, Saint-Aubin de Médoc). Par contre sur Bordeaux, le projet a rapidement coincé dans le quartier St Seurin.

Suite à un requête sur le fond  d’une association de riverains « Bordeaux à coeur » appuyée d’un mémoire déposé en mai 2018, le tribunal administratif de Bordeaux a décidé d’annuler l’arrêté du préfet de la Gironde concernant la Déclaration d’Utilité Publique (DUP) du projet BHNS en août 2017. 

BHNS

Depuis, retour à la case départ pour Bordeaux Métropole qui a fait appel en septembre 2018 et pour le BHNS qui aurait dû démarrer son fonctionnement cette année. Pas une bonne nouvelle pour les usagers des transports en commun…

Nicolas Florian en démineur.

Depuis qu’il est maire, Nicolas Florian, n’est pas vraiment à l’aise sur le sujet.  Il faut dire que sa position relève de l’équilibre, partagé entre la fronde des riverains de St Seurin et l’attente des Caudéranais, deux électorats très proches de la majorité en place. D’autant que Patrick Bobet, le président de Bordeaux Métropole a clairement signifié au maire de Bordeaux qu’il n’était pas question d’ouvrir une nouvelle enquête publique.

Pour s’en sortir, Nicolas Florian a donc demandé à Bordeaux Métropole de réaliser une nouvelle étude.  Ainsi le Cabinet SCE Aménagement et Environnement a proposé, pour  la somme de 31 000 euros,  trois nouveaux tracés alternatifs passant par la rue Judaïque, la rue Georges Bonnac ou le cours du Maréchal Juin. Ces trois nouveaux tracés évitent le secteur de la Croix Blanche,  passent sur les boulevards, ce qui a d’autres implications, sont plus longs en temps de trajets et sont plus chers que le projet initial.

Sur le site de Bordeaux, http://www.bordeaux.fr/ebx/pgPresStand8.psml?_nfpb=true&_pageLabel=pgPresStand8&classofcontent=presentationStandard&id=137404 les Bordelais ont tout le loisir d’étudier le dossier et de s’exprimer sur ces quatre tracés. Il semble que seuls les Bordelais soient concernés par cette consultation car on n’en trouve nulle trace sur le site de Bordeaux Métropole.

Dans le même temps pour tenter de déminer le sujet en éliminant les points qui fâchent, le maire de Bordeaux a obtenu que le BHNS soit électrique et s’est engagé, en conseil de quartier, à ce que sa longueur ne dépasse pas les 18 mètres, deux arguments mis en avant par les opposants au tracé passant par Saint Seurin. Reste toujours à l’ordre du jour, pour ces opposants, la compensation des places de parkings supprimés par le tracé du BHNS.

Sur ce premier itinéraire, le projet indique 75 places de stationnement supprimées sur les 236 places existantes, soit 32% de places de parkings en moins. De quoi alimenter encore largement les oppositions des riverains, sur un quartier qui voit les places pour les voitures se réduire sensiblement depuis les travaux pour la ligne D du tramway, rue Fondaudège.

Ouverte il y a quelques jours, la consultation est en ligne jusqu’au 19 juillet 2019, un délai assez court compte tenu du peu de communication sur le sujet et la période estivale qui s’annonce. Le maire a indiqué qu’il tiendrait compte de cette consultation pour se prononcer.

Les envies de BHNS seront-elles plus fortes que les oppositions ? A vous de le dire . https://contact.bordeaux.fr/consultation-publique-sur-le-trace-du-bhns

Sur le même sujet:

https://ecolobordeauxblog.com/2016/01/30/pourquoi-le-busway-ne-fait-pas-le-buzz/

Pas de pot, Mr le maire.

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Place Camille Jullian

Nicolas Florian, le maire de Bordeaux, veut remettre plus de nature dans l’espace public. C’est dit… Faut-il y voir une critique des années Juppé ? Certainement.

Il faut dire que les marches pour le climat et les élections européennes sont passées par là. En donnant 21,54 % des voix aux Européennes à la liste EELV de Yannick Jadot, les bordelais ont certainement remis l’écologie au coeur des prochaines élections municipales.

Alors l’équipe municipale tente de recoller aux attentes de la population en réparant les dégâts des dernieres années et en inventant tous azimuts. Square des commandos de France, place Pey-Berland, … les élus de la majorité tentent de repeindre en vert les années Juppé.

