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Au fur et à mesure que les différentes phases de construction du quartier Ginko se réalisent,  les Bordelais se rendent mieux compte, sur le terrain, de ce qui est en train de se passer entre les rives du lac et l’ hyper marché de Bordeaux Lac…

A l’origine, ce  projet immobilier devait être révolutionnaire. La communication des promoteurs et de la municipalité surfait largement sur la vague des éco-quartiers qui se développent, encore aujourd’hui, partout  en France. Or avec les bâtiments qui sortent actuellement de terre, le projet Ginko prend des allures de cité dortoir des années soixante et soixante-dix. Quatre-pavillons à Lormont, La Morlette à Cenon ou cité du Grand Parc qui n’ont parfois rien à envier  au quartier Ginko, en matière de jardins  ou de grands espaces.

Petite revue de détails.

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Le but premier d’un écoquartier est normalement de réduire l’impact du bâti sur la nature. Pour l’instant, c’est loin d’être gagné!  On cherche actuellement la nature et il  y a, pour l’instant, plus de grues de chantiers… que d’arbres.  Car si du côté des berges du lac et du futur parc Denis et Eugène Bühler  l’impression de verdure et d’espace  sera au final certain; sur d’autres secteurs,  les surfaces gazonnées et arborées resteront quelque peu  anecdotiques. Car la nature est, parfois,  loin d’être gagnante sur certains îlots. On voit même mal  comment  la biodiversité pourrait s’y développer et  comment flore et faune locales pourraient s’y épanouir, comme il est généralement demandé dans le cahier des charges des écoquartiers.

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En effet, si de nombreux articles de presse interrogent des locataires heureux de leur vue sur le lac et sur la nature environnante, d’autres  bâtiments sont moins bien situés,  avec vue plongeante sur le salon ou la chambre du voisin. Sur certains îlots de Ginko, les espaces de circulation pour les habitants, restent à minima. Cette sensation interroge sur la volonté d’en faire un quartier durable pour ses habitants et accueillant pour la nature… La densification de notre métropole ne doit pas se faire au dépens de ses habitants et de la qualité de vie.

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Ces bâtiments doivent répondre, de plus,  à des exigences très strictes en matière de consommations avec si possible le recours  aux énergies renouvelables. Un certain nombre d’îlots  n’étant pas réalisé, il est difficile de se prononcer encore sur ce point.  Ce qui est positif,  c’est quune chaufferie biomasse est bien en place, même si son démarrage a été quelque peu difficile  avec le recours au gaz notamment, pour fournir les premiers bâtiments en eau chaude et en chauffage.

Un écoquartier doit aussi inciter à limiter l’utilisation de la voiture en favorisant les transports doux (tramway, bus, vélo, marche à pied). Si le tramway traverse bien  Ginko, il semble que les premiers conflits d’usage entre  riverains concernant les quelques places de parkings démontrent que ce n’est pas encore totalement gagné!  Nous sommes donc très loin de l’interdiction totale de l’usage de l’automobile comme c’est le cas sur certain écoquartiers…D’autre part, la proximité d’Auchan Lac et les bouchons  pour y entrer ou en sortir ne donnent pas vraiment l’impression d’un quartier préservé de la voiture, bien au contraire.maquette ginko 2

Dans un écoquartier digne de ce nom, les habitants sont impliqués, dès la conception, du quartier. Cela n’a pas été le cas sur les berges du lac,  qui a été pensé et vendu,  clé en mains par le promoteur Bouygues immobilier. La concertation qui devrait être au coeur de ce processus n’est donc pas encore vraiment à l’oeuvre,  compte tenu d’une population nouvelle sur ce quartier. Il faut dire qu’avec près de 60 à 70 % de logements en location, difficile de mobiliser des habitants qui n’adhèrent pas tous forcément au concept de départ. D’autant que tous les bailleurs n’assurent pas toujours ensuite le service après vente en matière d’écologie urbaine…

C’est du reste la raison pour laquelle le promoteur des Berges du Lac, a décidé de  financer  l’association Unis-Cité, composée de volontaires du service civique, pour initier les habitants aux éco-gestes. Mais  la greffe du développement durable va certainement demander un peu plus de  temps pour prendre.

En matière économique, si normalement des services et des magasins devraient  voir le jour,  la présence  de l’imposant voisin Auchan-Lac risque de peser sur la pérennité de certains de ces commerces de proximité.

Alors  Ginko, quartier durable? Seules, les prochaines années nous diront si ce quartier saura se développer en ce sens où s’il  viendra s’ajouter à la longue liste des quartiers dortoirs de notre Métropole…

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