Brazza, ligne verte.

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Brazzaligne

Le nouveau quartier Brazza sera bientôt lancé. Une fois le rapport de la commissaire enquêtrice remis, suite à l’enquête publique environnementale sur le projet d’aménagement, le préfet pourra décider d’accorder ou de refuser l’autorisation environnementale sollicitée par Bordeaux Métropole.

https://ecolobordeauxblog.com/2019/04/02/brazza-brazzaville/

En attendant cette décision, la Brazzaligne, une des particularités de  ce futur quartier Brazza, suscite l’intérêt.

Ancienne ligne de chemin de fer d’où arrivaient les trains de marchandises pour  l’ancienne gare d’Orléans, gare ferroviaire et routière de Bordeaux Bastide, cette ligne démarre au niveau de l’allée Serr, coupe Bordeaux Bastide et le bas-Cenon pour finir aux portes du vieux Lormont.

L’idée est d’aménager une coulée de verte qui fera plus de 3 kilomètres de long tout en préservant les aménagements ferroviaire existants. Cela sous entend végétaliser la plateforme où passent les rails et les caténaires et planter différentes essences sur les talus bordant la voie.

Cet aménagement, construit sur le modèle de la highline à New York ou la coulée verte René Dumont à Paris, offrirait plus de 7 hectares supplémentaires d’espaces verts à Bordeaux et permettrait de relier les 40 hectares du parc de l’Ermitage à Lormont.

La Métropole aménage donc cet axe ferroviaire, encore utilisé épisodiquement par la SNCF et par les Grands Moulins de Bordeaux,  tout en gardant la possibilité d’y faire circuler un possible transport en commun et de relier ainsi Bordeaux à Lormont.

Compte tenu du futur quartier Brazza qui verra l’arrivée, sur ce secteur, de plus de 9000 nouveaux habitants sans compter les futurs 8 000  à 10 000 habitants de Bastide Niel, on peut s’interroger sur le choix de la collectivité de reporter l’arrivée de ce transport collectif à une date incertaine. D’autant que la circulation automobile sur ce secteur commence, aux heures de pointe, à poser sérieusement problème…

Bastide vue du ciel

Pour ce qui est de l’aménagement de cette ceinture verte, on peut aussi regretter que cette végétalisation s’arrête juste avant les quais de Bordeaux, devant la résidence Crous, coeur de Bastide (voir photo).  Bordeaux Métropole n’a semble-t-il pas envisagé de faire coïncider le Parc de l’Ermitage , la Brazzaligne et le Parc des Angéliques. Pourtant en végétalisant  l’allée  Serr toute proche permettrait de réaliser cette  jonction naturelle et d’offrir  un formidable corridor vert à la rive droite.

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Brazza – Brazzaville.

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Brazza

C’est ce soir,  2 avril 2019, que l’enquête publique environnementale sur l’aménagement du secteur Brazza prend fin. Le délai était quelque peu serré, un petit mois tout juste, pour éplucher en détail le vaste projet urbain du secteur Brazza,

http://www.gironde.gouv.fr/Publications/Publications-legales/Enquetes-publiques-consultations-du-public-declarations-d-intention-decisions-examen-cas-par-cas/Enquetes-publiques-et-consultations-du-public-de-l-annee-2019/Projet-d-amenagement-du-secteur-Brazza-a-Bordeaux

Car ce sont pas loin de 53 hectares, sur ce secteur de la rive droite, qui vont être aménagés le long du quai Brazza. La ville et la métropole ont confié à l’architecte Youssef Tohmé et au paysagiste Michel Desvigne la réalisation de ce projet. A partir de 2020,  4 950 logements et 130 000 m² de locaux d’activités doivent sortir de terre.

Situé en face de la cité du vin et du quartier des Chartrons, ce nouvel « écoquartier » se fera en prolongement du quartier Bastide Niel encore en construction.  Pour ce qui est de « l’écoquartier », on attendra de voir les constructions et le rendu final…

Pour l’instant, le secteur Brazza, c’est surtout une vaste étendue de friches industrielles et de nature.

Côté industries, pas forcément les plus vertueuses sur le plan environnemental…  La Soferti et La Cornubia y fabriquaient respectivement engrais chimiques et bouillie bordelaise. Les sols de ce secteur y sont donc pollués. Chaque opérateur privé ou publique devra mettre en place un plan de gestion de ces terres polluées.  Les évacuer aura un coût certain, les traiter empêchera d’y construire quoique ce soit, ce sera le recouvrement qui sera le plus souvent retenu avec les risques que cela sous-entend… D’autant que les parcelles vendues par îlots ne permettront pas un suivi global par la métropole de cette dépollution. La Mission Régionale d’Autorité Environnementale de la région Nouvelle-Aquitaine (MRAE) a clairement identifié le risque: « la mise en oeuvre de servitudes d’usage (interdiction de jardins potagers ou de plantation d’arbres fruitiers) au niveau des îlots privatifs, pour lesquelles le maintien de leur application dans le temps pose question. »

