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« Pas de publicité de tout, c’est très triste. Ça me rappelle Berlin avant le chute du mur. », cette déclaration du maire de Bordeaux Alain Juppé lors du conseil municipal de janvier 2015 a quelque peu irrité les opposants à la publicité.

L’association « Paysage de France » notamment qui réclame depuis de longues années la dépose de la plupart des panneaux et des abribus illégaux (notamment au nom du respect du code de la route)mais aussi tous les opposants à la publicité, qu’elle soit lumineuse ou pas, comme par exemple l’association RAP (Résistance à l’agression publicitaire) qui a aussitôt réagi en faisant une opération commando et en masquant bon nombre de sucettes de l’annonceur Decaux.

Il faut dire que le débat sur la publicité en ville a été clairement relancé depuis que le nouveau maire écologiste de Grenoble, Eric Piolle, a décidé de ne plus renouveler le contrat qui lie la ville avec l’annonceur Decaux depuis 1976. En déboulonnant les 326 panneaux publicitaires, c’est à dire les 227 « sucettes », 20 colonnes, et 64 grands panneaux de 8 mètres carrés de la ville et en décidant de les remplacer par des arbres, il crée l’événement et donne des idées aux opposants bordelais…

Grenoble va-t-elle donc ressembler à Berlin-Est?
Le raccourci nous apparaît un peu rapide de la part du maire de Bordeaux…
Déjà, il faut savoir que les abribus de Grenoble ne seront concernés qu’en 2019, date de la fin du contrat. Que cette décision sur les panneaux n’interdit pas les enseignes des magasins, les pré-enseignes, les panneaux d’affichage libres, les publicités sur les voitures, sur les camions, les bus,… et qu’enfin la publicité n’est pas la seule à égayer la ville. Si on considère la publicité comme une animation joyeuse…

Alors pourquoi une telle opposition de la mairie de Bordeaux à cette décision?
Au-delà du positionnement « idéologique », il faut savoir que la publicité représente une manne financière pour les villes : 1 088 024 euros au budget 2013 pour la ville de Bordeaux. Mais cette somme englobe la totalité des recettes publicitaires, enseignes, préenseignes, panneaux,… La réalité de la somme tournerait aux alentours de 500 000 euros.

Le nouveau règlement local de publicité intercommunautaire sera-t-il plus contraignant que celui de la ville de Bordeaux?

La dernière révision du règlement local de publicité pour la ville de Bordeaux date de mars 2011. Les annonceurs avaient deux ans pour se mettre en conformité, c’est à dire pour retirer une certaine quantité de panneaux devenus illégaux. Mais comme entre temps la communauté urbaine a lancé au début de 2013 une procédure pour un règlement local de publicité à l’échelle de l agglomération, cela a repoussé à nouveau l’échéance pour les afficheurs. Le nouveau RLPI devrait être voté en 2015, ce qui certainement permettra aux panneaux illégaux de perdurer encore quelques temps…

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