Cet été, selon le maire Nicolas Florian, lors d’un conseil de quartier, une expérience sera tentée place Pey-Berland: des arbres mobiles serviront d’ombrières pour apporter plus de fraîcheur.

rue Judaique

De la fraîcheur ? Certainement s’ils étaient plantés en pleine terre… Mais comme le rappelle le botaniste Francis Hallé dans la revue La Vie-Sciences,  » Chacun sait bien qu’il trouve de la fraîcheur sous un arbre et encore plus dans un sous-bois. L’ombre coupe les effets du soleil, mais elle n’est pas seule responsable de la chute des températures. Cette dernière vient surtout de l’évaporation. Les arbres sont comme de formidables mèches : depuis leurs racines, l’humidité monte dans la plante, l’hydrate et finalement s’évapore par le haut, ce qui rafraîchit l’atmosphère  »

Ainsi les arbres en pot ne peuvent jouer le rôle de climatiseurs que la mairie leur demande de jouer. Avec aussi peu de racines, prisonniers qu’ils sont de leur pot en plastique ou en bois, ils serviront tout juste de parasols…

Jusqu’à présent, l’arbre en pot servait surtout de décoration et accessoirement de poubelles ou pire de cendriers… A Bordeaux, les exemples ne manquent pas ( place Camille Jullian, rue judaïque, rue Ste Catherine,…)

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En ce qui concerne le square des commandos de France, situé entre Mériadeck et la place Gambetta, il semble que le service des espaces verts va tenter, à la demande des riverains, de végétaliser cette petite place oú il ne fait pas bon y rester trop longtemps quand le mercure grimpe.

C’est l’adjointe au maire de Bordeaux centre, Laurence Dessertine, qui planche sur le sujet avec la commission permanente, cette commission municipale composée de 40 habitants issus du conseil de quartier. Alors que la dernière rénovation de ce square ne date que de 2012, aujourd’hui la mairie s’interroge avec les habitants pour savoir comment végétaliser cet espace public terriblement minéral.

Une bonne chose, mais qui aurait certainement pu être pensée en amont lors de cette rénovation.

Mais ça c’était avant… Alain Juppé parti, il semble que ses adjoints redécouvrent leur ville et les vertus des ilots de fraicheur. Enfin presque, car la future place Tourny, comme la place Gambetta risquent certainement de nécessiter une nouvelle intervention des habitants du quartier auprès des élus pour rappeler toutes les vertus de l’arbre en ville.

Quand les classements déraillent.

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Depuis maintenant quelques années, Bordeaux Métropole apparaît régulièrement dans les classements des villes cyclables.

Le dernier résultat réalisé par le Global Bicycle Cities Index  ne déroge pas à la règle en plaçant Bordeaux deuxième ville de France derrière Strasbourg. https://coya.com/bike/index-2019 

Pour réaliser ce palmarès mondial quatre critères étaient retenus : le nombre de déplacements à vélo, les risques d’accidents, la météo et l’offre de boutiques spécialisées. Compte tenu de ces éléments, Bordeaux Métropole réussit à se hisser à la treizième place des 90 villes cyclables, juste derrière Strasbourg.

Première surprise,  la ville de Nantes, généralement dans le trio de tête français, se retrouve à la 29e place derrière Nice ! Ce résultat interpellera certainement ceux qui se sont déjà déplacés à vélo dans ces deux villes. Si le critère météo a certainement quelque peu favorisé la métropole niçoise, difficile tout de même à comprendre ce résultat pour Nantes…

Champion du monde.

La première ville où il fait bon pédaler est donc, dans ce classement, Utrecht aux Pays-Bas, suivi de Münster en Allemagne et Anvers en Belgique.

Ce n’est pas une nouveauté pour Utrecht, qui déjà en 2017, pour sa quatrième édition, le Copenhagenize Design Co plaçait les villes de Copenhague, Utrecht et Amsterdam  en tête des 136 villes retenus pour ce classement vélo, .  http://copenhagenizeindex.eu/

Ce cabinet, spécialisé dans l’urbanisme cyclable, établit, tous les deux ans, son classement selon d’autres  critères, quatorze exactement où l’on trouve: les  politiques cyclables, les infrastructures, l’engagement associatif, …

Sur les deux dernières éditions du Copenhague Design Co (2017 et 2015), quatre villes font régulièrement la course en tête : Copenhague, deux fois première, Amsterdam et Utrecht alternativement à la seconde place et enfin quatrième, Strasbourg, première ville française.