Côté nature, si le projet s’implante sur des terrains de friches industrielles, celles-ci abandonnées depuis plus de 20 ans « sont en cours de recolonisation naturelle ». La proximité de la Garonne (site Natura 2000) a permis à des espèces protégées de s’y installer à nouveau: flore, oiseaux, amphibiens, chauves-souris et mammifères sont revenus sur le site. A tel point que la MRAE conclut, compte tenu des espèces recensées, à la nécessité de déposer une demande dérogation pour installer cet écoquartier....  Ecoquartier  directement concerné par le risque inondation, ce qui entraînera la construction de certains logements sur pilotis, des fois que la Garonne décide de déborder comme cela a pu se produire lors de la tempête de 1999.

Brazza vue d'avion

Pour défendre son projet Bordeaux Métropole met en avant le fait que le quartier passera de 20 ha à 22 ha d’espaces verts. Le groupe écologiste (EELV) au Conseil municipal de Bordeaux a regretté que le projet actuel ne tienne pas compte des surfaces naturelles existantes et ne préserve pas l’existant.

Il faut dire qu’avec les îlots déjà vendus à des promoteurs,  on voit mal comment on pourrait revenir en arrière et surtout à quoi peut bien servir cette enquête publique environnementale en cours…

Mais le point qui interroge le plus est la question des transports.

Alors que les constructeurs font déjà la promotion de leurs programmes immobiliers, l’arrivée de plus de 9000 personnes inquiète, sur un secteur déjà saturé aux heures de pointe.

Dans son rapport la MRAE note à juste titre: « A moyen et long termes, le dossier ne donne aucune information sur la nature et la programmation des aménagements de transports collectifs lourds nécessaires pour crédibiliser les hypothèses du large report modal indiqué dans le dossier ». Pire : « Concernant plus particulièrement les nuisances sonores et la qualité de l’air, le dossier n’apporte aucun élément » Circulez, il n’y a rien à faire..

Évacuant la question dans son dossier de présentation du quartier Bordeaux Brazza, intitulé « Urbanisme en liberté », Bordeaux Métropole indique seulement que  « Demain, de nouveaux transports en commun en site propre, plus performants viendront relier Brazza (…) »  Sans plus de date ou d’échéancier précis .

Entre les programmes immobiliers en cours de réalisation sur Bastide Niel et ceux prévus en 2020 sur Brazza, si rien n’est rapidement lancé par Bordeaux Métropole  cela risque sérieusement de coincer en matière de  circulation rive droite…

Donnez, donnez moi…

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Boîte à don

Une Boîte à dons, c’est une « boîte » installée dans un espace public qui vous permet de récupérer ou déposer tous les objets que vous ne voulez pas jeter et qui pourraient éventuellement encore servir.

Sur le même principe des boîtes à livres: vêtements, jeux, CD  ou objets de toutes sortes peuvent ainsi espérer avoir une nouvelle vie grâce à ce lieu dédié au partage.

Ainsi plutôt que de déposer vos vieux objets encore corrects mais pour vous inutiles, à la poubelle ou à la déchetterie,  la boîte à dons vous incite à les déposer pour faire d’éventuels heureux.

Le concept est né à Berlin.

En 2011, un jeune styliste, bien décidé à se débarrasser d’objets qu’il n’utilisait plus, a créé le concept de la « Givebox » (boîte à donner) pour les mettre à disposition des Berlinois. Depuis, le principe s’est largement développé dans le monde.

A Bordeaux, on en trouve une seule, pour l’instant, place Gaviniès.  http://www.bordeaux.fr/p128447/projets-de-la-commission-permanente-de-saint-augustin-tauzin-alphonse-dupeux#boite-a-don

Boîte à dons

Aller plus loin.

Si l’initiative est à saluer et surtout à renouveler dans de nombreux quartiers de Bordeaux,  ces boites à dons restent limités en surface et reposent le plus souvent sur des associations qui gèrent ces espaces. Le volume de la « boîte » limite aussi considérablement les volumes traités.

Sur le même principe, les donneries sont le niveau supérieur qu’ont choisi de franchir certaines collectivités. Accolée le plus souvent à une déchetterie, la donnerie est un espace qui reçoit des objets, encore en état de marche, qui peuvent profiter à d’autres personnes.

Si Bordeaux Métropole, territoire zéro déchets  n’a pas encore développé une seule donnerie sur son territoire, le Grand Lyon apparait comme le modèle à suivre.

