Elle est où, l’ombrière, elle est où ?

Vedette

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Peyberland

Aujourd’hui 27 mai 2020, comme toute la semaine, le thermomètre devrait grimper rapidement sur Bordeaux et ses environs.  Des températures supérieures à 30 degrés sont même annoncées,  au moins jusqu’au week-end prochain et le lundi de Pentecôte.

Comme en de pareils cas, les bordelais vont rapidement bouder certaines places de Bordeaux. Le centre ville paraîtra donc bien désert, d’autant que restaurants et cafés, à cause du Covid n’ont toujours pas rouverts, leurs terrasses restant désespérément vides.

La place Pey-Berland connue pour sa minéralité ne dérogera pas à la règle. Pourtant l’année dernière, le nouveau maire de Bordeaux, Nicolas Florian, fraîchement élu, avait décidé d’aménager une ombrière face au palais Rohan.

800 m2 recouverts de toiles et d’arbres en pots afin de créer des espaces ombragés et tenter d’offrir aux Bordelais un îlot de fraîcheur, allant même jusqu’à parler de « nouvelle stratégie de résilience »…

A peine posés, les critiques ont vite poussés. Le coût de l’opération, 90 000 euros, a particulièrement été au coeur de la polémique et les futures municipales arrivant, les arguments favorables ou défavorables ont fait la une des journaux, même nationaux.

Aujourd’hui, on attend toujours l’étude commandée par la mairie de Bordeaux à l’agence d’architecture King Kong pour planter des arbres de manière définitive. Cabinet d’architecture, qui du reste, au début des années 2000, avait déjà proposé cette place bien minérale et tant vantée par Alain Juppé. Changement d’époque et de génération certainement.

A quelques jours d’un éventuel second tour, Nicolas Florian tentera-t-il à nouveau de faire passer son ombrière ? Pas évident qu’il renouvelle cette opération de communication d’autant que les services, du fait de la situation sanitaire ont déjà fort affaire sur le terrain.

Il faudra donc attendre l’élection du futur maire pour voir émerger un nouveau projet, certainement plus végétal sur cette place. En attendant, il reste toujours aux éventuels promeneurs, les platanes de la place jean Moulin pour espérer y trouver un peu de fraîcheur. Comme quoi, c’est bien avec les vieux arbres qu’on fait la meilleure … ombre.

Navette or not navette ?

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Navette Airf france Bordeaux Paris

Après plus de huit semaines de confinement, de nombreuses réflexions, essais, articles, publications sur l’état de la planète et le monde d’après, voilà une déclaration qui nous ramène rageusement à la réalité.

Cette semaine lors de la visite du secrétaire d’État aux transports, Jean-Baptiste Djebbari, le sort de la navette Air France Bordeaux-Paris est donc revenu sur la table des discussions entre élus locaux et gouvernement. Alors qu’on pensait cette navette définitivement enterrée, suite à la position de Bruno Le maire, ministre de l’économie, qui s’était déclaré contre sa réouverture, voilà que le maire de Mérignac tente à nouveau de la défendre mordicus.

Au nom de l’emploi et de la défense de la filière aéronautique, tout est possible…

Alain Anziani aurait ainsi déclaré en début de mois au journal Sud Ouest: « Sans compter le quartier d’affaires de Mérignac et les habitants du Médoc et de Charente pour qui il est plus pratique de prendre l’avion que le train » .

L’avion, selon cet élu,  serait donc le moyen de transport plébiscité par les voyageurs du nord de la métropole ou du nord Gironde.

Mais sur quoi fonde-t-il cet argument? Est-ce un fait avéré ou de pures élucubrations?

Prenons donc un voyageur lambda, appelons le Mr Nemo, habitant Mérignac, par exemple avenue Jules Verne (vu qu’ on est dans de la pure fiction…), en partance pour Paris, quartier de La défense, son lieu de travail.

Un premier choix, s’offre à lui : prendre l’avion.

