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Quand la ville de Bordeaux aménage des jardins sur de vieux sites pollués ou d’anciennes friches industrielles, on ne peut qu’être satisfait.

C’est ce qui a été réalisé, dès 2010, sur la rive droite avec le parc aux Angéliques.
Cet aménagement, situé en zone inondable, a permis d’intégrer la zone Natura 2000 tout en rendant à la nature son espace et sa végétation initiale.
Compte tenu des risques d’inondations, régulières sur cette zone, cet aménagement permet surtout grâce à ces surfaces naturelles préservées de favoriser plus rapidement la pénétration dans le sol de l’eau lors de crues importantes.
Les berges sont donc laissées à la végétation, ce qui donne à ce parc aux Angéliques un aspect très naturel.
Les Bordelais ont du reste très rapidement adopté ce site qui est devenu un endroit de pique- nique très prisé avec vue imprenable sur la façade des quais du port de la lune..

Le mois dernier,(octobre 2015), c’est le coté du secteur Deschamps (entre pont de pierre et pont St Jean) qui a été ouvert au public.
Plus de 36 000 végétaux sur les 2 hectares et demi de ce nouveau parc y ont été plantés sur ces terrains pollués par des années d’activités industrielles du port autonome… La nature ainsi reprend ses droits pour le plus grand bonheur des bordelais qui voient un nouvel espace nature en ville qui devrait être totalement terminé pour 2017.

La mairie, avec ce parc aux Angéliques, reverdit les quais et regagne un peu d’espaces verts dans une ville encore très minérale.

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Mais c’est malheureusement un processus inverse qui semble enclenché, du côté du lac.

Après avoir autorisé la construction d’un stade de foot sur une zone ZNIEFF (Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique), la mairie semble vouloir continuer l’aménagement urbain de ce secteur.
Ce sont les élus EELV au conseil municipal qui ont révélé à la presse l’existence d’un nouveau vaste projet immobilier en pleine zone humide, juste derrière le Matmut Atlantique.

Avec ce nouveau projet, la ville s’étendrait à nouveau sur une vaste zone naturelle qui compte actuellement 26 hectares.
C’est l’agence de l’urbaniste Nicolas Michelin qui est à la manoeuvre pour le compte de Bordeaux Métropole.
Dans cette étude, un nouveau quartier multifonctionnel est prévu avec extension d’une zone de bureaux, de commerces et de 1200 logements sur 280 000 m2 de surface plancher.
Comme toujours pour mieux justifier ce nouvel aménagement urbain, l’étude parle, bien entendu, de « corridor écologique », de « clairières », de « noues » et de « trame verte », afin de justifier un projet qui doit aménager plus de 15 hectares de zones humides.

En quelque sorte, sur Bordeaux lac, la ville reprend, à la nature, ce qu’elle consent à rendre sur les quais de la rive droite.
Mais à l’heure des problématiques d’étalement urbain, d’imperméabilisation des sols, de biodiversité, d’agriculture urbaine,…
Bordeaux aurait gagné à privilégier un tout autre projet plus en adéquation avec le discours de son maire, actuellement très développement durable.

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