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TGB Bordeaux

La ligne à grande vitesse inaugurée ce week end sera largement fêtée par les décideurs, les milieux d’affaires et les entrepreneurs. Mais les bordelais doivent-ils s’en réjouir?

Les habitants de Bordeaux Métropole commencent peu à peu à découvrir les conséquences  de cette communication effrénée depuis dix ans autour de la LGV.

Le coût environnemental, tout d’abord, n’a pas été sans conséquence.

Ce chantier  a consommé d’après les écologistes entre 15 et 17 ha de nature au kilomètre  soit entre 5 100 et 5 800 ha pour les 340 km de cette nouvelle ligne TGV . Même si la compensation annoncée par les services de l’état doit mettre en oeuvre la gestion de        3 500 ha, à proximité du tracé de la ligne avec un objectif de plantation de 1450 ha d’arbres, reste que pas moins de 223 espèces protégées ont été directement impactées par le chantier de la LGV et rien n’indique qu’elles reviendront sur les lieux  du chantier…

TGV Bordeaux sepanso

Sans parler des tonnes de béton, bitume et gravats qu’il a fallu convoyer pour construire tous les ouvrages d’art de cette ligne TGV qui mettra Paris à deux heures quatre minutes de Bordeaux, au lieu des trois heures quatorze minutes.  Des travaux dont le coût global est estimé tout de même à  9 milliards d’euros.

Des gagnants et… des perdants.

Sur le papier, la ligne TGV devait permettre à notre agglomération de rentrer dans le club des grandes métropoles européennes et d’atteindre le million d’habitants. Certains décideurs politiques nous disaient que c’était la condition nécessaire pour faire de Bordeaux une ville attractive. D’autres même, nous expliquaient que la densification nécessaire et induite, permettrait de lutter contre l’étalement urbain. Bordeaux n’est pas encore millionnaire et l’étalement urbain perdure.

Car une fois les grands investissements et les projets immobiliers lancés, les Bordelais n’ont pas été les grands gagnants de cette frénésie immobilière.

TGV Bordeaux quartier euratlantique

Sur les bassins à flots, plus de 70% des logements sont des produits de défiscalisation, 65% sur le quartier du Ginko. Les responsables du futur quartier Euratlantique, conscients de ces dérives spéculatives déclarent,  aujourd’hui, vouloir restreindre la défiscalisation à 30%. Mais rien n’est moins sûr compte tenu de la pression spéculative..

Conséquence immédiate: les prix flambent.

Si les Bordelais possédant des biens immobiliers se frottent les mains, les Bordelais souhaitant acheter voient les offres possibles se réduire drastiquement. Du coup, bon nombre de ménages s’éloignent du centre ville et vont chercher leur bonheur à la périphérie. Pour combattre l’étalement urbain, il y a effectivement mieux…

Dans le centre ville, l’afflux de touristes entrainent les dérives spéculatives connues à Barcelone, Berlin, Amsterdam, Paris,… Cité par le journal Sud Ouest, le directeur général des finances de Bordeaux et Bordeaux Métropole déclare: « On a des investisseurs qui achètent des immeubles pour les louer sur Airbnb. » Ce qui fait que les jeunes ménages et les familles modestes ont de plus en plus de mal à acheter des studios ou des T2 en centre ville. Ces appartements, produits idéaux pour les plateformes de location pour touristes, se font,  du coup, de plus en plus rares sur le marché de l’immobilier.

Un développement sur les quartiers de moins en moins maitrisé.

La construction massive de logements et l’arrivée de nouveaux habitants sur les nouveaux quartiers de Bordeaux n’ont pas du tout été anticipées.

Si le quartier Ginko a bien géré, au départ, l’afflux de nouveaux habitants avec une nouvelle école, Vaclav Havel, qui a parfaitement intégré l’arrivée de ses nouveaux élèves. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. La deuxième école du secteur se fait attendre alors que la première est déjà son maximum. Dès l’année prochaine, les petits nouveaux sont priés de rejoindre les déjà trop nombreuses écoles modulaires et temporaires de Bordeaux lac ou des Bassins à flots.

prefabrique-bordeaux-lac-iv

Ecole modulaire du Lac IV

Sans parler des autres équipements publics qui manquent cruellement sur la Métropole comme par exemple les piscines…

Plus de monde induit toujours plus de problèmes.

Plus de bouchons. Bordeaux est déjà dans le top trois des villes les plus embouteillées de France. L’étalement urbain et les déplacements en voiture toujours privilégiés par les Bordelais ne risquent pas de ralentir, l’engorgement des rues et des rocades non plus..

Plus de déchets. Comme chaque année, un énième plan propreté a été, à nouveau, lancé pour tenter de rendre la ville enfin plus présentable. L’afflux de population et de touristes génère effectivement plus de nuisances  et de déchets qui demandent plus de moyens.

Moins d’eau. En moyenne sur l’année, la consommation en eau potable dans l’agglomération s’élèverait à 135 000 m3 par jour. Lors de l’épisode caniculaire de juin 2017,   on s’est approché dangereusement du pic historique de juin 2005, avec ses 210 000 m3 d’eau potable.  Un afflux de population supplémentaire posera la question délicate de la ressource en eau de manière encore plus prégnante.

Aujourd’hui, les bâtisseurs du vingt et unième siècle, veulent donc continuer leur course folle en avant pour un Paris- Toulouse en trois heures en 2024. Alors on continue?

 

 

 

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