Mots-clefs

, ,

 

BCM_EXT_3

La cité municipale a ouvert ses portes au public le 4 août 2014.
Après deux ans de travaux, ce mastodonte de béton et de verre au cœur de la ville de pierre a fait évidemment polémique. Si certains dénoncent cette construction contraire à l’esprit du label Unesco, d’autres critiquent l’aspect même du bâtiment, selon eux, disgracieux et trop imposant.

Cette « Cité » est destinée à rassembler dans un bâtiment unique de 21350 m2 et de 8 étages, les 850 agents municipaux auparavant répartis sur une quinzaine de sites; ainsi qu’une restauration commune. Elle accueille aussi les Bordelais sur 1500m2 en rassemblant un grand nombre de services de la Mairie.
Le nouveau bâtiment a coûté 60 millions d’euros, en partie financé par la revente des anciens bâtiments occupés par les différents services dans Bordeaux. Le cadre du contrat est celui du partenariat Public-privé entre la société DV Construction (groupe Bouygues) et la ville de Bordeaux.

Pour le constructeur, l’ambition environnementale du projet est particulièrement forte: le bâtiment doit produire plus d’énergie qu’il n’en consommera. Cette stratégie environnementale a été intégrée dès les premières phases de la conception du bâtiment qui allie une enveloppe très performante à une morphologie dense et compacte. Ce devrait donc être un bâtiment exemplaire, à énergie positive (BEPOS). Ainsi sont prévus l’utilisation de plusieurs énergies renouvelables (solaire, géothermie sur nappe d’eau, biogaz), la récupération des eaux pluviales et un projet de biodiversité sur la terrasse du restaurant. L’orientation des façades et le toit qui accueille 1500 mètres carrés de panneaux photovoltaïques doivent donc permettre de subvenir aux besoins énergétiques de ce mastodonte de 20 000 mètres carrés de surface et aussi répondre aux besoins de rafraîchissement du musée voisin des Beaux Arts.

Mais tout cela reste à confirmer car pour tout bâtiment, ce n’est qu’au bout d’une année de fonctionnement que l’on verra si le bilan carbone de cette cité sera si «positive» que cela.
Ce qui est certain, c’est qu’à l’échelle de la ville le regroupement des différents services jusqu’alors éparpillés dans de vieux bâtiments vétustes reste une bonne chose. Bon nombre de ces locaux anciens et mal isolés faisaient que le bilan énergétique n’était pas très bon.

Cependant pour construire cette cité, il aura fallu raser 59 arbres et détruire l’immeuble de la Croix du Mail, ce qui n’est pas positif en terme de bilan carbone (énergie nécessaire, ressources naturelles utilisées, déchets, gravats, transports,…) Fin 2013, le tonnage global de déchets s’élevait à 737,2 tonnes et 57% des déchets de chantier ont été valorisés soit 419,70 tonnes.

D’autre part, il semble que pour atteindre les objectifs en énergie fixés, les agents doivent adapter de nouveaux comportements afin de réduire au maximum la consommation énergétique de ce bâtiment: pas de micro ondes pour réchauffer les plats ou les boissons, pas de cafetières personnelles dans les bureaux, obligation de consommer le café à la restauration du prestataire désigné dans le cadre du contrat Public-Privé, surveillance des appareils électriques,….
Affaire à suivre donc pour voir si les objectifs énergétiques seront atteints et comment ils seront vécus par les agents dans cette cité municipale.

Publicités