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Le Jardin de ta soeur , c’est un jardin de 7 000m2  au coeur des Chartrons, dans le secteur  Dupaty, rue Chantecrit, qui a été gagné de haute lutte, en juillet 2003, par les habitants du quartier.

C’est en effet une dynamique citoyenne qui a été à la base de la création de ce jardin.     En réquisitionnant,  à l’époque cette  friche dans ce quartier, qui manquait cruellement d’espaces verts, cette initiative des habitants avait  permis de fédérer bon nombre d’acteurs associatifs autour de cette idée d’aménagement urbain.  Aidés par le Centre Social et Culturel Bordeaux-nord et l’association Bruit du Frigo,  les habitants  avaient alors créé  un jardin sur ce terrain que les promoteurs convoitaient.

C’est ainsi qu’en dix ans, avec  le soutien de la municipalité,  au départ pas forcément convaincue du bien fondé de la démarche,  les habitants ont su donner une vraie identité à ce jardin.

Car cet espace vert n’a jamais été vraiment comme les autres.  De par son histoire, un collectif gère ce jardin,  il est toujours resté atypique comparativement aux autres espaces verts de la ville.  Si on y trouve comme partout ailleurs:  espace aménagé, aire de jeux pour les enfants, potager, … il est surtout défini par ses créateurs comme  « un laboratoire de créations et d’expérimentations ». Régulièrement les riverains s’en servent pour les fêtes de quartier, pour installer  des créations éphémères (sculptures, cabanes, jeux…) et surtout pour partager des temps de  création artistique, d’animations, de  jardinage,  de bricolage, d’expression, bref du lien social.

Mais depuis quelques temps,  un projet  d’implantation d’une école temporaire pose la question de la survie de cette démarche collective.

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Depuis l’abandon du projet de construction d’une école, rue de la Faïencerie, du fait de la découverte d’une pollution radioactive dans le sol,  la mairie a du rechercher rapidement une solution de repli, dans ce quartier en plein boom immobilier.  Avec les nombreux  nouveaux logements des Bassins à flots, les familles qui s’installent doivent pouvoir scolariser leurs enfants au plus vite.

Car si la Ville a d’or et déjà trouvé un nouveau terrain, au niveau des rues Bourbon et Pagnol,  et  avancé la construction d’une deuxième école prévue rue Delbos, côté Bacalan, les rentrées scolaires à venir restent problématiques tant que ces  écoles ne sont pas construites.
C’est donc la décision d’une école provisoire avec des modules préfabriqués qui a été retenue.  Et c’est le  jardin de ta soeur qui accueillera,  normalement pendant au minimum trois ans,  cette école provisoire qui comprendra plusieurs classes, une cantine, une garderie et  un hall d’accueil.

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La démarche collective autour du jardin de ta soeur est donc remise en cause… sans discussion.

Une réunion publique, mise en place par la Mairie de Bordeaux, a bien eu lieu le 07 janvier 2016 pour présenter aux habitants du quartier ce projet d’implantation d’une école modulaire sur une partie de ce jardin. Mais sur le site  du jardin de ta soeur ( http://www.jardindetasoeur.org/ ) on peut y lire que  les associations déclarent  ne pas avoir été officiellement invitées. Une pétition est du reste lancée sur ce site : « Pour une solution durable au problème de sureffectif dans les écoles de Bordeaux maritime! » https://www.change.org/p/madame-cuny-madame-delattre-pour-une-solution-durable-au-probl%C3%A8me-de-sureffectif-dans-les-%C3%A9coles-de-bordeaux-maritime?recruiter=46539021&utm_source=share_petition&utm_medium=email&utm_campaign=share_email_responsive

Car les principaux utilisateurs de ce jardin (centre social et familial Bordeaux-Nord, le Quai aux Livres, le collectif Bordonor, les écoles Dupaty et  Joséphine, le collectif du jardin de ta sœur,…) regrettent surtout n’avoir pas  pu donner leur avis sur ce projet municipal. Ils s’étonnent d’autant que, depuis toutes ces années, ils ont travaillé  avec la mairie et les services techniques  à l’évolution de ce  jardin. Aujourd’hui mis devant le fait accompli, ils se sentent dépossédés et s’interrogent sur le devenir de leur démarche collective.

Ce qui pose  problème, ce n’est donc pas uniquement le sort réservé à ce jardin,  c’est surtout que la mairie semble avoir décidé, seule, sans avoir associé les différents intervenants  de cette dynamique collective  et  sans en avoir débattu avec les principaux intéressés.

Il semble donc que la démocratie participative n’ait pas suffisamment pris racine au  Jardin de ta soeur.

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