A la surprise générale, Bordeaux, en 2017 réussissait à se hisser à la 6e place de ce palmarès (8e en 2015),  et Nantes rétrogradait de la 7e à la 16e place. Notons que Nice n’apparaissait même pas dans ce top 20 !

Ainsi selon les différents classements, les années et les critères retenus,  la hiérarchie au sommet des villes les plus cyclables au monde peut plus ou moins évoluer.

En ce qui concerne Bordeaux, le développement de la bicyclette y est incontestable depuis maintenant quelques années, comme dans la plupart des grandes villes françaises. Mais pour l’instant, la seule affirmation d’une politique en faveur du vélo (communication, plan vélo, budget voté ,…) ne devrait pas suffire à positionner Bordeaux dans le top 10 mondial des villes cyclables.

Si l’augmentation croissante des cyclistes, notamment dans le centre ville de Bordeaux, prouve que le vélo a réussi à s’implanter durablement, sur le terrain des problèmes ou des insuffisances persistent. Cette sixième place a surpris bon nombre de cyclistes bordelais.

Car les classements, toujours contestables et contestés, ne correspondent pas toujours à la réalité vécue par les cyclistes au quotidien …

C’est ce qu’a parfaitement démontré le Baromètre des villes cyclables réalisé par la FUB (Fédération française des Usagers de la Bicyclette) réalisé en 2017 qui a permis de connaître le ressenti des habitants qui se déplacent à vélo. L’idée de départ était de concevoir un outil afin de mieux évaluer les politiques publiques du vélo en interrogeant directement les usagers de la bicyclette. https://www.fub.fr/fub/actualites/resultats-barometre-villes-cyclables-edition-2017

A partir de plus de 110 000 contributions enregistrées , cette enquête a ainsi classé les villes françaises. Si Strasbourg est toujours à la première place des villes de plus de 100 000 habitants et confirme sa place dans le top 4 mondial,  Bordeaux se situe à la troisième place derrière Nantes.

Bordeaux Métropole affiche une volonté cyclable depuis ces dernières années. Reste aujourd’hui à consolider ces résultats en améliorant la sécurité des cyclistes et en résorbant rapidement les discontinuités cyclables encore trop nombreuses pour pouvoir prétendre à une reconnaissance par les cyclistes eux-mêmes.

Plastique instinct.

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vaisselle Bordeaux Ecolobordeauxblog

Suite à une action de parents d’élèves des écoles de Bordeaux et du collectif « Bordeaux pour une cantine sans plastique »,  le maire a décidé de retirer toute la vaisselle plastique, mise en place en janvier 2017, utilisée à la restauration scolaire,

La  ville de Bordeaux, au départ, avait tenté de résister à cette polémique, mettant en avant le confort des agents et le bruit à la cantine. Mais face à la fronde des parents d’élèves et le  tour politique que prenait cette affaire, elle a du faire marche arrière et accéder à cette demande.

Aujourd’hui, assiettes et verres, ont été retirés des restaurants scolaires.

Un retour en arrière qui a eu un coût financier et écologique certain. Rien que pour les assiettes en plastique, la mairie aurait déboursé 135 000 euros pour équiper les cantines des 101 écoles de la Ville. L’installation des verres est plus ancienne et certainement, aussi onéreuse.

Si on estime à près de 16 000 enfants et 900 agents qui déjeunent tous les jours, cela représente près de 20 000 assiettes et 20 000 verres qui partiront à la destruction.

La question du devenir de ces assiettes et couverts n’est pas anodine.

Même si on peut discuter de l’innocuité du plastique, cette vaisselle mériterait peut être d’être donnée à des associations , des clubs sportifs ou des écoles pour leurs événements plutôt que d’être détruite.

Rappelons que le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas.

Ces assiettes et verres sont aujourd’hui stockés par la ville de Bordeaux. Ne méritent-ils pas un meilleur avenir que leur recyclage matière ou leur incinération?

D’autant que pour l’instant rien n’interdit l’usage de gobelet en plastique pour des évènements ponctuels. C’est le principe des « écocups » que l’on retrouve dans tous les événements culturels et sportifs, sans que cela n’interpelle qui que ce soit.

La loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) indique qu' »A partir du 1er janvier 2020, la vaisselle jetable en plastique (gobelets, verres et assiettes jetables après utilisation) sera interdite. Seule pourra être vendue ou distribuée gratuitement, en vente à emporter ou en consommation sur place, la vaisselle jetable compostable en compostage domestique et constituée pour tout ou partie de matières biosourcées. »

Ces assiettes et verres en plastique ne relèvent pas pour l’instant de cette loi. La LTECV prévoit l’interdiction des contenants alimentaires en plastique à la cantine pour 2025.

En attendant faisons en sorte que cette vaisselle ne devienne un déchet et servent encore ponctuellement en attendant de trouver des solutions moins nocives pour la santé.

Cet article laisse entendre que les assiettes auraient déjà été détruites…

http://alternatives.blog.lemonde.fr/2017/06/20/a-bordeaux-le-plastique-sinvite-dans-les-assiettes-des-cantines/

Le budget participatif dessine la ville.

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Budget participatif

En 2019, la ville de Bordeaux s’est donc enfin engagé dans un processus de budget participatif. Doté d’un budget de 2,5 millions d’euros, les bordelais sont actuellement appelés à voter pour leur projet préféré.

418 propositions, qui devaient aborder le thème du développement durable, ont été déposées.  133 ont été retenues par un comité composé d’élus et d’habitants tirés au sort. A la fin du mois de mai, à la suite du vote des Bordelais, les projets qui auront le plus de voix seront réalisés par la ville de Bordeaux .

https://budgetparticipatif.bordeaux.fr/project/budget-participatif/selection/vote

Quelles sont ces propositions citoyennes?

Ces projets peuvent être regroupés globalement en trois grands groupes.

Le pôle écolo. 

Dans ce chapitre, on retrouve toutes les idées de la mouvance écolo : poulaillers(7), potagers(3), ruches(3), composteurs(10),végétalisation des toits(2), nichoirs(4), cendriers(2), jardin pédagogique(1), frigo solidaire(1), boîte à dons(4), abri à vélos(5) et surtout un grand classique, la végétalisation de l’espace publique, rues ou places avec pas moins de 13 projets !

Le pôle convivialité.

Ici, entre sport, santé et jeunesse, les projets proposés veulent réaménager la ville en accueillant au mieux les Bordelais. Il semble ainsi que les riverains des places ou parcs attendent plus d’équipements à thèmes : jeux pour enfants(1), tennis de table(3), équipements de sports(4), échecs(3), Pétanque(2), skate(2), Basket(1), pistes à bosses(1), mur d’escalade(2),parcours santé(4) et même une tyrolienne(1)!

Mais la convivialité n’est pas oubliée avec tables et poubelles(4), Barbecues(2), bancs(3), casiers(1), fontaine à eau(1), kiosques à musique(2), salles(2) et parcours pour chiens(2).

Le pôle aménagement.

Un grand nombre de propositions se proposent aussi de réaménager la ville ou soumettent l’idée de mieux prendre en compte la gestion du quotidien : voies publiques(6), places(10), énergie(2), gestion des déchets(4), éducation du public sur différents thèmes(4), arts(3).

Au final, ce portrait de ville esquissé grâce à ces propositions interroge.

A la lecture de ces propositions, il semble en effet que la proximité et le vivre ensemble soient les grands oubliés de ces dernières années. Malgré les conseils de proximité, les conseils de quartier, les maires de quartier et les membres des commissions permanentes, certains projets proposés interpellent sur les aménagements réalisés sur le terrain.

Pourquoi ce besoin de végétalisation, de nature, de convivialité, de sport et de santé n’ont pas été plus vite pris en compte par la municipalité? Sans ce budget participatif, combien d’années encore les Bordelais auraient-ils dû attendre pour voir leurs envies réalisées?

Aujourd’hui, grâce à cette consultation, la mairie a une belle photographie des espoirs et des rêves de ses habitants. Même si, sur les 133 propositions, peu seront mises en place compte tenu de l’enveloppe budgétaire, la future équipe municipale, qui gagnera les élections en 2020, sait, dès aujourd’hui, vers quoi tendre pour satisfaire les attentes des Bordelais. 

A lire aussi:

https://ecolobordeauxblog.com/2019/01/16/democratie-petit-a-petit/

Bordeaux, Territoire zéro déchet…terie.

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Il semble que les travaux d’aménagement  sur le quartier Euratlantique ont quelque peu accéléré la fermeture de la déchetterie de Paludate.

