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stadeLe nouveau stade de Bordeaux qui sera inauguré fin mai 2015 a été construit par le groupement Vinci-Fayat. La conception est l’œuvre de l’agence internationale d’architecture Herzog & de Meuron assistée de Groupe 6. Ce nouveau stade aura une capacité maximale de 42 000 personnes. (37 000 strapontins). L’ensemble du site représente 18,6 hectares pour une superficie du stade de 4,6 hectares.

Le dossier de presse et le dossier technique mettent en avant la volonté d’en faire un équipement respectueux de l’environnement. Sur son intégration dans l’environnement, le paysagiste Michel Desvignes déclare dans le dossier de presse « L’implantation du stade se nourrit d’une situation particulière : celle d’un territoire à l’articulation entre un cadre naturel de qualité à valoriser au nord et une trame paysagère d’agglomération à renforcer au sud. »

A cela, nous rappellerons que l’enquête publique a confirmé que cette construction porte atteinte aux milieux naturels. Le site est sensible avec la proximité de trois zones Natura 2000, réserve naturelle de Bruges, zone humide. Le site où est implanté le stade était à l’origine une ZNIEFF, une Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique pour la faune et pour la flore. Il a donc fallu assécher une zone humide, imperméabiliser 9 ha de surface, créer plusieurs corridors pour faciliter les déplacements de la faune sur ce secteur, déplacer un canal, créer une jalle artificielle et donc impacter les milieux naturels et les espèces protégées… Certes, des mesures seront prises pour compenser la destruction des biotopes, mais détruire pour ensuite mettre en place des mesures compensatoires de préservation reste discutable.

Pour ce qui est des travaux, le groupement constructeur s’est engagé avec la Mairie de Bordeaux à inscrire la réalisation des travaux dans le cadre d’une démarche à faible impact environnemental. Un engagement a donc été pris pour limiter l’empreinte environnementale lors du gros oeuvre. Il s’agira de limiter la pollution des sols et sous-sols, limiter la consommation d’eau et d’électricité, limiter l’impact des transports, limiter les nuisances dues au chantier, limiter la production des déchets, organiser la récupération des déchets, privilégier la valorisation des déchets et enfin protéger la faune et la flore notamment en rétablissant des zones de passage pour la faune semi-aquatique…

Il faut dire que le dossier technique indique aussi qu’il faudra 41 000 m3 de béton, 644 poteaux circulaires en métal soit 12 000 tonnes de charpente métallique (deux fois le poids de la charpente de la Tour Eiffel nous précise-t-on). Ces quelques chiffres donnent une petite idée de l’impact environnemental que représente à lui seul ce monument dédié presque exclusivement au football.

Pour ce qui est de son fonctionnement, il faut savoir que les stades ne consomment que ponctuellement de l’énergie mais à très forte intensité et qu’une réelle autonomie reste difficile à obtenir. Pourtant les futurs stades installent des panneaux photovoltaïques sur leur toit : Geoffroy-Guichard, à Saint-Étienne, a été un précurseur dans ce domaine, avec 2 600 m² de panneaux installés en 2008 et la production d’énergie y dépasse désormais la consommation. Le projet OL Land de Lyon prévoit 41 000 m² de panneaux, l’Olympic Nice Stadium 7 000 m², la rénovation du stade Vélodrome de Marseille 7 000 m² , le Stade du grand ouest de Nantes 4000 m². Pour ce qui est du grand stade de Bordeaux, si on indique une norme BBC (bâtiment basse consommation) aucun chiffre avancé concernant d’éventuels panneaux solaires….

L’eau est un autre aspect central. La norme est actuellement de faire en sorte que les stades soient autonomes grâce à la récupération des eaux de pluie, tant pour l’arrosage de la pelouse que pour les besoin sanitaires. Le futur stade de Nice (7000 m3), comme le stade Vélodrome rénové ou le Grand Stade couvert lillois (800m3) vont dans ce sens. A Bordeaux, l’arrosage sera aussi assuré par la récupération des eaux de toiture (pas de chiffre en m3 indiqué) mais il est mentionné qu’en cas de besoin le complément sera puisé dans l’eau de la Jallère. Compte tenu des risques de sécheresse sur notre région, le prélèvement dans la Jallère pourrait vite devenir la règle et la récupération des eaux de toiture l’exception…

La limitation de l’empreinte écologique passe aussi par la mise en place d’un tri sélectif dans les stades pour le compostage notamment et l’utilisation d’emballages biodégradables dans les points de restauration. Affaire donc à suivre lorsque le stade sera ouvert.

Pour ce qui est des déplacements, son éloignement (12 km du centre ville) limite la venue de spectateurs à pied ou à vélo… Il est du reste souvent dit que le stade « bénéficie » des immenses parkings du parc des expositions. On sait qu’une offre importante de stationnement entraîne une augmentation des déplacements en voiture, les spectateurs choisissant la solution la plus « pratique ». Du coup, le tramway sera moins attractif d’autant que la station « stade » sera un terminus qui évacuera deux fois moins de voyageurs que le positionnement central actuel du stade Chaban sur la ligne A qui permet d’y accéder depuis la rive gauche ou la rive droite.

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