Dans cette métropole, douze zones de dons sont accolées aux douze déchetteries existantes, ce qui favorise la réutilisation d’objets et allège certainement la facture de cette collectivité. Les objets collectés et donnés par les Lyonnais sont récupérés, triés et revalorisés par des associations et des entreprises de l’économie sociale et solidaire. https://www.grandlyon.com/services/les-donneries.html

Mais l’idée la plus originale, est en Gironde, avec le Smicval  (syndicat mixte intercommunal de collecte et de valorisation du libournais Haute-Gironde) qui a eu l’idée d’ouvrir le Smicval Market à Arveyres. En quelque sorte une immense zone de dons, sur 5000 m2 qui vous permet de venir à la fois  récupérer des objets ou en donner, comme dans importe quelle déchetterie classique. Organisé par zone de type de produits: décoration, bricolage, matériaux de construction, jardin,… ce supermarché du recyclage ou déchetterie « inversée »  a permis de faire baisser pour le Smicval l’enfouissement des déchets collectés de 65% … https://www.elueslocales.fr/developpement-durable/supermarche-dechets-reussite-smicval-market/

Shame, Shamengo.

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Shamengo 2

En matière de co-construction, voilà un projet qui ne démarre pas forcément sous les meilleurs auspices...  A peine lancé, le projet Shamengo a vu une pétition de riverains s’opposer à l’implantation sur les allées Serr de sa « maison-école-laboratoire du nouveau monde ». https://www.change.org/p/le-pr%C3%A9sident-de-bordeaux-m%C3%A9tropole-ne-laissons-pas-la-m%C3%A9tropole-autoriser-une-construction-sur-l-all%C3%A9e-serr-%C3%A0-bordeaux?recruiter=869070209&utm_source=share_petition&utm_medium=email&utm_campaign=share_email_responsive

Car il semble que ce sont encore les anciennes pratiques du vieux monde qui ont oeuvré à l’implantation de ce projet. La décision d’accueillir cette villa portée par l’association Shamengo a été prise entre acteurs très influents de Bordeaux : Bordeaux Métropole, la ville de Bordeaux, l’établissement public foncier Euratlantique, la caisse des dépôts et consignations, Eiffage, la SNCF-Réseaux, …

L’absence totale de concertation amène aujourd’hui les habitants du quartier à s’opposer à la réquisition de cet espace public.

serres

Mais le projet avait tout pour séduire les décideurs.

Dans le dossier de presse ou sur le site de l’association, https://www.shamengo.com/fr/ tous les concepts écolo en vogue sont exploités: aquaponie, économie circulaire, ferme urbaine, bâtiment bioclimatique, … le tout noyé sous un flot d’anglicismes très tendances : Co-working, fab-lab, éco-lodge,  living-lab, show-room, …

Forte  d’une « communauté » d’au moins 10 000 « membres » dans le monde entier, suivie par plus de 13 300  personnes sur sa page Facebook, Shamengo communique beaucoup sur sa capacité à générer une participation active. Reste que sur le site de l’association,  pour l’instant, peu de Bordelais investis dans cette dynamique locale. Trente-huit contributeurs individuels à ce jour dont seulement… trois Bordelais. https://www.shamengo.com/fr/pionnier/construisez-villa-shamengo-a-bordeaux-france/ 

shamengo

Mais si le projet peut apparaitre au final très séduisant, il reste encore très vague. Evoluant au gré des contraintes techniques de sa construction sur les allées Serr, il est passé d’une villa de deux étages à une serre démontable.

Soutenu par différents entrepreneurs privés qui souhaitent mettre en avant leurs inventions ou process écologiques, le financement de cette opération est pour l’instant assez flou. L’association qui communique peu sur ce point semble toujours à la recherche de partenaires financiers après avoir bénéficié d’une aide de la collectivité avec une autorisation d’occupation temporaire (AOT) et une redevance annuelle de seulement 8 509 euros. On sait, pour l’instant, qu’une table d’hôtes bio, des chambres d’hôtel, une boutique commerciale devraient assurer une partie de l’équilibre financier de l’opération et que Shamengo aura vocation à recevoir du public.

C’est du reste la raison pour laquelle la ville de Bordeaux n’a pas hésité à défendre ce projet et cette nouvelle vitrine pour l’écologie; même si elle concurrence quelque peu la maison écocitoyenne qui a vu son budget de fonctionnement et donc d’animation baisser ces dernières années…

4 ans déjà !

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gateau

Voilà déjà quatre ans (septembre 2014) que ce blog tente d’informer les habitants de Bordeaux Métropole sur les décisions publiques en matière d’aménagements urbains et de les analyser à travers le prisme de l’écologie.

Vision forcément subjective, EcoloBordeauxBlog tente de donner un point de vue sur une réalité urbaine parfois bien plus complexe qu’il n’y parait.

Réflexion forcément critique, EcoloBordeauxBlog tente de déconstruire le discours dominant et les faux-semblants pour construire une autre vision de la ville, certainement partisane mais engagée pour peser sur les décisions locales.

Ville et développement durable, sont donc les deux axes de ce blog qui appellent notre métropole à tendre vers une vision plus écologique de la ville de demain.

Juppé et l’écologie: le bilan.

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juppé Départ

Alain Juppé parti, dans les journaux et les magazines, l’heure est au bilan pour l’ancien maire de Bordeaux:  architecture, économie, tourisme, social,…tout est passé au crible. Et l’écologie ?

