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Cela va donc chauffer… sous la pelouse du nouveau stade de Bordeaux.

SBA (Stade Bordeaux Atlantique) a ainsi annoncé en début de semaine avoir opté pour un système de chauffage intégré au sol pour stimuler la photo-synthèse de la pelouse et faire en sorte qu’en hiver, la température ne descende jamais à moins de 6°C…

La problématique des pelouses dans les stades impose aux gestionnaires d’offrir la meilleure qualité possible pour le spectacle footballistique. Froid et gel sont en effet des facteurs de risque pour le gazon et… pour la qualité du jeu.
L’objectif, en cas de froid, est donc de maintenir le sol hors-gel sans détremper la pelouse.

Jusqu’à présent, les stades bâchaient leurs pelouses et les chauffaient pour les préserver du gel. C’était un système moins coûteux qu’une réfection totale et donc le plus souvent utilisé. En 2012, l’AS Nancy-Lorraine (L1) déclarait quand même avoir utilisé jusqu’à 2 000 litres de fioul par jour pour éviter que la pelouse du stade ne gèle…

Il faut savoir que les instances du football prévoient des amendes en cas de match annulé au dernier moment. Si un club ne met donc pas tout en œuvre pour maintenir un terrain praticable, il peut recevoir une amende de la Ligue de football (de l’ordre de 40 000 euros) plus des frais de dédommagement pour l’équipe adverse. En cas de match télévisé, les frais peuvent même s’élever à 250 000 euros!

C’est ainsi que tous les nouveaux stades ont donc pris en compte cet élément non négligeable pour leurs finances et soignent dorénavant leur pelouse en développant diverses techniques.
Dans le grand stade de Lille, 500 LED de 400 watts sont installés, utilisés 20 heures par jour. Ce qui représentent d’après La Voix du Nord « la consommation moyenne de 145 foyers ». Sans compter les ventilateurs censés aérer la pelouse. Au stade Louis II à Monaco, on trouve même des lampes éclairant les endroits où se portent …les ombres des tribunes.

Mais le coût financier est tout aussi important et ne se chiffre plus en litres de fioul mais en kilowatts. Déjà Sochaux, il y a quelques années, à l’époque seul club français équipé d’une pelouse chauffante, déclarait pas moins de 60 000 euros d’électricité par an.

Aujourd’hui, les nouveaux stades intègrent pour la plupart des panneaux solaires pour réduire la facture énergétique et éviter de réchauffer la planète en utilisant des énergies fossiles ou nucléaires. C’est un mouvement général dans le monde.

Le toit du stade Maracanã à Rio de Janeiro (Brésil) s’est vu recouvert de 1552 panneaux solaires sur une surface d’environ 2 400 m². Cette centrale solaire permettra de produire annuellement près de 500 MWh, soit l’énergie électrique nécessaire à l’organisation d’une centaine de matchs de football nocturnes ou équivalente à la consommation de 240 foyers.

La ville de Fribourg (Suisse) a installé 11 000 mètres carrés de panneaux photovoltaïques, qui génèrent 7,3 MW, soit 0,6 % de la production d’électricité de la ville. L’objectif de cette initiative est de remplacer les sources d’approvisionnement actuelles par des énergies renouvelables pour, à long terme, ne plus être dépendante des énergies fossiles. Chaque année, 90 000 kWh à 110 000 kWh sont produits par la centrale photovoltaïque du stade.

Sur l’Amsterdam Arena de l’Ajax (Pays Bas) sur les 4200 panneaux photo-voltaïques sont prévus, soit 7000 mètres carré, qui produiront 930.000kWh annuellement, soit 10% des dépenses de l’enceinte, ou la consommation de 270 maisons néerlandaises en un an. Le but est, dans une démarche écologique globale, de rendre le stade écologiquement neutre d’ici 2015.

Et en France?

Tous les stades ou presque qui recevront l’Euro en 2016 se sont engagés dans ce mouvement qui touche le foot professionnel.

A Nice, avec l’Allianz Riviera, sera l’un des premiers stades de foot à énergie positive. Il doit produire plus d’énergie qu’il n’en consomme. Une performance qui sera en grande partie due aux 4.000 panneaux solaires qui seront installés sur le toit du stade.( 7.000 m2 ) En plus des panneaux solaires, l’enceinte sera dotée d’un système de ventilation naturelle et produira de la chaleur et de la climatisation grâce à la géothermie. L’Allianz Riviera produira 1.500 MWh/an sur les 25.110 MWh renouvelables voulus d’ici 2020 par la ville de Nice dans le cadre de son Plan Climat Energie.

A Lyon, le Grand Stade de Lyon, sera recouvert de panneaux photovoltaïques transparents. Le bâtiment a l’objectif de présenter lui aussi une balance énergétique positive.

A Lille, le grand stade se verra doté de deux éoliennes et d’une installation photovoltaïque de 200 m 2 qui permettront d’économiser 727 MW d’énergie primaire.

Au stade Geoffroy –Guichard à Saint Etienne, 2600 m² de panneaux ont été installés en 2008 qui produisent annuellement 200.000 kWh d’électricité. Ils représentent l’équivalent annuel d’énergie nécessaire à 60 maisons individuelles

A Marseille, le projet de Vélodrome voté en conseil municipal en 2010 prévoyait 7000 m2 de panneaux solaires.. La mairie, prétextant la baisse des tarifs de rachat de l’électricité solaire, a fait une croix sur ce projet

Et Bordeaux dans tout cela?

Les dossiers presse indiquent que le stade de Bordeaux « va profiter du parking couvert de panneaux solaires du Parc des expositions »… Une manière délicate de dire que le projet n’a pas intégré cette dimension dans sa construction.
Le grand stade de bordeaux sera donc beau, on nous le répète à l’envie, mais n’aura rien d’écolo.
Sa pelouse sera ainsi chauffée mais sans que l’enceinte ne produise un seul kilowatt.
Très loin de l’esprit actuel des nouveaux stades, plus respectueux de la planète.

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