L’avenue Jules Verne à Mérignac se situe à 13 minutes en voiture de l’aéroport, 20 minutes en bus… Il devra s’y présenter au moins 1 heure avant, afin de passer les contrôles d’usage. (moins, c’est possible mais plus aléatoire et Mr Nemo a horreur des imprévus…) Le vol dure 1h10, il devra, une fois l’avion atterri, se diriger rapidement vers un mode de transport pour se rendre à la défense: bus en 50 minutes, train en 44 minutes ou taxi en 23 minutes selon le site de l’aéroport d’Orly. En choisissant le train, qui lui permettra de relire, « Vingt mille lieux sous les mers » son roman favori, il aura donc mis en avion au moins 3h 07 pour se rendre de chez lui à Paris- La défense.

TGV Bordeaux Paris

 

Etudions cette fois-ci le transport le moins « pratique » selon Mr Anziani.

La maison de Mr Nemo est à 25 minutes en voiture de la gare St Jean, 50 minutes en bus… Il doit bien évidemment anticiper les éventuels bouchons et le temps mis pour garer sa voiture, ce qui représente bien une demi-heure de plus. Le trajet en TGV Bordeaux- Paris dure 2h20. Une fois à Montparnasse, il devra vite se diriger vers les différents choix de transport qui s’offrent à lui: Bus en 34 mn, ligne 1 de métro en 24 minute, ligne 6 ou taxi en 18 mn. Avec la ligne 6, son trajet maison- Paris-La défense aura duré au moins 3 h 33.

Mr Anziani a raison, l’avion est plus rapide que le train, un gain sur le papier de 30 minutes.

La question est donc de savoir si ce différentiel de temps est à la hauteur des enjeux de notre planète ? A l’heure de la fonte des glaces, de la pollution de l’air qui n’a jamais été aussi pur depuis que les avions sont cloués au sol, ce temps « gagné » mérite-t-il d’être à nouveau mis en avant par nos élus ?

Engageons notre maire, grand défenseur de l’emploi sur sa commune et sur la métropole, à prendre un peu de son temps « perdu » à bord de son TGV Bordeaux-Paris pour relire « Le Tour du monde en quatre-vingts jours« , réflexion autour de la mesure des distances à parcourir en un temps limité …

Alerte, disparition…

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Sur Bordeaux, à chaque période électorale, les militants des partis politiques s’arrachent les pinceaux à chercher désespérément les panneaux d’affichage libre pour afficher leur candidat. Pourtant si l’on en croit le site de Bordeaux. fr, http://www.bordeaux.fr/p916/l-affichage, il y aurait bien 211 panneaux d’affichage à se partager entre les listes concurrentes, les associations et les organisateurs de concert et spectacles…

La commune est donc largement dans les clous en matière de règlementation, puisque le texte indique que chaque commune doit disposer de douze mètres carrés,  plus cinq mètres carrés par tranche de 10 000 habitants.

Un rapide calcul pour Bordeaux  avec ses 260 000 habitants correspond à environ 142 m2, soit 142 panneaux. La ville de Bordeaux est donc bien dans le cadre de la loi.

Reste cependant à vérifier si, sur le terrain, les panneaux sont bien toujours en place. Le document fourni par la municipalité date en effet de septembre 2014… Et il semble que compte tenu de notre recherche, de ce jour, sur le quartier 3 (centre ville) , nous ne soyons plus aussi bien dotés en panneaux d’expression libre.

Dans le document municipal, ce quartier proposerait 25 panneaux, or 10 panneaux, selon notre enquête, ont totalement disparu ou leur nombre a été sensiblement réduit sur les trottoirs…

Ainsi Place Camille Jullian, on passe de 2 à 1, Place Dutertre et Place Marie Brizard de 2 à 0, Avenue du Général de Larminat de 3 à 1, Assomption de 4 à 2, etc… De 25 panneaux on se retrouve avec seulement 15 panneaux pour quadriller le quartier de Bordeaux centre. C’est peu. De ce fait, les afficheurs recommencent à coller en sauvage comme nous avons pu le constater sur le terrain.(voir photos)

Nous continuerons prochainement notre recherche dans les autres quartiers afin de voir si c’est un mouvement général ou si cela ne concerne que le quartier centre.