Le développement durable devait être le fil rouge de ces vingt-quatre années à la tête de la ville. De retour du Canada, nommé ministre de l’écologie en 2007, Alain Juppé avait fait de l’environnement son nouveau cheval de bataille. Alors ce bilan?

Tramway Bordeaux

Le tramway est certainement sa plus grande réussite. Ce moyen de transport a considérablement changé la ville. Mais à cette époque, le tram était déjà dans l’air du temps  (Inauguré à Nantes en 1985, à Strasbourg en 1994, à Bordeaux en 2003)  Toutes les listes présentes aux municipales en 1995, le promettaient aux Bordelais. Alain Juppé, élu, l’a réalisé.

Face aux chantiers du tramway, le vélo devenait l’alternative. Mais en 1995, rares étaient les cyclistes dans les rues de Bordeaux. Avec les travaux titanesque du tram, la bicyclette est devenue tendance dans une ville où il devenait de plus en plus difficile de circuler. Le prêt des vélos par la ville a été plébiscité par les Bordelais. Mais si la communication municipale a été parfaite (Mr le maire à vélo, le Pibal de Starck malgré son échec final,…)  sur le terrain,  les aménagements pour les cyclistes se font toujours attendre. Les Bordelais se sont mis au vélo mais vingt-quatre ans après, continuités cyclables, arceaux, entretien des pistes,… déçoivent encore.

embouteillage

Alors la voiture évacuée du centre-ville ? Pas tout à fait car si les lignes de tram ont permis de faire le ménage dans certaines rues et places, les nombreux parkings réalisés en centre-ville font que la voiture est toujours aussi utilisée pour se rendre à Bordeaux. Alors si en chiffres la part modale de l’auto a reculé, la municipalité a continué à ménager les automobilistes récalcitrants en laissant suffisamment de places de parkings en ouvrage et en surface. Du coup, la voiture reste encore le moyen le plus prisé pour  se déplacer sur la métropole, ce qui entraîne toujours bouchons et voies saturées en dehors de l’hyper centre.

Du coup la qualité de l’air à Bordeaux, n’est toujours pas au beau fixe, bien au contraire… Le nombre de jours d’indices mauvais à très mauvais augmente depuis ces dernières années. Si la fermeture du pont de pierre aux voitures est une décision qu’il faut saluer, la situation reste préoccupante en matière d’émissions de CO2.

IMG_1904

Alain Juppé a trainé, pendant ses quatre mandatures, comme un boulet, la gestion des poubelles. Ce sujet, qui n’emballait pas vraiment le maire de Bordeaux, n’a pas été un long fleuve tranquille.  Encore aujourd’hui, à chaque conseil de quartier, le sujet est abordé et reste comme une épine dans le pied de cette majorité. Poubelles non rentrées, saletés dans certaines rues, appel au privé dans le centre ville, déficit de bornes de verre, … de nombreux points posent encore problème. Mais le plus regrettable est que Bordeaux Métropole, pourtant labellisé territoire zéro déchet a vu les tonnages repartir à la hausse. (256, 08 kg/an/habitant pour 248,97 kg/an/ht en 2016) Pas vraiment une bonne nouvelle.

Avec son plan climat énergie, voté en février 2011, Bordeaux métropole s’est engagée à développer des solutions alternatives aux énergies fossiles. Depuis les années soixante-dix, la géothermie peine à se développer sur notre agglomération. Aujourd’hui, des réseaux de chaleur sont enfin lancés sur les nouveaux quartiers de Bordeaux (géothermie,  biomasse et récupération des eaux usées). Un regret tout de même que le réseau de chaleur du quartier de la gare soit rattaché à l’usine Astria de Bègles,  qui dépend à 92% de l’incinération des déchets, ce qui n’est pas exactement le choix le plus écologiquement responsable…

Ginko Bordeaux

Les écoquartiers, gloires éphémères: Ginko, Bassin à flots(quartier à énergie positive), Bastide Niel, … La mairie a encore une fois beaucoup communiqué sur ce concept très tendance. La ville de Fribourg et son écoquartier Vauban devenait un modèle à suivre, modèle que Bordeaux allait mettre en application au lac grâce à Bouygues. Cinq ans après, les Bordelais découvrent une réalité toute autre.

Agenda 21, les Bordelais ont répondu avec enthousiasme à l’appel du maire pour le « coconstruire » avec la ville de Bordeaux. Colloques, réunions, conférences, ateliers,… en 2008, la mairie définissait avec ses habitants les outils pour mener une politique municipale plus écoresponsable. Aujourd’hui, indicateurs de suivi et  mesures ont disparu. L’agenda 21 a été enterré en 2014 et remplacé par un plan climat énergie territorial. Tout ça pour ça… mais malgré un bilan enterré et des objectifs jamais atteints, Alain Juppé devenait médiatiquement plus vert que Nicolas Hulot!

