Fragile agriculture urbaine.

Mots-clefs

, , , , , , , ,

jarbord11

Lors du conseil municipal de Bordeaux du 6 mars 2017, la majorité en place a présenté une communication en faveur de l’agriculture urbaine. Dix actions pour sensibiliser les Bordelais et développer des projets qui réorientent les pratiques  agricoles et les modes de production en ville afin de mieux  préserver la faune et le flore sur le territoire.

Une communication avec dix actions phares qui vont effectivement dans le bon sens :

1) Développer une activité agricole horticole et maraîchère sur une partie du centre de cultures horticoles du Haillan.

2) Augmenter les surfaces dédiées à une activité agricole d’élevage sur le nord du territoire bordelais

3) Etudier l’opportunité de développer l’agriculture urbaine sur le secteur de la Jallère.

4) Poursuivre le développement des jardins collectifs dans les quartiers.

5) Développer la permaculture et le recyclage des matières organiques sur la Ville.

6) Favoriser les productions collectives ou non partout en ville.

7) Initier un projet de partage intergénérationnel de jardins.


8) Poursuivre et développer la distribution de semences de variétés locales.

9) Renforcer la présence d’insectes pollinisateurs et auxiliaires sauvages.

10) Accompagner les changements de comportement.

Dix mesures qui ne seront positives que si un réel suivi , des bilans clairs et chiffrés sont réalisés annuellement. En effet, pour que ces préconisations prennent effets, il faut  que les résultats, bons ou mauvais,  soient clairement affichés.

Un malheureux précédent.

Car l’expérience de l’agenda 21, co-élaboré pendant de longs mois avec les Bordelais inquiète quelque peu. Pour ce grand projet environnemental,  l’ensemble des actions a finalement été enterré pour être remplacé par de nouvelles actions et de nouveaux indicateurs… bien moins contraignants pour la collectivité.

Concernant ce nouveau dossier, Magali Fronzes, adjointe au Maire de Bordeaux en charge de la nature en ville et des espaces verts s’est engagée à un suivi  et une communication annuelle en conseil municipal. Mais ce bilan ne sera efficace que  si des indicateurs de suivi cohérents et précis sont fournis par l’administration.

Adieu, ruches, poules, potirons!

ZAUE Niel

D’autant qu’une première inquiétude sur la réelle volonté de l’équipe en place est apparue avec l’avenir de DARWIN et  l’Eco-Système de la caserne Niel . Depuis quelques semaines, le terrain d’expérimentation écologique actuel de la ZAUE  ( zone d’agriculture urbaine expérimentale ) de la ferme Niel est clairement dans le collimateur de la société d’économie mixte BMA. (Bordeaux Métropole Aménagement).

Jardin potager en permaculture, rucher pédagogique, poulailler en ville
 et micro-potager urbain sont aujourd’hui menacés par le développement de la future ZAC Niel.

Aménagée sur des terrains en AOT (autorisations d’occupation temporaire),  cette agriculture urbaine expérimentale est sommé par BMA de rapidement laisser la place à de futurs logements et parking en silos.

Une communication en faveur de l’agriculture urbaine qui démarre donc par un bien mauvais signal.

Si tu ne va pas à la Jallère, la Jallère ira à toi!

La jallere

Le groupe écologiste (EELV) au conseil municipal avait conditionné son vote favorable à l’engagement de la municipalité de ne pas toucher aux  hectares en zones humides de la Jallère à Bordeaux lac, proches du Grand stade.

C’est ainsi qu’est apparu le point 3 dans cette communication municipale  qui fait mention d » une étude afin d’évaluer la possibilité de revaloriser et de préserver le domaine public métropolitain de la Jallère via l’agriculture urbaine« . Ayant obtenu gain de cause, les élus EELV ont ainsi pu voter en conseil municipal pour ces dix actions en faveur de l’agriculture urbaine.

Malheureusement ceux-ci ont certainement rapidement  déchanté en lisant quelques jours plus tard dans le journal gratuit Bordeaux 7, le titre: « Bientôt des maisons dans la prairie?« . Dans cet article, Nathalie Delattre, adjointe au maire en charge du quartier Bordeaux Maritime déclare : « (…) nous ne pouvons pas nous priver de logements sur ce vaste territoire« . On y apprend aussi que l’agence de Nicolas Michelin en charge de l’étude proposerait des logements et des bureaux sur pilotis sur ces hectares classés en zones humides…

Il semble donc que depuis le début sur ce dossier, deux logiques municipales s’affrontent; et rien n’est vraiment joué, compte tenu de ce projet immobilier programmé par les promoteurs entre 2025 et 2030.

D’ici là, l’étude censée évaluer « la possibilité de revaloriser et de préserver le domaine public métropolitain de la Jallère via l’agriculture urbaine » aura peut être été enterrée et le béton pourra reprendre ses droits…

 

Publicités

1 réflexion à propos de “ Fragile agriculture urbaine. ”

  1. Bonjour, très belle initiative. Je ne connais pas d’autres blogs de cette thématique dans d’autres villes de France, je vous souhaite une belle réussite !

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s