De toute manière, on peut légitimement s’interroger sur l’intérêt de notre ville à restreindre l’expression des associations, partis politiques et annonceurs de spectacles ? La richesse du ville, c’est la multiplicité des opinions et l’expression de ses associations culturelles ou sportives. Restreindre leur communication pose question quand des associations culturelles par exemple, actuellement en souffrance économiquement, ont du mal à faire connaitre leurs activités.

Alors que la ville de Bordeaux autorise largement l’affichage publicitaire, il est quand même étonnant qu’elle restreigne aujourd’hui toute expression associative ou politique sur son territoire. Sur le terrain, la valse des colleurs d’affiches risque donc de perdurer.

Sur le même sujet, déjà en 2017… https://ecolobordeauxblog.com/2017/05/16/panneaux-daffichage-libres-mais-peu-nombreux/

Déchets: Métropole vs Gironde.

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Voilà un contrat qui ne va pas calmer le ressentiment des habitants de la Gironde envers Bordeaux Métropole…

Fin 2019, une nouvelle délégation de service public (DSP) a vu une filiale de l’entreprise Véolia remporter le marché des unités d’incinération de Bègles et de Cenon. A partir du 20 février 2020, l’ensemble des déchets de l’agglomération bordelaise sera uniquement géré par le géant de l’eau et de l’assainissement. Jusqu’à présent Suez et Véolia se partageaient le marché du traitement des ordures ménagères.

Si cette nouvelle DSP satisfait la presque quasi majorité des élus de Bordeaux Métropole, elle renforce la colère des élus Girondins compte tenu des termes de ce nouveau contrat.

Cet engagement sur 7 ans et 10 mois de notre collectivité soulève en effet questions et interrogations.

D’un point de vue économique, le coût du traitement est largement favorable à Bordeaux Métropole, faisant passer le coût de la tonne incinérée de 80 € à 51 € la tonne. L’incinération est même ramené à 18 euros la tonne si on retire les 35 euros par tonne issus du loyer payé par le délégataire à Bordeaux Métropole pour l’utilisation des usines de traitement.

18 euros la tonne quand les autres syndicats autour de Bordeaux Métropole devront payer entre 110 et 120 euros la tonne pour faire traiter leurs déchets par Véolia. Une situation que dénoncent les élus des autres territoires, obligés de négocier le coût du traitement de leurs déchets avec un seul et unique prestataire, qui gère aussi le site de stockage des déchets non dangereux de Lapouyade… Une position de monopole qui permet à cet opérateur de récupérer sur les contrats des communes girondines le prix très compétitif offert à Bordeaux Métropole. Les habitants de ces communes avoisinantes verront ainsi passer leur taxe d’OM de 91 euros à 107 euros en 2021.

D’un point de vue écologique, le faible coût de l’incinération sur Bordeaux Métropole incite peu à la réduction de nos déchets par le tri et le recyclage. Cette sur-capacité originelle de l’incinération (240 000 tonnes à Bègles et 120 000 tonnes à Cenon pour 225 000 tonnes produits par Bordeaux Métropole) a toujours été un frein à une politique de tri plus ambitieuse sur notre territoire.

De ce fait en 2020, Bordeaux Métropole, territoire zéro déchet, n’atteindra donc pas son objectif de 465 kilos par an et par habitant. Avec encore 501,7 kg par habitant en 2018, les résultats ne sont pas à la hauteur des enjeux du fait d’une valorisation énergétique qui reste au dessus des 50%, quand 80 % de nos déchets pourraient être recyclés.

Mais les habitants de Bordeaux Métropole verront-ils leur taxe d’ordures ménagères baisser cette année du fait de cette bonne opération financière (14 millions economisés)? On peut en douter car le coût du traitement des déchets, toujours supérieur aux autres collectivités territoriales, (128 euros contre 106 euros ailleurs) dépend d’un service aux habitants qui privilégie de nombreux passages de bennes. (Fréquence 6 sur le centre ville de Bordeaux, 2+1 sur d’autres secteurs)

Et surtout le faible coût de la tonne incinérée incite peu à trier. Seule une politique volontariste en faveur du recyclage permettra à Bordeaux Métropole d’atteindre durablement ses objectifs.

2020, bye bye la pub ?