Avec seulement 28 m2 d’espace verts par habitant, malgré l’aménagement des quais et les nombreuses friches industrielles disponibles, Bordeaux n’a  pas réussi à combler son retard. Selon l’observatoire des villes vertes de France, la surface moyenne d’espaces verts par habitant est de 48m2. A Bordeaux, les nouveaux quartiers continuent à pousser plus vite que les espaces verts.

Tourny bordeaux

Pourtant la carte postale est belle:  Bordeaux, ville minérale sublime les façades XVIII° des quais et de l’hypercentre. Mais à l’heure du dérèglement climatique, les Bordelais subissent en été régulièrement des pics de chaleur. Et malheureusement, ces dernières années, les aménagements réalisés n’ont pas tenu compte de ce changement. Les deux derniers projets d’Alain Juppé le prouvent encore: place Gambetta où la ville a supprimé des arbres anciens pour y installer des terrasses et place Tourny qui sera tout simplement totalement minérale.

Pendant ces vingt-quatre années, évidemment beaucoup de décisions ont été prises  en matière de développement durable.  Mais il a manqué  une vision globale, une ligne directrice et  de réelles convictions pour amener un vrai changement dans la gestion de cette ville. Au final, une bonne communication et un bon porte parole ne font donc pas forcément une bonne politique environnementale.

Gambetta: le poids des mots.

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place jardin

Sur la place Gambetta,  Bordeaux Métropole et la ville de Bordeaux affichent depuis quelques semaines leurs ambitions,  à grand renfort d’images de synthèse et de slogans.

Après le tronçonnage de 18 marronniers de plus de 70 ans sur ce lieu emblématique de Bordeaux et à la stupeur de nombreux Bordelais devant cette place aujourd’hui désespérément vide, la mairie se devait de rebondir en affichant un avenir évidemment idylique pour cette place Gambetta.

Reste aux Bordelais à lire entre les lignes…

jardin centralUn accès au jardin central réservé aux piétons:  ce n’était pas déjà le cas avant ?

Une planification des flux automobiles: ou comment concentrer la totalité du trafic à l’ouest de la place.

La réduction de la vitesse à 30 km/h: difficile d’aller beaucoup plus vite place Gambetta…

dialogue facadeUn dialogue entre les facades XVIII et le paysage d’un jardin à l’anglaise :  le jardin à l’anglaise aujourd’hui rasé, on voit mal comment un dialogue peut encore avoir lieu avec les façades…

La conservation des arbres remarquables: soit! mais avec la suppression de 18 marronniers de plus de 70 ans tout de même…

Une superficie de 14 285 m2: Mais de quoi parle-t-on ici? Dans l’enquête publique, il était indiqué que le périmètre du jardin passerait de 5910 m2 à 4900 m2…

Plus 40% d’espaces enherbés et plantés : Dans l’ancien jardin, les surfaces de gazon déduites des surfaces en eau (la rivière anglaise) représentaient 2371m2.  Dans le futur projet, on passerait à 3437 m2 en remplaçant la rivière et les surfaces goudronnées par de l’herbe.

Plus 25% d’arbres plantés: mais des petits arbres ou arbustes qui ne remplaceront jamais les 18 grands arbres anciens abattus.

nouvelles plantationsUne fontaine, lieu de convivialité et de fraîcheur au coeur de la place : fontaine « sèche » de quelques mètres carrés qui remplacera difficilement la rivière anglaise…

Plus 50 % de surface dédiée aux piétons: moins de jardin mais plus de trottoirs et plus de terrasses…

Des îlots de fraîcheur renforcés par la plantation d’arbres et de surfaces végétales: l’ancien jardin avait un meilleur indice de fraîcheur urbain que le projet: 24,3 % contre 12,2% puis 19,4 % en 2050… L’ombrage des arbres sur cette place et le plan d’eau permettaient d’obtenir des résultats meilleurs que le futur projet, malgré un nombre supérieur d’arbres plantés. (33 nouvelles plantations)

nouvelles essencesDes nouvelles essences d’arbres, aux feuillages et aux floraisons variées pour mieux résister à la pollution: Après 70 ans de CO2, sur ce carrefour routier, il a fallu l’aide des tronçonneuses pour venir à  bout des 18 marronniers…

2 alternatives pour les cyclistes: itinéraire rapide sur voirie ( à vos  risques et périls…) et itinéraire sécurisé sur l’aire piétonne (slaloms et engueulades garantis…)

Un mobilier fonctionnel. Ouf!

Rendez-vous est donc pris en 2020, pour voir si la réalité de la place Gambetta sera aussi idyllique que la ville de Bordeaux veut bien l’afficher.

 

 

 

 

On fait la course ?

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embouteillage

Ah! les légendaires « bouchons » bordelais…

A Bordeaux, pour vos déplacements,  faites-vous toujours le choix du mode de transport le plus rapide?  

Voilà une question, un brin provocatrice et pour y répondre, il a suffi de comparer différents modes de transports sur différents trajets, à plusieurs moments de la journée ou de la semaine.

