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Une réunion avec quelques riverains… et voilà un projet municipal validé et co-construit avec les Bordelais.
Un projet d’aménagement urbain prévu sur un secteur, une réunion d’information … et voilà la réalisation finale co élaborée avec les habitants.

La municipalité aime mettre en avant la démocratie participative et afficher un langage de coopération et de participation citoyenne.

Inscrite à l’agenda 21 de la ville de Bordeaux, la démocratie participative se veut du reste, une pièce maîtresse dans la gestion municipale, le but étant de  » soutenir, valoriser, accompagner et faciliter l’émergence de projets collectifs d’initiative citoyenne (type FAEP) » peut on lire dans le bilan 2009/2013 de l’agenda 21.

Alors concrètement comment cela se passe-t-il?

Dès 1995, les conseils de quartier ont été installés à l’échelle de la ville.
Dans ces nouvelles assemblées ouvertes aux habitants d’un quartier, les élus de la majorité ont, à cette époque, essuyé quelques plâtres… Présidés par le maire ou par les adjoints, les conseils de quartiers se réunissent au moins 2 fois par an.
C’est souvent pour certains riverains l’occasion de dénoncer les incivilités des uns et des autres: poubelles non rentrées, crottes de chien, cyclistes délinquants,…la gestion municipale du quartier, vue au ras du trottoir, clôture bien souvent ces réunions.
Mais c’est surtout un formidable lieu de communication pour la politique du maire qui permet aux élus de présenter les projets de la ville et du quartier.
Les opposants qui se sont essayés à une quelconque critique, ont rapidement compris que ce n’était ni le lieu, ni le public concerné par les joutes politiciennes.

Ces temps d’échanges permettent-ils une vraie concertation avec les habitants?

Souvent critiqués, ces conseils de quartier ont depuis leur création connu plusieurs formules. La dernière, qui date des dernières élections municipales, a institué une nouvelle formule avec des commissions permanentes par quartier.
Au départ largement favorables, par leur représentation, à l’équipe municipale, ces commissions, ont su évoluer pour tenter d’obtenir une meilleure représentation des habitants.
Dorénavant, quartier par quartier, un collège est désigné par le maire sur proposition du maire-adjoint de quartier, choisi parmi des personnalités « qualifiées » et des « habitants volontaires », un autre collège est tiré au sort sur les listes électorales,..
En plus de veiller au respect de la parité, quatre postes de conseillers de quartier sont réservés à des jeunes âgés de 18 à 25 ans. Chaque commission se réunit environ 5 fois par an.
Répartis, sur les huit quartiers de la ville, les 320 membres sont désignés pour une durée de trois ans.

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Alors vraie démocratie participative?

Pas encore tout à fait car si la municipalité a su gommer les premières formules qui leur étaient largement favorables, la volonté de contrôler ce qui se passe dans ces commissions demeure.

Tout d’abord, si un habitant est bien élu parmi les membres à un poste de vice-président(e), c’est toujours le maire adjoint de quartier qui préside ces réunions. . Car le but de ces assemblées est d’ accompagner la mairie sur les sujets relatifs à la vie de leur quartier, les élus ne voyant pas d’un très bon oeil de ne pas maîtriser totalement ce qui s’y passe. Et comme se plaît à le répéter le maire, c’est au final le conseil municipal qui vote les décisions finales.

D’autre part, le maire adjoint, reste le référent sur les décisions soumises à la décision de la commission. C’est lui qui organise et oriente les débats, soumet les dossiers établis par les services techniques, fait passer ce qui doit l’être,… La commission n’a qu’un rôle consultatif.

Car la fonction première de ces commissions est d’aider le maire adjoint de quartier à répartir notamment les subventions du FIL (fonds d’intervention local), c’est à dire les subventions versées principalement aux associations du quartier. Cette somme est prise sur le budget municipal et calculée en fonction du nombre d’habitants, avec une prime supplémentaire pour les quartiers de la politique de la ville.

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L’opposition municipale estime qu’il serait possible d’aller beaucoup plus loin, à l’exemple des expériences de Porto Alegre, New York ou plus récemment Paris qui soumet au vote des Parisiens 5% du budget d’investissement de la Ville. C’est ainsi que cette année, 15 projets urbains sont soumis au vote des parisiens jusqu’au 15 septembre: jardins pédagogiques dans les écoles, piscines éphémères, végétalisation des murs, création d’un espace de coworking, rénovation de kiosques à musique,…

Une autre critique porte donc sur la place trop importante de l’élu municipal qui préside conseil de quartier et commission. Un habitant, élu au sein de ses pairs, pourrait très bien orchestré tout cela.
Cela permettrait un meilleur contrôle democratique, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.
Actuellement, après consultation auprès des commissions permanentes, l’élu municipal décide au final tout seul des points qui seront proposés au vote du conseil municipal.

La démocratie participative a donc encore besoin de s’affranchir de l’exécutif pour réellement s’épanouir sur Bordeaux.

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