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2020 sera l’année du grand ménage en matière de panneaux d’affichage. La réflexion sur le nouveau règlement local de publicité intercommunal (RLPi), engagée le 22 mars 2013 par Bordeaux Métropole, arrive en effet au terme de la procédure et verra son application définitive, d’ici le début de cette année.

Le but de ce RLPi pour la collectivité était d’unifier à l’échelle de son territoire les anciens règlements locaux de chaque commune afin de les remplacer par une charte métropolitaine unique. Ce RLPi permettra ainsi de réglementer à l’échelle de la métropole affiches, enseignes et pré-enseignes afin de protéger le cadre de vie et l’environnement des habitants.

Pour ce faire, une démarche de concertation avait été lancée entre avril 2013 et juin 2016. Les habitants des 28 communes de Bordeaux Métropole avaient pu s’exprimer et émettre leurs  avis.

A l’issue de ces trois années de concertation, le RLPi a été approuvé par le conseil de Bordeaux Métropole, le 22 décembre 2017. Ce règlement est donc devenu opposable à compter du 9 février 2018 et s’applique à partir de cette date sur les 28 communes de Bordeaux Métropole.

Mais pourquoi certains panneaux sont-ils toujours en place dans nos rues? 

Si le nouveau règlement s’applique aux nouveaux dispositifs publicitaires, les annonceurs, en ce qui concerne les panneaux déjà posés, avaient encore deux ans pour se conformer aux nouvelles prescriptions, c’est à dire à la date limite du 9 février 2020. Six ans, en ce qui concerne les enseignes…

Préenseigne

Mais tous les panneaux d’affichage ne devraient pas forcément disparaître du paysage car le RLPi s’adapte en fonction de la localisation.  Ainsi sept zones ont été définies en fonction de leurs caractéristiques: espaces nature, secteurs d’intérêt patrimoniaux, abords du tramway, zones résidentielles, zones d’activités, … Pour connaître les obligations des annonceurs sur votre secteur, il suffit d’aller vérifier sur le site de Bordeaux Métropole. http://fichiers.bordeaux-metropole.fr/RLPi-approuve/Index_rlpi.html

De ce fait les grands panneaux publicitaires de 8m2 ne disparaitront pas totalement sur Bordeaux Métropole et resteront implantés sur le territoire, par exemple vers le secteur de l’aéroport ou encore certains axes dits « structurants », les élus estimant que ce type de panneaux pouvaient encore se justifier. 

Noir, c’est noir…

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Ginko

Quartier Ginko

 
Les élections municipales sont, pour les maires, une occasion rêvée de mettre en avant leur bilan. L’équipe de Nicolas Florian ne déroge pas à la règle, en publiant un document  de campagne qui décline différentes actions de la vie locale et en affirmant fièrement : « on l’a dit … on la fait! »
 
A ce petit jeu, le risque est de trouver des décisions politiques qui vont à l’inverse de l’affirmation première affichée.
 
Illustration concernant le secteur de la construction.
 
A l’heure du réchauffement climatique, certaines constructions récentes, sur Bordeaux interrogent quelque peu. En effet, dans les nouveaux quartiers bordelais, les riverains découvrent des bâtiments  de couleur sombre, très sombre…
 
On sait que toute surface minérale (place, immeuble,…) emmagasine de la chaleur pendant la journée pour mieux la relâcher la nuit . De ce fait, avec nos étés caniculaires, logements et bureaux, s’équipent de plus en plus souvent en climatiseurs. Si pour les immeubles anciens, la climatisation fait office d’agent régulateur, cela ne favorise pas vraiment la baisse de la température dans nos villes. Sans oublier une conséquence directe: une demande en électricité qui explose en été!
 
En ce qui concerne les nouvelles constructions, des moyens techniques existent: constructions bioclimatiques, choix des matériaux, exposition des constructions en fonction de l’orientation du soleil, toitures végétalisées, isolation par l’extérieur, mur végétal,… Autant de pratiques qui se mettent en place pour éviter la surchauffe dans nos habitations.
 

Bassins à flots

                                                           Bassins à Flots
 
La couleur extérieure du bâti fait partie de ces solutions pour rafraîchir les logements.
 