Actuellement, le site, par un message quelque peu sibyllin, est déclaré « fermé pour une durée indéterminée », … Contacté, Bordeaux Métropole indique seulement que des travaux sur la déchetterie implique cette fermeture.

On sait que le « déménagement » définitif de Paludate, compte tenu de la réalisation de ce nouveau quartier,  est prévu de longue date. Mais pour l’instant Bordeaux Métropole, ne donne pas plus d’information sur le nouveau site de remplacement. La déchetterie devrait donc réouvrir, momentanément, sur ce même lieu. On croise les doigts…

Cette fermeture de Paludate n’arrange pas la situation de Bordeaux.

En effet, depuis fin avril, le centre de recyclage Bordeaux Surcouf (Bordeaux Nord) est lui aussi fermé pour cause de travaux et ce, jusqu’au 29 juillet.

Les Bordelais sont gentiment priés d’aller recycler ailleurs, c’est à dire sur les autres communes de la Métropole.

Bordeaux Métropole gagne des habitants mais peine donc à trouver des points de recyclage pour ses habitants.

La ville passe ainsi momentanément de trois déchetteries à une seule.(quai Deschamps)

Une déchetterie pour 250 000 habitants, pas fameux pour une ville qui se veut engagé dans la transition écologique !

Voilà une situation qui va très certainement encore ralentir la démarche « Territoire zéro déchet, zéro gaspillage » et l’objectif de réduction de 3% des déchets ménagers.

Déjà en 2017,  chaque habitant de la métropole avait en moyenne produit 14,61 kg de déchets en plus, très loin des objectifs de réduction.

Et l’éloignement des déchetteries ne va pas certainement pas inciter les Bordelais à trier et à traverser tout Bordeaux pour jeter leurs encombrants.

Un aperçu de la carte (voir plus haut) permet de mieux se rendre compte du vide que connaît la ville de Bordeaux en matière de lieux pour la récupération des déchets.

Compte tenu de ces deux fermetures, il est étonnant qu’aucune ouverture temporaire ou autre écopoint ne soit proposé pour pallier au manque de déchetteries sur cette ville.

Ce n’est pas une nouveauté, Bordeaux ne sait pas gérer ses déchets.  La situation actuelle le confirme à nouveau cruellement.

Pibal, Pi…rien.

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Le sort des pibals sera donc scellé, ce lundi 29 avril 2019, lors du conseil municipal de Bordeaux.

Le pibal, c’était ce vélo révolutionnaire qui devait tout changer dans notre pratique quotidienne de la bicyclette. Selon son concepteur, Philippe Starck, ce vélo-trotinette « made in Bordeaux » allait inventer une nouvelle manière de concevoir le vélo en ville.

Le plan « com » parfait.

Dès la fin de l’année 2011, les bordelais avaient été invités à penser la future bicyclette urbaine rêvée que Philippe Starck dessinerait. En février 2013, fabriqué par Peugeot, le prototype est présenté à la presse.  Main dans la main, le grand designer et le maire de Bordeaux avaient réinventé le vélo !

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De couac en couac.

Dès le jour de la présentation, les journalistes ne peuvent essayer le prototype…

Cette bicyclette qui devait être « Un vélo pas cher, urbain, pour le quotidien »,  coûte la modique somme de … 420 euros.

Après plusieurs mois de retard, les premiers Bordelais peuvent enfin partir avec.  Mais les premiers retours ne sont pas bons: trop lourds, pas adaptés à toutes les tailles, socle de la patinette trop basse, etc…

Au bout de moins d’un an de fonctionnement, en raison de fissures constatées au niveau du cadre sur plusieurs modèles, la mairie récupère les 531 pibals mis en circulation.

Une facture salée. 

A vouloir réinventer la roue, cette histoire aura coûté au moins 243 600 euros à la ville de Bordeaux.

Aujourd’hui, en dédommagement la société Peugeot s’engage à fournir à la ville cinquante vélos à assistance électrique, d’une valeur unitaire de 2 199€ , soit une somme  totale de 109 950 € .

De son côté, la ville indemnisera la société Peugeot pour le rapatriement et le stockage des pibals à hauteur de 13 139 euros.

Pibals, pi…rien.

Au final, ces pibals seront tout simplement détruits par la société Devival-Derichebourg pour la somme  de 2232,24 € euros, somme règlée par la ville de Bordeaux à Peugeot.

