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Pour l’Euro UEFA de 2016, sur les 11 stades qui recevront les équipes, 4 seront flambants neufs: Bordeaux, Lyon, Lille et Nice.

Bien sûr, tous se revendiquent d’une démarche HQE et mettent en avant le respect de l’environnement: insertion dans un espace naturel ou un parc boisé, tramway pour les desservir, gestion des déchets, etc… tous avancent une dimension clairement environnementale. Mais au-delà du discours, nous avons voulu aller plus loin et passer au crible ces 4 nouveaux stades afin de savoir quel projet était le plus écolo.

La première difficulté
a été de démêler ce qui était de l’ordre du projet et ce qui avait été vraiment réalisé; certains ayant nettement rabaissé leurs ambitions.
Ensuite, on peut regretter que les chiffres apparaissent peu dans les dossiers ou les articles de presse très élogieux que nous avons pu trouver.
Si tous affichent une dimension écolo, les informations données restent quelque peu floues sur les réalisations finales: nombre de panneaux photovoltaïques, puissances obtenues ou encore m3 d’eaux de pluie récupérés ou utilisés relèvent parfois de l’énigme. Etonnant pour une communication générale qui ne cache pas sa volonté de faire entrer les stades dans le 21° siècle!

Essayons donc d’y voir plus clair.

Le stade de Nice pour un budget de 245 millions d’euros offrira 35 000 places.
Electricité: L’Allianz Riviera est une véritable centrale photovoltaïque constituée de plus de 4 000 panneaux solaires (environ 7 000 m²) ils ont été intégrés à la membrane d’étanchéité du toit. Inscrit dans le Plan Climat Energie de la ville de Nice, le stade de l’Allianz Riviera doit y participer à hauteur de 1 500 MWh/an, soit trois fois plus d’électricité qu’il n’en consomme.
Géothermie: L’utilisation de la géothermie permet de produire de la chaleur mais aussi de la fraicheur en été. La climatisation naturelle permettra de rafraichir le stade grâce à un mur soufflant qui utilisera les vents dominants de la plaine du Var.
Récupération de l’eau de pluie: Le futur stade de Nice sera pratiquement autonome grâce à la récupération des eaux de pluie, tant pour l’arrosage de la pelouse que pour les besoin sanitaires. La couverture du stade récupère l’eau de pluie stockée dans 4 bassins de rétention situés au niveau des parkings (7 000 m3 récupérés par an) limitant ainsi les consommations. Le but étant d’alimenter les toilettes de l’enceinte, mais aussi le système d’incendie et l’arrosage de la pelouse.

Le stade de Lille entièrement couvert avec ses 50 300 places est pour l’instant le 3ème plus grand de France, derrière le Stade de France (81 338 places) et le Vélodrome (60 031 places). Le coût de la construction est estimé 282 millions € mais 324 millions d’euros avec les aménagements extérieurs. Le financement du projet a été souscrit par Eiffage dans le cadre d’un partenariat public-privé.
Electricité: L’équipement sera équipé de deux éoliennes et d’une installation solaire photovoltaïque de 200 m² qui permettra d’économiser 727 MWh/an.
Géothermie: Rien trouvé à ce sujet dans les dossiers de presse ou sur le net.
Récupération de l’eau de pluie: Le stade dispose d’un bassin de recyclage d’arrosage de 200 m3 et d’une réserve d’eau de pluie de 600 m3, à destination principalement des sanitaires. Il faut savoir que plus de 40 m3 d’eau sont utilisés chaque soir de match.

le Grand Stade de Lyon, prévu pour 58 000 places sera le dernier stade à être construit pour cette coupe d’Europe. Il ne sera opérationnel que fin 2015 et son budget devrait tourner autour des 400 millions d’euros. C’est le seul stade porté à 100 % par son club de foot.
Compte tenu de l’avancée des travaux, nous ne pourrons, pour l instant, que développer les éléments affichés dans le projet initial.

Electricité: Le projet envisage d’installer Entre 4100 et 15 000 m2 de panneaux photovoltaïques.
Géothermie: Il devrait être aussi chauffé grâce à des pompes géothermiques récupérant la chaleur du sol.
Récupération de l’eau de pluie: Un système de récupération des eaux de pluie devrait permettre l’arrosage de la pelouse. Mais aucun chiffre trouvé pour l’instant.

Le nouveau stade de Bordeaux aura une capacité de 43 000 places. Son coût est estimé à 184 M€, pour un partenariat public/privé avec les opérateurs Vinci et Fayat.
Si le dossier presse du stade met en avant la prouesse technique pour la réalisation de ce stade, peu d’éléments sur les différents points qui nous intéressent.

Electricité: Si le projet mettait en avant une couverture composée essentiellement de panneaux photovoltaïques pouvant ainsi alimenter en intégralité les matchs, il semble que le projet ait été revu à la baisse…  C’est ainsi que lors du dernier conseil municipal, d’avril  2015,  il a été voté le raccordement de la production en énergie photovoltaique du stade. On a donc appris que près de 450 panneaux, soit 533 m2 produiront 100kwc. Toujours mieux que rien mais dérisoire pour une couverture totale de 36 000 m2. Depuis le début, comme pour se dédouaner, le gestionnaire et la ville nous indiquent que « le stade va profiter (…) du parking couvert de panneaux solaires du Parc des expositions ». Comme l’ensemble des équipements de la ville de Bordeaux…

Géothermie: Apparemment, rien dans les articles trouvés n’indiquent une quelconque utilisation de la géothermie…
Récupération de l’eau de pluie: Un système de récupération des eaux de pluie pour l’arrosage de la pelouse est prévu, soit 200 m³.

Le stade de Bordeaux apparaît donc comme le moins cher des quatre nouvelles enceintes mais aussi comme le moins volontariste en terme d’écologie. Une déception compte tenu d’un discours très ambitieux de la ville pour une réalisation qui, au final, n est pas à la hauteur de l’enjeu climatique.

Le plus écolo est pour l’instant le stade de Nice en attendant que le stade de Lyon se termine.
Affaire à suivre…

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