Il a été largement  démontré qu’une couleur foncée emmagasine plus de chaleur qu’une couleur claire et qu’elle subit aussi plus de tension, du fait des variations de température subies, ce qui n’aide pas à la longévité du revêtement choisi.
 
On l’a dit, on … ne l’a pas fait!
 
On pourrait penser cette variable dorénavant intégrée dans les programmes immobiliers bordelais. C’est du reste ce que nous affirme Anne Walrick, vice-présidente de Bordeaux Métropole en charge du développement durable dans un article consacré à cette question, dans le journal Sud Ouest :
 
« Il est également important de réfléchir au choix des matériaux de construction et d’aménagement et à celui des des toitures pour éviter les couleurs foncées. À Bordeaux, Alain Juppé refuse systématiquement les immeubles trop sombres »
 
 
Il semble au vu des nombreuses constructions nouvelles ou en cours de réalisation qui adoptent un revêtement de couleur foncée, sur les quartiers du Ginko, Bassins à flots ou Euratlantique que le message ne soit pas passé, ni la règle vraiment respectée. 

Coup de chaud sur les cours d’écoles.

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Vaclav Havel

Grupe scolaire Vaclav Havel- Quartier Ginko

A grand renfort de communication, le maire de Bordeaux, Nicolas Florian veut démontrer aux Bordelais, avant les élections municipales, qu’il a pris toute la mesure de l’urgence climatique. Sa dernière sortie presse vient d’être médiatisée à l’école Sousa-Mendes, dans le quartier Bordeaux-Maritime, où il a annoncé un vaste programme de réduction de chaleur dans les cours des écoles de la ville.

Plantations d’arbres, végétalisations, etc, les idées ne manquent pas pour faire baisser la température des cours de récréations et … les sondages, favorables aux écologistes.

A l’école Sousa Mendès donc,  un conteneur de récupération des eaux pluviales, installé sous la cour et intégré à un système d’évaporation par le sol va même être testé. Le coût de cette machinerie, proposée par le délégataire Véolia , sensée faire baisser la chaleur du sol d’au moins sept degrés,  coûtera  la modique somme de 200 000 euros…

Nouvelle époque

Si, sur les anciennes écoles bordelaises, la problématique des îlots de chaleur n’était pas encore connue, comment cette donnée climatique a-t-elle été intégrée sur les derniers groupes scolaires en construction ou en projet ?

Déjà, cet été, sur le quartier Ginko, construit en 2012, le groupe scolaire Vaclav Havel a dû fermer, quelques semaines, la cour de la crèche, du fait d’un bardage métallique, plein sud totalement inadapté et devenu dangereux pour les enfants. De plus, la cour de l’école maternelle, construite au premier étage, est recouverte d’un enrobé plastique, qui ne correspond pas vraiment à ce qu’on peut attendre d’un îlot de fraîcheur…

Les écoles prennent de la hauteur.

Sur Bordeaux, compte tenu du coût du foncier, la tendance actuelle est à la construction sur plusieurs étages des groupes scolaires . Si la problématique « chaleur » des cours d’école est parfois bien intégrée au projet, certaines futures réalisations laissent encore perplexes.

Les images des différents projets permettent de se faire une petite idée sur le résultat final.

Ginko 2

Deuxième groupe scolaire du quartier Ginko.

Le deuxième groupe scolaire, de seize classes, du quartier Ginko, signé par l’agence Ferron et Monnereau, prévu pour la rentrée 2020, semble parfaitement en phase avec l’époque. Plantations d’arbres, jardins en pleine terre, jardins pédagogiques sur le toit et végétalisation des sols semblent répondre aux attentes pour affronter les futures canicules.

Mais la prise en compte des ilots de chaleur semble moins évident pour d’autres projets…

Bassins à flots 2

bassins à flots

Ecole J.J. Sempé aux Bassins à flots.

Par exemple la future école Jean-Jacques-Sempé, située sur les bassins à flots, réalisée par le cabinet d’architectes BPM, interroge quelque peu. Si le bâtiment comprenant une école élémentaire de 8 classes et une école maternelle de 6 classes sera une construction BEPOS (bâtiment à énergie positive),  les images de présentation sont loin de répondre aux attentes actuelles en matière de végétalisation et d’îlots de fraîcheur.

groupe scolaire bacalan

Groupe scolaire de Bacalan

Même impression pour le groupe scolaire de 16 classes (sept maternelles et neuf élémentaires) prévu dans le quartier Bacalan, pour la rentrée 2020 entre les rues Delbos et Ouagadougou. Les rares images fournies par l’agence Patriarche, qui réalise le projet, ne semblent pas un modèle du genre pour éviter la surchauffe dans la cour.

