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Un stade « moderne, sublime, nouvelle génération« … actuellement les reportages et articles de presse sur le nouveau stade de Bordeaux ne tarissent pas d’éloges pour faire la promotion de cette nouvelle enceinte sportive.
Mais ce stade est-il aussi avant-gardiste qu’on veut bien nous le répéter?

Depuis quelques années maintenant, les instances internationales du football professionnel mettent en avant leur volonté de respecter l’environnement.
Toits végétalisés, récupération d’eau de pluie, retraitements des déchets, éco-construction, transports propres,… les stades se mettent aujourd’hui au vert.

Et l’élément le plus emblématique de cette nouvelle tendance est l’installation systématique de panneaux photovoltaïques sur les toits des stades.

toit solaire Panneaux solaires sur stade.

Il faut dire que ce sont des surfaces idéales pour installer des panneaux photovoltaïques. D’autant qu’un stade consomme pas mal d’énergie les soirs de match.
Le Stade de France à Saint-Denis consommerait un soir de match 5 MWh (5 000 KWh), soit la consommation annuelle d’1 foyer français. On comprend mieux la réflexion générale induite sur l’auto-production d’énergie pour ces enceintes sportives.

40 L’Estádio Nacional Mané Garrincha de Brasilia

C’est ainsi que lors de la coupe du monde de 2014, le Brésil avait déjà annoncé son ambition de faire de sa Coupe: « la plus écolo » de l’histoire du football.
Le stade de Rio de Janeiro (78 000 places)par exemple a donc été équipé de 1552 panneaux solaires sur une surface d’environ 2 400 m² pour une production annuelle de près de 500 MWh, soit l’énergie électrique nécessaire à l’organisation d’une centaine de matchs nocturnes.

Déjà en Europe, les grands stades Anglais ou Allemands avaient ouvert la voie.
Dès 1996, le club de football allemand SC Fribourg a équipé son toit de panneaux photovoltaïques. 11 000 mètres carrés de panneaux photovoltaïques installés, qui génèrent 7,3 MWh, soit 0,6 % de la production d’électricité de la ville (avec comme originalité 2 500 m² de panneaux financés par les habitants de la ville.)

stade breme Stade de Brême.

Aujourd’hui, tous les grands stades en Europe se couvrent de panneaux solaires.
Amsterdam stade de l’Ajax avec 7000m2 de panneaux solaires produit 930 MWh par an
Berne Stade Wankdorf (32 000 places) 12 000 m² produisant 1 300 MWh d’électricité par an.

Prague Stade de Prague.

Et ce mouvement est dorénavant mondial.
Le Stade de Taiwan (50 000 places) produit 1 140 MWh pour 14 155m2.
Dernières réalisations en date, pour la coupe du monde au Qatar en 2022, toutes les enceintes seront climatisées grâce à l’énergie solaire pour permettre ainsi aux joueurs d’évoluer dans les meilleures conditions. (Mais pas très développement durable…)

En France aussi, les nouveaux stades qui recevront les équipes engagées pour la prochaine coupe d Europe ont recouverts leur toit de panneaux photovoltaïques.

Lyon, le projet prévoit 24 000 m2 de panneaux solaires sur le toit.
Nice, 4 000 panneaux solaires produiront jusqu’à 1500 MWh/an.
Saint Etienne, 2600m2 de panneaux solaires pour une Production annuelle de 205 000kWh.
Lille,le stade devrait recevoir aussi des panneaux solaires, on attend le résultat final avec impatience.

Mais ce n’est pas l’apanage du foot, les structures sportives des autres disciplines s’y mettent aussi: A Nantes, le toit du stade d’athlétisme du Grand Ouest recevra 4 000m² de panneaux solaires.

Et Bordeaux dans tout ça?

stade toit Stade de Bordeaux: cherchez les panneaux.

Le nouveau stade de Bordeaux, selon le dernière séance du conseil municipal, aura 450 panneaux sur 533m2 pour une toiture de 36000m2, soit une production de 100kwc. .
Toujours moins que rien, mais très en dessous de ce qui se fait ailleurs…
Mais pour ne pas avoir l’air d’être trop décalé, depuis le début de ce projet, le gestionnaire et la mairie communiquent largement sur les ombrières du parking du parc des expositions proches du stade. On nous dit ainsi que le stade bénéficiera de cette production d’énergie renouvelable. Ce qui est exact… mais comme l’ensemble des bâtiments municipaux de la ville.

Car les ombrières du lac ont été réalisées bien avant ce stade et pas dans l’unique but d’éclairer les seuls jours de match. Hugues Martin, à l’époque adjoint au maire, présidait, aussi la société bordelaise des équipements publics d’exposition et de congrès (SBEPEC), initiateur du projet et propriétaire du parking. Il déclarait a l’époque lors de la présentation à la presse de cette magnifique réalisation : « Le parking a aussi vocation à accueillir les visiteurs du futur grand stade, prévu à proximité ».

Ces panneaux solaires avaient été installés pour alléger la facture électrique de la ville de Bordeaux (objectif: 23 % d’énergies renouvelables pour la consommation de l’ensemble des bâtiments municipaux) mais pas pour justifier les insuffisances du nouveau stade.

Si la presse pouvait titrer, il y a quelques temps: « le stade de demain sera écolo » ou encore  » les stades seront green »; ce sera sans le stade de Bordeaux qui fait bien pâle figure en matière de développement durable.

Voir aussi sur le sujet:

https://ecolobordeauxblog.com/2015/01/24/quel-stade-zero-de-l-ecologie/

https://ecolobordeauxblog.com/2014/09/15/les-ombrieres-du-parc-des-expositions/

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