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Les Bordelais aiment les feux d’artifice qui illuminent et mettent en valeur leur ville.

La municipalité , comme de nombreuses mairies, l’a bien compris. Ces spectacles pyrotechniques participent à l’animation d’une cité, font quasiment l’unanimité et sont des spectacles familiaux par excellence.
14 juilet, Fête du fleuve, fête du vin, toutes les occasions sont bonnes pour illuminer le ciel de Bordeaux.
Et sur Bordeaux, on ne boude pas son plaisir, allant même jusqu’à les multiplier chaque soir lors des fêtes du mois de juin…

Cette semaine encore, avec le 15e symposium international de feux d’artifice qui se tient en Gironde, le ciel de la capitale régionale s’embrasera à nouveau deux soirs, une fois en ouverture et une autre, en clôture de cette manifestation internationale, qui réunit 300 à 400 experts venus du monde entier, pour parler technique et matériel.

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Mais ces feux ont-ils un impact sur notre environnement?

Il faut savoir que ces festivités ne sont pas sans conséquence pour l’environnement.

Tout d’abord, les soirs de feux d’artifice, la première pollution est due au flot des spectateurs qui se dirigent vers le lieu du rendez-vous.

La concentration sur une courte période d’un nombre conséquent de Bordelais, provoquent bouchons de voitures et par voie de conséquence concentration de CO2.
D’autre part, les trams ne fonctionnant plus, la plupart du temps, compte tenu d’un trop grand nombre de personnes sur les quais, tout ceci n’aide pas à la qualité de l’air…

Ensuite, le feu d’artifice est un concentré de produits chimiques
: souffre, magnésium , chlore, sulfure, aluminium, titanium, magnésium, cuivre,… Autant de polluants, qui lors des tirs des feux de Bengale, chandelles, fusées ou autres bombes,… Sont libérés en même temps que les millions de particules et de poussières très fines. De plus, pour propulser en l’air ces engins pyrotechniques, on utilise aussi une poudre qui est un mélange de soufre, de charbon et de salpêtre.
L’atmosphère est donc directement impacté et en fonction des vents, on peut retrouver ses polluants dans l’environnement proche.

Toutes ces particules se retrouvent donc dans l’atmosphère.
C’est pourquoi ces dernières années de nombreuses études dans le monde tentent de connaître les conséquences d’un feu d’artifice sur la nature.

Selon un étude canadienne réalisée par la ville de Montréal, ces particules seraient 5 fois plus polluantes que celles du smog.

Des chercheurs américains ont examiné les données de 315 sites à travers les États Unis, ont démontré que lors de leur fête nationale, le 4 juillet, les niveaux de poussière, saleté et particules dans l’air augmentaient de 42% sur l’ensemble du pays. Sur 10 sites analysés, le dépassement du seuil de pollution a même été jugé dangereux par l’Agence américaine de protection de l’environnement.

Une étude réalisée à Hawaï a confirmé que l’on peut retrouver des particules cancérigènes à des taux anormalement élevés dans l’air après un feu d’artifice, et que ces polluants peuvent contaminer l’eau, les plages et la terre quand ils retombent.

En Allemagne, les 10 000 tonnes utilisées sur une année ont dégagé quelques 2 300 tonnes de CO2 et le 1er janvier est le jour de l’année qui concentre le plus grand nombre de particules toxiques, jusqu’à 4 000 microgrammes par mètre cube.

Pour finir, les contenants qui servent lors des tirs ne sont pas toujours récupérés. Si les artificiers ont fait de gros progrès pour réduire les déchets rejetés en utilisant des produits, pour la plupart biodégradables, il en reste encore qui finissent dans l’environnement.

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Si certaines villes se sont engagés à organiser la récupération de ces matériaux utilisés qui retombent: coque contenant la poudre, obus de mortiers, soleils, fusées,… Ce n’est pas toujours le cas.

Aux Etats-Unis, suite à des actions en justice, des autorisations spéciales sont dorénavant données notamment pour les feux d’artifice tirés sur la mer.
Les entreprises pyrotechniques doivent rendre compte des moyens utilisés, des quantités de débris qui retombent dans l’Océan et informer sur le type de nettoyage prévu.
Tout ceci afin de limiter au maximum l’impact environnemental et protéger la qualité de l’eau de mer
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On peut donc légitimement interroger la mairie de Bordeaux sur les impacts des feux d’artifice sur notre ville
et les précautions prises par les artificiers pour éviter une pollution notamment du fleuve et de notre environnement. Etonnamment, rien dans l’agenda 21 de la ville sur cette question.

L’idée n’étant pas de les interdire mais de les surveiller efficacement.

De la même manière, on peut s’interroger sur la durée de ses feux d’artifice sachant que plus ils sont longs, plus ils augmentent les pollutions et les nuisances.
L’heure est partout aux économies et aux respect de l’environnement, il serait juste que les feux d’artifice réduisent aussi leurs prétentions.
Moins longs et plus respectueux de l’environnement, la fête n’en serait que plus belle!

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