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Groupe scolaire Hortense sur Bastide Niel.

Sur le quartier Bastide-Niel, en cours de construction sur la rive droite de Bordeaux, le futur groupe scolaire Hortense interroge aussi. L’agence EGA Erik Giudice Architecture indique que « le groupe scolaire est conçu comme une grande maison sur quatre niveaux ».  Reste à voir comment les élèves vivront leurs temps de récréation dans cette « enveloppe minérale bioclimatique » .

groupe scolaire Brienne

De la même manière, sur la ZAC Bordeaux St-Jean Belcier, le groupe scolaire de Brienne perpétue cette nouvelle tendance à la construction en hauteur des groupes scolaires. Ici, école maternelle de 5 classes et école élémentaire de 9 classes partageront, cours de récréation, salle polyvalente, plateau sportif, préaux et terrasse. Le projet qui jouxtera le jardin de l’ars met en avant une couverture arborée autour du bâtiment mais sur l’image proposée par l’agence d’architecture,  les plateaux du bâtiment semblent bien peu végétalisés…

Les projets présentés seront certainement modifiés et adaptés en fonction du ressenti des enfants et du personnel. Cependant la construction d’établissements scolaires sur plusieurs niveaux ne facilite évidemment pas la végétalisation des cours de récréation, sauf si la problématique climatique a été pensé dès la conception des bâtiments. Réponse:  Eté 2021…

Modèles à suivre.

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Nantes

Dans les villes, la voiture n’a plus vraiment bonne presse. L’époque est semble-t-il au vélo. Cependant souvent les avis divergent sur la place à laisser aux cyclistes. Car dès qu’il s’agit de restreindre la place de la voiture en ville, les élus sont souvent réticents redoutant une fronde des riverains et des commerçants concernés. En 2018, Alain Juppé en avait fait les frais en tentant d’imposer le stationnement payant sur les quartiers de Caudéran ou de St Augustin.

De ce fait,  même si la part modale du vélo progresse sur de nombreuses métropoles françaises, la place de la voiture reste encore prédominante.

Mais comment se passe la répartition entre les différents modes de déplacements dans les villes les plus cyclables au monde ?

Afin d’y voir plus clair, en 2011, un outil, financé par l’Europe, le programme  Intelligent Energy Europe , a été lancé afin de recensée les parts modales des villes de plus de 100.000 habitants en Europe. Ce logiciel http://www.epomm.eu/tems/ nous aide à faire le point en Europe en rassemblant les différents modes de déplacement (marche, transports publics, vélo et voiture) en fonction de leur poids dans la mobilité de ces grandes villes.

Si les résultats datent quelque peu pour certaines villes ( les chiffres pour Bordeaux Métropole sont de 2009…) ils éclairent sur les différences entre villes et sur les marges de progression possible. Ces indicateurs restent bien entendu relatifs, sachant que toute ville, compte tenu de sa superficie ou de sa densité, reste unique.

Dans le top 3.

Pour les trois grandes villes européennes régulièrement en tête de tous les classements vélo, Utrecht, Amsterdam et Copenhague, seule Copenhague en 2014 atteignait 30% de part modale pour le vélo (26% pour Utrecht en 2012 et 22% pour Amsterdam en 2008).

Il est intéressant de constater que sur ces trois villes cyclables, le poids des transports collectifs y est aussi important: 20% pour Amsterdam et Copenhague, 16 % pour Utrecht.

En ce qui concerne la marche, avec un taux compris entre 17 % et 20%,  ces villes cyclables font moins bien que les villes françaises. (45% pour Paris, 33% pour Strasbourg ou 29% pour Bordeaux) La forte utilisation du vélo est vraisemblablement responsable de ce désamour pour la marche.

