Mots-clefs

, , , ,

images

Depuis la loi de transition énergétique d’août 2015, imposée par une directive européenne, qui a décidé  le remplacement de nos anciens compteurs électriques, étalé jusqu’en 2021; Enedis, ex-ERDF, installe le nouveau boîtier Linky sur notre territoire. A cette date, tous les foyers de notre métropole devront en être équipés.

Tous?   C’était sans compter sur l’opposition de quelques irréductibles qui trouvent que malgré toutes les qualités vantées par les promoteurs de cette nouvelle technologie, ce compteur Linky pose tout de même quelques problèmes.

Un boîtier intelligent pour le bien de tous.

Pour Enedis, ce nouveau compteur permettrait au ménage de payer leur facture en tenant compte de leur consommation réelle et non plus, comme actuellement calculée sur des estimations. Mais surtout, cette connection en temps réel permettrait à chaque foyer de faire des économies en ayant une meilleure connaissance de ses consommations.

Il semble que pour l’instant, rien ne soit vraiment prouvé et que le gain énergétique oscille entre 1 et 10 % d’économies…  Car en réalité, le bénéfice éventuel de cette technique reste très dépendant de l’implication des foyers  où ont été installés ces nouveaux boitiers Linky. La maîtrise de la consommation électrique passe donc plus par des changements de comportement que par cette nouvelle technologie. Ce nouveau compteur peut certainement apporter une meilleure connaissance de sa pratique quotidienne, à condition qu’on s’y intéresse un tant soi peu. Sans cela, ce nouveau boîtier ne sera pas plus utile aux différents consommateurs que les anciens compteurs.

Un gain, surtout pour  Enedis.

Enedis sera certainement le grand bénéficiaire de ce changement de boitier électrique. Il lui permettra de gérer son réseau à distance, sans avoir recours à des prestataires pour relever les compteurs. Economie de personnel, gain de temps et meilleur gestion de la consommation et de la demande, le compteur Linky permettra à Enedis d’avoir une meilleure vision des besoins en temps et en heure du réseau électrique.

Pour toutes ces raisons, la plupart des communes, qui ne peuvent semble-t-il  légalement s’y opposer,  acceptent l’installation de ces nouveaux boîtiers intelligents. C’est  le cas sur Bordeaux où les installations ont démarré depuis février 2016. La vice-présidente de Bordeaux Métropole et adjointe au maire de Bordeaux,  Anne Walrick, n’y voit que des avantages, notamment de maitrise de la consommation électrique et assure que le conseil consultatif mis en place n’a reçu que très peu de réclamations.

Il faut dire que les réunions d’informations auprès des habitants restent anecdotiques et qu’il n’est pas certain que ce « conseil consultatif de suivi de la mise en place du Linky » soit connu de tous… C’est du reste la demande du groupe écologiste (EELV) à la mairie de Bordeaux, approuvée par le maire, qui réclame des réunions par quartiers afin d’offrir aux habitants une information claire et objective.

Car pour l’instant Linky: c’est flou!

A l’heure actuelle, on entend tout et son contraire sur l’installation de ce boîtier.

Les opposants mettent en avant les ondes électromagnétiques émises par Linky. Faux!, répondent les promoteurs de cette technologie. D’après  l’ANFR ( agence nationale des fréquences)  ce boîtier serait bien moins  nocif que nos bons vieux appareils électriques courants tel le frigo . Ses informations sont transmises non par WIFI mais simplement par les fils de l’installation électrique. Le compteur serait donc ,  en ce qui concerne le champs électrique  et toujours d’après cette étude,  de 1v/m à 30 cm , c’est à dire du même niveau qu’un écran TV 19 » mais bien moins qu’une plaque à induction.(56V/m…) On attend donc avec impatience le rapport de l’agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), saisie par la Direction générale sur la santé,  pour connaître les effets potentiels sur la santé de ce compteur.

imagesMais c’est dans le domaine du respect de la vie privée que les opposants sont les plus remontés. Ligue des droits de l’homme en tête, ils demandent un moratoire tant que Enedis ne demande pas au futur client, son  consentement pour le transfert éventuel de ses données personnelles. Il semble que, malgré les préconisations de la CNIL  (commission nationale informatique et libertés ) sur ce point, Enedis n’ait pourtant pas attendu cette signature pour installer ce boîtier…

Le coût écologique et économique du remplacement des 35 millions de boîters en activité peut aussi interroger. Le coût financier d’un boîtier Linky est estimé entre 120 et 240 euros. Ce qui représente entre 5 et 7 milliards, payé par les économies réalisées sur la surveillance du réseau disent les uns, par les usagers disent les autres à raison de 1 à 2 euros par mois prélevés sur les factures d’électricité… Le remplacement de ces compteurs qui fonctionnent parfaitement,  par des compteurs nouvelle génération participe à un désastre environnemental certain.

Alors au final, un propriétaire peut-il refuser son installation? Rien de très clair non plus sur ce point. Si des communes commencent à s’opposer au déploiement de ces boîtiers sur leur territoire, un particulier reste cependant bien seul et démuni face à la pression d’Enedis. D’autant que le compteur n’appartient pas aux propriétaires des logements mais aux communes et que c’est la loi de transition énergétique  d’Août 2015 qui impose de moderniser ces compteurs. Si vous vous opposez donc à son installation, pour l’instant un flou juridique entoure toujours les recours éventuels, d’Enedis ou de votre  commune.

 

 

 

Publicités