Alors ajustez vos chaussures, huilez votre chaîne, vérifiez votre abonnement TBM ou prenez vos clefs car le résultat de ce test va, certainement, ébranler quelques certitudes…

Trois applications numériques ont permis de calculer les temps de ces déplacements.

La première application utilisée est celle proposée par le site TBM (Transports Bordeaux Métropole): https://www.infotbm.com/fr   Ce site, plutôt bien fait, permet de rapidement trouver son itinéraire et indique en quelques clics les correspondances, trajets éventuels à pied ou nombre de V3 à proximité. Mais surtout il vous donne l’estimation du temps que vous mettrez pour rejoindre votre destination finale en bus ou en tramway.

La deuxième est une application de trafic et de navigation.  Le choix s’est porté sur le site https://www.viamichelin.fr  qui offre différentes options: voiture, vélo ou marche à pied. Pour chaque mode de déplacements, nous avons retenu, sur les trois choix proposés, le plus rapide.

Et enfin la troisième application est https://www.waze.com/fr/livemap  un site de navigation communautaire qui permet à des conducteurs de partager en temps réel  l’état du trafic. Ce qui nous indiquera en fonction des heures de la journée, les encombrements éventuels.

Une fois allumées ces trois applications, rien de plus facile. On rentre le point de départ et le point d’arrivée, et on obtient le gagnant ! 

1° course (dimanche 16h): Gambetta – Gare SNCF,  soit 3,4 km. 

A pied 44 mn , TBM 23 minutes dont 12 mn à pied, vélo 15 mn , voiture 9 mn.

2° course (lundi 12h30): Gambetta – Darwin,  soit 3,3 km

A pied 49 mn, TBM 35 mn dont 27 mn à pied, vélo 23 mn, voiture 14 mn.

3° course (lundi 17h) Rue Achard (Bacalan) – Gare SNCF, soit 6 km.

A pied 1h30, vélo 34 mn,  TBM 31 mn dont 2 mn à pied, voiture 20 mn.

4° course (lundi 18h) Barrière de Toulouse- Place Jean Cayrol (Ginko), soit 7,7 km.

A pied 1h55, TBM 47 mn dont 4 mn à pied, vélo 35 mn,  voiture 22 mn.

5° course (mardi 8h) Rue de l’église (Caudéran)- Cours Victor Hugo, soit 5,2 km

A pied 1h07 , TBM  43 mn dont  22 mn à pied, voiture 26  mn, vélo 21 mn.

IMG_0460

Hélas donc, n’en déplaise aux militants des transports doux, sur ces itinéraires testés « virtuellement », c’est l’automobile qui reste majoritairement le moyen le plus rapide pour circuler dans les rues bordelaises. (à condition, quand même, de savoir ruser en utilisant une bonne application de trafic et de navigation…)

Ainsi si l’automobile est assurément le moyen le plus polluant, le plus onéreux, le plus bruyant et donc le moins écolo pour circuler. Mais il est encore, au vu de ce test, le plus rapide pour aller, dans Bordeaux , d’un point A vers un point B .

Ce résultat n’est donc pas une bonne nouvelle et ne va pas forcément inciter les Bordelais à changer leurs habitudes…

Mais ce test numérique confirme les enquêtes de déplacements sur Bordeaux Métropole,  qui démontrent que les Bordelais privilégient toujours la voiture pour réaliser la plupart de leurs trajets en ville.

Le vélo est l’avenir de la voiture.

En effet, seul, le vélo, sur des courts trajets ( 3 à 4 km), est capable de concurrencer la voiture en réussissant même à aller plus vite comme, par exemple, sur le parcours du matin.

Mais tant que la voiture l’emportera majoritairement sur tous les autres modes de déplacements, les pratiques ne changeront pas.

C’est la contrainte qui obligera les automobilistes à lâcher leurs voitures. Pour l’instant, les résultats de ce test purement virtuel prouvent que la voiture a encore de beaux jours à Bordeaux.

Pour tempérer tout de même ce résultat,   il faut rajouter pour les automobilistes,  le coût du déplacement (essence et prix du parking)  et surtout le temps pour trouver une place de stationnement… Ainsi sur certains quartiers, faute de place libre,  le temps de l’itinéraire voiture peut considérablement être rallongé.

Du coup,  le vélo (même sans griller les feux…) redevient compétitif et détrône dans bien des cas l’automobile. Ouf!

Surtout qu’au final, le vélo, c’est quand même mieux pour la planète, pour votre porte monnaie et pour votre santé.

Nature à la Jallère : état des lieux.

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bordeaux-jallere-vue-areienne-2mair_reduit

Voilà un secteur de Bordeaux qui, pour l’instant, a toutes les raisons de faire fuir les promoteurs immobiliers.

Actuellement, le secteur de La Jallère est un no man’s land sur le territoire de Bordeaux Métropole.