Pour ce qui est de la place de la voiture, compte tenu  des alternatives proposées, Amsterdam et Copenhague  passent sous la barre des 40% avec respectivement 38% et 33%. Seule Utrecht, malgré 26% de déplacements en vélo, reste à 41% pour la voiture.

A Bordeaux, en 2009, la voiture représentée encore 67% des déplacements, 9% pour les transports collectifs, 21% pour la marche et seulement 3% pour le vélo.

En 2017, l’enquête ménages sur les déplacements, menée conjointement par Bordeaux Métropole et le Cerema, a montré une modification des comportements des usagers. Les transports en commun passent à 11,9% de part modale, à 29% pour la marche à pied et à 7,7% pour le vélo. Ces bons résultats pour les autres déplacements ont permis un recul de la voiture qui passe à 49,6% de part modale.

Des choix budgétaires doivent donc être faits rapidement afin d’atteindre les chiffres obtenus dans les villes où la voiture n’est plus en position dominante.

Un regret tout de même concernant ce logiciel, que les données fournies pour certaines villes datent un peu ce qui ne permet pas d’avoir toujours une vision très juste des déplacements.

En France, selon ces chiffres,

la ville plus piétionne était Paris avec 47%(2008) suivie de Nice 40% (2009)

la plus cyclable Strasbourg avec 8% (2009)

la plus favorable aux transports en commun, Paris avec 33%(2008) et Lyon, 19% (2015)

la moins favorable à la voiture Lyon avec 45% (2015) et Strasbourg 47% (2009)

En Europe,

la plus piétonne, Bilbao avec 65% (2016)

la plus cyclable, Eindhoven avec 40% (2014)

la plus favorable aux transports collectifs, Madrid avec 29% (2012)

Et la moins favorable aux voitures, Bilbao avec 12% (2012)

Peste, Pestons, Pesticides.

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Coquelicots

Depuis le 1erjanvier 2017, la loi Labbé, sénateur EELV du Morbihan, interdit aux collectivités territoriales ainsi qu’aux établissements publics, d’utiliser des produits phytosanitaires pour l’entretien de leurs espaces verts, voiries et forêts.

Dans la continuité de cette première décision, la loi Labbé depuis le 1er janvier 2019, interdit aussi l’utilisation et donc la vente de produits phytosanitaires pour les particuliers. Depuis cette date, les habitants sont appelés à se débarrasser de leurs produits à usage non professionnel. Seuls les produits phytopharmaceutiques d’origine naturelle sont encore autorisés.

Le but est de réfléchir à une nouvelle manière de gérer son environnement afin de mieux préserver la biodiversité.

En septembre 2019, cinq grandes villes ont décidé d’aller plus loin que la loi Labbé.  Paris, Lille, Nantes, Grenoble et Clermont-Ferrand, en application du principe de précaution, ont décidé collectivement d’élargir par un arrêté municipal le champ de cette interdiction.  « L’usage des produits phytosanitaires chimiques sera désormais interdit sur l’ensemble des territoires de nos villes » signent-elles collectivement.

Pourquoi?

Parce que la réglementation permet encore aux collectivités sur des zones urbaines, compte tenu de certains contraintes de continuer à utiliser les produits phytosanitaires pour gérer ces sites.  Il s’agit par exemple des terrains de sport, des cimetières mais aussi des structures privées appartenant à des structures publiques dont l’accès est fermé au public ou encore des espaces publics non considérés comme des espaces verts.

Lorsque Bordeaux Métropole communique en indiquant que les services n’utilisent « plus de pesticides sur les trottoirs, accotements de voirie, places et dans les rues, parcs, jardins et squares », elle oublie de préciser que sur son territoire certaines emprises importantes comme celles de la SNCF, de TBM, les espaces autour des résidences en co-propriété, des entreprises, des parkings d’entreprises ou des supermarchés,… continuent d’être traités au glyphosate.

Mais cela n’empêche pas la ville de Bordeaux de communiquer sur son site en indiquant  « Participer à l’objectif « zéro phyto », (…) la mairie de Bordeaux a atteint son objectif d’arrêt de produit chimiques en milieu urbain. »

Côté green, les obstacles sont encore nombreux.

