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Masque à gaz, coll. Historial ©Y.Medmoun
Avec le retour de l’anticyclone sur Bordeaux, les épisodes de pollution risquent à nouveau de faire parler d’eux.
Pour l’instant en ce début du mois de mars, si quelques jours « médiocres » sont à signaler, pas de grosses alertes comme sur Paris.

Notre agglomération est-elle toujours ainsi épargnée?

Actuellement, voilà ce que l’on peut lire sur le site de la ville de Bordeaux:
« Si une pollution de l’air venait à menacer Bordeaux, la circulation automobile dans la ville pourrait faire l’objet de restrictions assez sévères. Le cas ne s’est encore, fort heureusement, jamais produit, mais il est prévu et modélisé par la Préfecture de la Gironde. »
Pas vraiment rassurant…
Et étonnant, quand on sait qu’en 2014, Airaq, association agréée pour la surveillance de la qualité de l’air en Aquitaine, a enregistré 11 journées de dépassement des seuils réglementaires dont 1 au niveau 2.
En 2013 déjà, des alertes avaient été déclenchées 26 fois dont 4 fois … au niveau 2.

Rappelons que l’alerte de niveau 1 dite « information et recommandations » est déclenchée à partir de 50 microgrammes par mètre cube pour les PM10 (particules de diamètre inférieur à 10 microns par mètre cube d’air)
L’alerte passe au niveau 2, à partir de 80 microgrammes par mètre cube.

Ces niveaux d’urgence sont-ils à prendre à la légère?.

Ils prennent en compte les polluants les plus problématiques dont le dioxyde d’azote (NO2), l’ozone (O3) et les particules (PM).
Ces concentrations de substances polluantes dans l’atmosphère présentent donc un risque pour la santé.
Elles sont accusées de causer de l’asthme, des maladies cardiaques, des inflammations des voies respiratoires, voire des cancers.
L’institut de veille sanitaire (InVS) a, du reste, encore dernièrement confirmé que les PM 10 étaient un facteur aggravant de mortalité à court terme dans les grandes villes.

Les principaux responsables sont-ils connus?:

Conditions météo anticycloniques avec soleil sans vent, feux de cheminée et trafic routier, réunis ensemble, forment un cocktail détonnant qui provoque un effet couvercle sur Bordeaux, empêchant ainsi les particules de se disperser.

Alors des solutions concrètes existent-elles?

On le sait: les actions d’urgence ne s’attaquent pas à la cause du mal mais cherchent à limiter les effets pour protéger la population.
C’est ainsi qu’ en cas d’alerte pollution, la préfecture a la possibilité de prendre des mesures coercitives.

Pour l’instant, la seule mesure « radicale » appliquée sur Bordeaux, suite à un pic de pollution, le 14 mars 2014, a été d’instaurer la gratuité des transports publics jusqu’au week end.
Une première sur Bordeaux métropole qui aurait mérité certainement d’aller beaucoup plus loin.

Des solutions existent-elles pour lutter contre cette pollution ?.
Certaines d’entre-elles sont d’ores et déjà appliquées par quelques grandes villes:

– Généralisation des zones 30
– Baisse de la vitesse de 20km/h sur la rocade (déjà instauré sur Strasbourg, l’Ile de France ou Grenoble)
– Développement des itinéraires cyclistes sécurisés
– Accroissement de l’offre d’auto-partage
– Utilisation de la 3ème voie de la rocade au covoiturage et aux transports en commun
– Mise en place d’une circulation alternée pour les véhicules diésel
– Mise en place de zones de circulation à basse émission de particules ou zones d’action prioritaires pour l’air (Zapa) afin de limiter l’accès des véhicules les plus polluants.(en Europe, 169 zones de ce type existent déjà)

Et des solutions encore plus radicales existent, comme le péage urbain qui obtiennent des résultats. C’est ainsi que Londres, depuis cette mesure, est devenue la quatrième ville la moins polluée.

Alors si on changeait d’air?

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