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Cher PPP …

Le premier objectif de la cité municipale, mastodonte administratif de la ville de Bordeaux  achevé en 2014, était de réaliser un bâtiment qui devait rassembler plus de 800 agents municipaux et surtout regrouper la plupart des services de la commune, jusqu’à présent éparpillés en ville. 

Pour construire cet édifice, la mairie de Bordeaux a ainsi décidé de  signer un partenariat public-privé (PPP) en décembre 2011 qui au terme des vingt ans du contrat dépassera certainement  les 65 millions d’euros. Si un apport de 30 millions d’euros a déjà été payé par la Ville de Bordeaux grâce à la vente d’une partie de son patrimoine immobilier: les immeubles de  Gaz de Bordeaux , de  Santé navale, du CCAS,… le gestionnaire, la  société Urbicité, filiale de Bouygues Construction  continuera à toucher chaque année, pendant 20 ans,  en moyenne  4,3 millions d’euros de loyer.

C’est donc certainement pour réduire ce coût que depuis maintenant quelques mois,  le maire de Bordeaux et président de la métropole, profitant de la mutualisation des services,  a fait rapatrier une partie des agents métropolitain dans ce paquebot de bureaux. C’est ainsi que plus de  la moitié des étages de la cité « municipale »est louée à Bordeaux Métropole.

Pas tout à fait l’objectif de départ, mais certainement un bon moyen d’ alléger les finances, sous pression de la ville.

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Les bons comptes du gestionnaire.

Le deuxième objectif était d’ aider la ville de Bordeaux à  respecter les objectifs énergétiques  fixés par son Agenda 21.

En  rassemblant la plupart des services municipaux en un seul lieu, la mairie fait  des   économies en matière de gestion de bureaux et surtout réduit  sa facture  énergétique compte tenu de l’abandon de ses anciens locaux, nombreux, souvent vétustes,  et très énergivores.

La mairie explique le recours au PPP en mettant en avant la difficulté pour les services techniques en interne de gérer et maîtriser l’ensemble des  consommations de la cité municipale.

Il est certain que la  gestion technique d’un tel bâtiment à énergie positive (BEPOS), conçu pour  produire plus d’énergie qu’il n’en consomme  grâce à ses 1 500 m² de panneaux photovoltaïques, son isolation et l’utilisation de la géothermie, n’est pas simple.

C’est donc le gestionnaire,  Urbicité, filiale de Bouygues Construction qui a la lourde charge de gérer ce bâtiment  et de faire respecter les objectifs de départ du PPP  en matière énergétique.

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Un bâtiment aux résultats pas très positifs.

Car si les objectifs en 2014, année de démarrage,  n’ont  pas été atteints  suite à de nombreux incidents techniques, il semble que les résultats de l’année 2015, année de pleine exploitation du bâtiment,  ne sont pas non plus à la hauteur des attentes.

C’est certainement la raison pour laquelle  les comportements des agents de Bordeaux Métropole et de la ville de Bordeaux sont scrupuleusement surveillés. Un « éco-partenariat » accompagne du reste  les agents pour les sensibiliser à l’adoption de comportements éco-responsables, pour atteindre les objectifs de performance énergétique.

Dans la cité municipale, chaque consommation est donc contrôlée scrupuleusement et … limitée. Exit les cafetières personnelles dans les bureaux, les chauffages électriques d’appoint, les réfrigérateurs personnels, etc… chaque comportement est surveillé par les agents de la sécurité qui traquent les contrevenants.

Pas encore la cité de la peur mais le sentiment que le gestionnaire veut rentrer dans son investissement et respecter les clauses du contrat qui stipulent que les objectifs du BEPOS doivent être atteints.

Mais ce n’est pas encore le cas aujourd’hui.

En ce qui concerné la production d’énergie, les panneaux photovoltaïques installés en août 2014 ont connu quelques déboires (départ de feu dans l’armoire électrique,…) et n’ont été remis en service qu’à partir d’avril 2015.

C’est la raison pour laquelle dans le rapport 2015, il est indiqué qu' » Urbicité devrait normalement confirmer le respect des objectifs du BEPOS contractuel sur les 5 usages à compter de cette troisième année » c’est à dire durant  l’année 2016.

Il nous faudra donc  attendre la fin de l’année 2017 pour avoir ce bilan.

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