Coupé du reste de la ville, sans aucune habitation à proximité, coincé entre le parc des expositions, le Matmut Atlantique, les ateliers du tramway,  le casino et ses hôtels et enfin la zone d’activités dont la locomotive est l’enseigne phare Métro,…  pas vraiment le coin rêvé de Bordeaux pour y implanter un nouveau quartier de 1800 à 2000 logements.

Pourtant la mairie exprime clairement, ces derniers mois, son intention de voir se réaliser un projet de nouveau quartier sur ce secteur de 95 hectares.

Il faut dire que depuis quelques temps, les entreprises présentes sur le site quittent le navire … Absence de services à proximité pour les employés , commerces ou restaurants inexistants,  difficulté d’accès compte tenu d’un trafic routier intense aux heures de pointe, rocade embouteillée, peu à peu les grands groupes implantés s’installent ailleurs. La caisse d’épargne, la caisse des dépôts et consignations, … autant d’entreprises qui quittent ce secteur d’activités et revendent leurs bâtiments à des promoteurs.

Il y a donc urgence pour la mairie à redynamiser le site de La Jallère en inventant  un projet qui puisse attirer de nouvelles entreprises.

Pour ce faire, c’est Nicolas Michelin qui est aux commandes pour vanter les mérites du site actuel. Le point fort serait, pour lui, la nature. 

Une nature pourtant laissée à l’abandon par la ville de Bordeaux, depuis quelques décennies.

La Jallère, est située en zone inondable entre le lac de Bordeaux et la Garonne, à quelques mètres de l’ancienne décharge de Labarde qui recevait encore jusqu’en 1984 des déchets de toute l’agglomération. Sur ce site, un village de gens du voyage sédentarisés, le village Andalou,  construit après la fermeture de cette ancienne décharge, a été fermé en 2001 en raison de cas de saturnisme… Les 40 hectares proches, qui appartiennent à Bordeaux Métropole, ont certainement été impactés.  En effet, sur cette friche, des remblais « jusqu’à 4 mètres » selon les dires de Nicolas Michelin lui-même, recouvrent le sol. La qualité du terrain interroge donc.  Lors d’une réunion de concertation, l‘architecte urbaniste a même déclaré ne pas voir pas comment des arbres pourraient pousser dessus dans ces conditions…

Mais rien n’arrête notre urbaniste en chef qui, profitant des zones humides encore présentes (13 hectares) sur La Jallère,  vante le lieu et développe un argumentaire sans faille pour son projet.

Corridors écologiques, trame verte, quartier nature, préservation des espèces et des milieux naturels, agriculture urbaine,… le but, on l’aura compris, est d’attirer les investisseurs et de vendre sur le papier une nature magnifiée.

La réalité est pourtant toute autre. 

Enclavement de La Jallère par le réseau routier, zones d’activités diverses et variées, voies de desserte saturées, vocation économique du site réaffirmée par le maire (50% du futur foncier constructible) et surtout des années de remblaiements, ont limité la valeur écologique « en termes d’habitat et de végétation » et fermé les milieux naturels,… On a du mal à imaginer ce quartier vraiment nature.

Du reste, un diagnostic sur la pollution du sol est en cours. Son résultat impactera certainement les décisions d’implantation d’équipements publics, école, lycée par exemple ou encore d’agriculture urbaine. Rappelons que sur les bassins à flots, un projet de construction de groupe scolaire a été annulé pour cause de pollution des sols …

Il est donc quelque peu présomptueux de vendre déjà ce quartier aux promoteurs immobiliers en mettant en avant la nature, comme le fait  la mairie.

Compte tenu de cette situation, il serait certainement plus judicieux d’étudier la proposition des élus écologistes (EELV) qui proposent de « préserver et conforter l’un des derniers espaces naturels urbains » et de « renoncer à urbaniser les parcelles de 40 hectares »  dont Bordeaux Métropole  est propriétaire.

Cette proposition ne concernerait ainsi que la collectivité tout en laissant la possibilité aux promoteurs ou aux entreprises de construire un projet, uniquement sur les parcelles déjà artificialisées.

Cette sanctuarisation proposée des zones humides ainsi que la reforestation du site permettraient notamment de limiter les risques d’inondation dus au risque de débordement de la Garonne. Mais surtout permettraient à la nature (faune et flore) de reprendre ses droits et aux Bordelais de bénéficier d’un nouvel espace vert public plus en phase avec les enjeux climatiques et écologiques actuels.

Pour participer à la concertation et donner votre avis:

https://participation.bordeaux-metropole.fr/participation/urbanisme/amenagement-du-site-de-la-jallere-bordeaux#comment-6985

Qu’est-ce qu’on va faire dans cette Jallère?

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Voilà un endroit de Bordeaux encore méconnu des Bordelais qui fera très prochainement parler de lui.