Si cela se révèle vrai dans les jardins municipaux, c’est moins évident sur les terrains de sport par exemple.  Même le Golf de Bordeaux, pourtant labellisé « pelouse sportive écologique » depuis 2015 continue à être entretenu avec des produits phytosanitaires. En effet ce label n’impose absolument pas l’arrêt des pesticides mais seulement de chercher à « réduire l’impact sur l’environnement »…

Une incohérence que ne manquent pas de relever, année après année, les élus écologistes (EELV) au conseil municipal de Bordeaux. Selon eux :   » Les dépenses en produits phytosanitaires ont explosé en 2017, passant de 7 881 euros en 2015 à 14 413 euros en 2016, et à 18 218 euros en 2017, soit une augmentation de 130 % en 2 ans. »

Ils rappellent que le golf est à proximité d’une réserve naturelle et en zone inondable, deux raisons qui mériterait d’arrêter tout traitement phytosanitaire sur ce secteur.

Mais, pour l’instant, pour les municipales sur ce sujet, malgré le très net verdissement des discours,  peu de déclarations d’intentions reprenant la demande faite par les associations d’interdire tous les pesticides de synthèse sur la totalité du territoire municipal.  

https://nousvoulonsdescoquelicots.org

Tournicoti, Tourny… coton!

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Tourny 2

Place Tourny: les cyclistes ne seraient-ils pas une fois encore les grands oubliés de cette rénovation?

On peut clairement se poser la question quand on observe sur le terrain les aménagements qui se mettent peu à peu en place. D’autant que les photos qui circulent sur le projet ne sont pas des plus rassurants. Sur les images fournis par les urbanistes, peu de cyclistes en vue, à croire que la place n’a pas vraiment été pensée pour eux. 

Si les piétons et les commerces pourront quant à eux profiter de trottoirs et de terrasses plus larges, cet agrandissement se fera encore une fois au détriment des vélos. Lorsqu’ils arriveront sur ce « rond point », les cyclistes auront deux possibilités: affronter le flot des voitures ou partager les trottoirs avec les piétons. En effet, pour le cycliste pas d’espace clairement dévolu, et ce quelque soit l’endroit d’où il arrivera. 

Place-Tourny-Projet

Une fois encore si tous les modes de déplacements, tram, marche et automobilistes, se voient réserver un espace sur cette nouvelle place, les cyclistes devront cohabiter, soit avec les voitures, soit avec les piétons. Comme on le voit sur cette image fournie par les concepteurs du projet et par Bordeaux Métropole, pas de piste cyclable en vue, clairement identifiée.  Les adeptes de la petite reine devront choisir.

Tourny3

Sur cette image, un cycliste avec les piétons, l’autre devant les voitures.

Alors que depuis quelques semaines, tous les candidats aux municipales de Bordeaux s’engagent pour une politique vélo volontariste, ce qui sous-entend notamment la résorption des discontinuités cyclables, ce nouvel aménagement n’est en rien réjouissant pour les adeptes de la bicyclette.

Il va même à l’inverse de ce qui est demandé par l’association vélocité dans son plaidoyer pour les municipales 2020 : »Des aménagements continus à la lisibilité évidente, notamment pour les enfants en trajets solaires« . Pour la lisibilité, on repassera.

Tourny vélo

Sur cette photo, prise au début de la rue Fondaudège, la piste cyclable redémarre.  Mais pour la rejoindre, il vous faudra donc soit emprunter le rond point avec les voitures et suivre ensuite les voies du tram à partager avec les automobiles ou encore slalomer entre les piétons qui vous verront arriver d’un mauvais oeil.

Alors qu’il y avait largement la place de permettre aux cyclistes d’accéder à cette place en toute sécurité, dans un espace qui leur soit entièrement dévolu,  le choix de la municipalité et de Bordeaux Métropole a été d’agrandir la partie piétonne (zone en couleur sable sur la carte) au détriment des vélos.

PLAN de circulation

Ainsi les cyclistes pressés continueront à emprunter la chaussée avec les voitures, les moins à l’aise devront se rabattre sur les espaces piétons ou les zones de rencontre.

Encore une fois, comme avec le réaménagement de la place Gambetta, le vélo est considéré en mode mineur.