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IMG_2035 La chaleur revient en ville. A l’ombre de leurs parasols, les cafés font le plein. Les arbres des places de Bordeaux voient se regrouper autour d’eux les badauds qui quittent les bancs exposés au soleil pour rechercher l’ombre. C’est que, quand le mercure du thermomètre avoisine les 35 degrés, il est nécessaire de se mettre à l’abri et de rechercher la fraîcheur que peuvent procurer les végétaux et les fontaines. La température en ville, en effet, est généralement plus fraîche près des grands végétaux, des fontaines, du fleuve. Il est certainement plus doux de faire la sieste au jardin public que sur les bancs de la place Pey Berland. Ces lieux communs vous paraissent évidents? Pourtant, le 27 mai 2013, le conseil municipal a tout de même voté un partenariat entre la ville et l’association climatologique de moyenne Garonne (ACMG) pour une étude sur les îlots de chaleur urbains. Cette étude achevée en décembre 2014 avait pour objectif d’aider la ville à mettre en place des actions concrètes de lutte et d’adaptation au changement climatique. Les grands moyens ont donc été lancés via une télédétection thermique et diagnostic pendant les périodes estivales afin d’établir une carte de la ville des îlots de fraîcheur et de chaleur. L’objectif de ce partenariat semble d’une évidence de simple bon sens: « A partir de l’ensemble de ces mesures, connaissances, échanges et expertises accumulées, nous espérons être en mesure de prouver l’intérêt de la végétation et de l’eau pour le rafraîchissement passif et durable des espaces publics dans le but d’atténuer l’effet des températures élevées et d’améliorer les conditions de vie des citoyens » IMG_2024 A Bordeaux, vingt ans d’aménagement de places toutes aussi minérales les unes que les autres, pour en arriver à la nécessité de cette étude sur les îlots de chaleur: place Saint Projet, place Pey Berland, place des commandos de France(entre Gambetta et Mériadeck), place du Palais, place Fernand Lafargue, place de la victoire… autant d’aménagements qui n’ont absolument pas tenu compte d’une logique climatique mais d’une vision purement esthétisante, architecturale. Le résultat aujourd’hui est que les Bordelais prennent le frais à l’ombre des arbres de la place Gambetta (dont l’existence pourrait être remise en cause dans le cadre du réaménagement en cours), sous les platanes, près de la fontaine de la place Saint Christoly, dans les parcs et les jardins de la ville ou encore s’arrosent allègrement au miroir d’eau. La logique des villes du sud(Aix, Toulouse, Béziers, Narbonne,…) n’a pas été respectée. Ces cités offrent à leurs habitants des places où l’ombre à toute sa nécessité et permet une convivialité forcément plus forte que certaines de nos places désertées, pour cause de trop grande chaleur. D’autres villes, comme Montréal, mènent des politiques de lutte contre les îlots de chaleur depuis fort longtemps. Dès 2005, la capitale Québécoise  a mis en place une politique forte de l’arbre, l’arbre étant en effet un moyen de lutte très important contre les îlots de chaleur. Car on le sait depuis fort longtemps, les zones urbaines boisées sont de 2 à 8 °plus fraîches que le reste de la ville, comme le confirme une étude de la communauté urbaine de Lyon. Ainsi, les solutions techniques existent. Et ce n’est pas une énième étude dont nous avons besoin à Bordeaux, mais d’actes politiques forts sur ces questions. Pour finir, notez que ce partenariat sur les îlots de chaleur a tout de même coûté à la ville de Bordeaux la modique somme de… 20 000 euros.

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