Ainsi acheté 420 euros, chaque pibal coûtera encore pour sa destruction 4,20 euros à la ville de Bordeaux.

Plutôt M V M A ou M A M M A ?

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Pas de panique!  On vous explique.

MVMA veut dire Maison du Vélo et des Mobilités Alternatives  et  MAMMA, Maison Métropolitaine des Mobilités alternatives. Car dorénavant, c’est à l’échelle du territoire que Bordeaux Métropole développe sa politique vélo.

A Bordeaux, la MAMMA remplace officiellement la Maison du vélo créée en 2003, où les Bordelais avaient l’habitude d’emprunter les bicyclettes de la ville. Ces vélos intitulés « Bordeaux, ma ville« , pour certains, distribués récemment aux associations d’ateliers participatifs de réparation de cycles (L’étincelle, Récup’R,…), seront peu à peu remplacés par des vélos flambants neufs de Bordeaux Métropole. Plus de 400 nouveaux vélos, oranges, bleus, verts,… estampillés, « Bordeaux Métropole »ont déjà été mis en circulation et renouvellent aussi le genre en proposant différents types de bicyclettes: vélo à assistance électrique, vélos pliants, vélos cargos, tricycles,…

Mais dorénavant, le principe du prêt est étendu aux autres villes de la Métropole.  L’idée du plan vélo Métropolitain 2017-2020 est de créer un réseau de maisons des mobilités alternatives.

               A Bègles, en tant que Maison du Vélo et des Mobilités, c’est l’association « Cycles et Manivelles« qui gère le lieu et propose le prêt de vélos métropolitains. Ses membres proposent aussi différentes activités autour de la pratique de la bicyclette: atelier participatif, vélo école, récupération de vieux vélos, … Vous trouverez toutes les informations sur:  http://www.cycles-manivelles.org/contact/   ou  https://www.facebook.com/cyclesmanivelles/

            A Pessac, c’est l’association « Etu’Récup« , la ressourcerie sur le campus universitaire qui a été choisi par Bordeaux Métropole pour devenir Maison du vélo et des Mobilités Alternatives. Ici aussi, en plus du classique prêt de vélo, vous pourrez apprendre à entretenir vous-même votre bicyclette grâce aux adhérents qui partageront avec vous leurs connaissances. http://eturecup.org/ ou https://www.facebook.com/eturecup/

           Sur la rive droite, pas de lieu unique, c’est l’association Vélocité qui a eu l’idée d’une maison itinérante du vélo et des mobilités alternatives. Le concept accepté par Bordeaux Métropole propose ainsi un va et vient entre différentes villes: Bassens (Kiosque Citoyen), Cenon (Espace Simone Signoret et Rocher de Palmer), Lormont (Maison du projet) et Floirac (Maison de initiatives à Dravemont). Pour connaître les jours et horaires des permanences, il vous faudra cependant prendre contact avec l’association  contact@velo-cite.org ou auprès de Bordeaux Métropole maisondesmobilites@bordeaux-metropole.fr   pour le prêt des vélos notamment.

A Mérignac, le lieu doit être finalisé prochainement et ce serait la toute jeune association « Léon à Vélo » qui gèrerait très certainement le lieu et donc la maison du Vélo et des Mobilités.

       Bordeaux, une fois encore se différencie de ses voisins en offrant uniquement un lieu de prêt et d’information. La maison Métropolitaine des Mobilités alternatives, MAMMA, installée Cours Pasteur, ouvre ses portes du lundi au vendredi de 9h à 12h30 et de 13h30 à 17h30. C’est elle qui gère la totalité de la flotte des vélos prêtés aux habitants de Bordeaux Métropole.

Cette MAMMA reste un lieu bien moins convivial que les MVMA tenues par les associations locales. Gérée par Bordeaux Métropole, cette ancienne maison du vélo de Bordeaux offre moins de services à l’usagers comparée aux  MVMA des autres villes. La différence tient beaucoup à l’animation et au dynamisme des membres de ces associations qui fait défaut sur la MAMMA de Bordeaux. On peut donc s’interroger sur ce choix ou sur le défaut de partenariat avec les associations bordelaises de réparation de cycles. (L’étincelle, Récup’R ou Le garage Moderne par exemple)

Quel avenir pour cette Mamma ?  Il semble que dans les prochains mois, cette maison soit appelée à modifier son accueil, espérons que cela se fasse sur le modèle developpé par les autres communes de Bordeaux Métropole.