Il faut dire que pour l’instant, coincé au nord de la ville, entre le parc des expositions, le nouveau stade et l’avenue Labarde, ce n’est pas vraiment l’endroit rêvé pour s’y promener ou y flâner…  Actuellement seuls les supporters de foot ou les employés des nombreuses entreprises de ce secteur de Bordeaux passent devant les 95 ha de La Jallère mais sans y prêter vraiment attention.

En 2014, la mairie de Bordeaux a pourtant décidé de lancer une étude pour aménager cette zone. Le but est de consolider ce quartier d’activités économiques en le redynamisant et en créant un nouveau quartier tout en préservant certains espaces verts.

Orchestré par l’agence d’architecture et d’urbanisme de Nicolas Michelin, qui a chapeauté l’aménagement des Bassins à flots,  il propose d’y implanter une zone de logements à faible densité, soit 20 logements à l’hectare. Zone inondable oblige, le projet prévoit la construction de maisons individuelles construites sur pilotis et la création d’une zone économique avec 3800 emplois actuels à conforter et à développer.

Reste un problème, et pas des moindres, les 95 hectares de La Jallère se situent entre deux zones humides…

Pour contrer les éventuels recours et les éventuels opposants, l’urbaniste aménageur assure donc vouloir préserver la nature en installant des corridors écologiques afin de les relier au fleuve, au lac et au quartier Ginko. Vaste programme.

Pas vraiment convaincus, les élus écologistes (EELV) au conseil municipal proposent un projet alternatif pour « renaturer » La Jallère, qui implanterait, sur au moins 40 hectares de friches naturelles, propriétés de Bordeaux Métropole : une forêt, une ferme urbaine, un parc fruitier tout en préservant les zones humides qui seraient ainsi sanctuarisées, sur ce secteur sur lequel se concentrent de nombreuses entreprises. http://bordeaux.eelv.fr/notre-projet-alternatif-pour-renaturer-la-jallere/

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Le maire de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole a accepté le principe de soumettre à la concertation cette proposition alternative.

Pourtant cet amendement n’apparaît toujours pas sur le site  de la participation, au grand dam des écologistes. En effet, difficile à la population de donner son avis sur cette proposition si elle n’est pas publiée sur le site…

Ce qui est certain, c’est que le projet de Bordeaux Métropole ne déplace pas les foules. A ce jour (28 janvier 2019), on compte seulement 3 participants et deux avis sur le site en ligne. Pas vraiment l’affluence des grands jours…

https://participation.bordeaux-metropole.fr/participation/urbanisme/amenagement-du-site-de-la-jallere-bordeaux

 

Démocratie, petit à petit…

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Recherche effectuée le 15 janvier 2019 sur le site de Bordeaux.fr

A Bordeaux, à chaque mandature, l’équipe municipale bordelaise fait évoluer, petit à petit,  sa pratique en matière de démocratie participative.

C’est une bonne chose, même si tout cela traîne parfois quelque peu… Cette équipe municipale ne change pas rapidement sa pratique , souvent persuadée d’être la meilleure en la matière. Si en 1995, Bordeaux était en tête des communes  avec la mise en place de conseils de quartiers,  depuis,  elle s’est quelque peu endormie sur ses lauriers.

En 2019, la ville de Bordeaux proposera donc l’instauration d’un budget participatif … qui n’est pas tout à fait une nouveauté.  En effet, cela fait maintenant quelques années, que de nombreuses villes se sont lancées dans ce défi (Nantes, Rennes, Lille, Angers, Grenoble, Paris,…)

Aujourd’hui, c’est sans réel enthousiasme que le maire annonce cette mesure, soulignant déjà que les communes ayant adopté cette initiative ne voient la participation que de seulement 4% de leurs habitants…(8% à Grenoble, ville très engagée dans ce processus)

Mais la principale critique porte sur la gouvernance et le suivi de la décision finale.

Comme pour le FIL (fonds d’intervention local) la mairie tient à garder la main sur les projets et refuse de laisser, comme c’est le cas parfois ailleurs, une commission totalement indépendante présélectionner les dossiers proposés.

Une seconde critique porte aussi sur la somme retenue par Bordeaux, non inscrite au budget municipal primitif… Ainsi les 2,5 millions d’euros proposés, soit 1,65% du budget d’investissement, seront piochés, « ça et là », pour financer les projets proposés par les Bordelais autour d’équipements de quartier dans le domaine du développement durable. A Rennes,  le budget participatif est de 3,5 millions d’euros par an, soit 5% du budget d’investissement de la ville…

Enfin une dernière critique pointe l’extrême rapidité du calendrier proposé pour 2019. En effet à quelques jours du 28 janvier, date de l’ouverture des dépôts des projets, et du 28 février, date de clôture, toujours aucune information en direction des Bordelais. (voir capture d’écran)

Certains ne sont loin de penser que la mise en place dans l’urgence de cette version bordelaise du budget participatif a une vocation électoraliste.

Saluons tout de même cette décision, qui permet à Bordeaux , avec quelques années de retard, sans conviction et avec une certaine imprécision, de proposer enfin à ses habitants un budget participatif.