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En 2016, avec 50 escales dont 38 rien que pour Bordeaux, la ville, prenait la place de deuxième  port de la façade atlantique.

Cette année encore, entre avril et octobre, pas moins de 53 navires sont programmés pour 86 journées à quai.

Si la mairie et les professionnels du tourisme se frottent les mains, tout n’est pas aussi bénéfique pour notre environnement.

Il suffit de passer sur les quais, lorsqu’un paquebot est amarré pour comprendre que ce passage n’est pas neutre pour nos poumons. Au-delà du panache de fumées qui sort des cheminées, de l’odeur de fuel ou encore du bruit des moteurs qui pourraient être anecdotiques,  de nombreuses études ont prouvé la nocivité de ces bateaux de croisières pour les ports où ils jettent l’ancre.

Un seul paquebot peut émettre autant de particules qu’un million de voitures…

Récemment encore, en juillet 2017,  un reportage d’investigation de la chaîne britannique Channel 4 a démontré que le volume  de particules fines sur le pont d’un paquebot transportant plus de 2 000 passagers pouvait s’élever jusqu’à 84 000 par cm3 et même 144 000 par cm³ près des cheminées ! Soit le double d’une journée à Piccadilly Circus, à Londres. Rien que ça…

Ce constat n’est pas nouveau. Déjà, en 2015, à Marseille, la  FNE (France Nature Environnement) et Nabu (une ONG allemande) avaient mesuré une pollution, en l’absence de paquebot, de 3 000 particules fines entre 20 nanomètres (milliardièmes de mètres) et 1 micromètre (millionième de mètre) au cm3. Avec un paquebot à quai, ce taux pouvait atteindre jusqu’à 6 000, en fonction du vent et 200 000 au cm3 dans le panache de fumée…

Le principal responsable de cette pollution est le fioul, carburant peu onéreux  mais qui contient 3 500 fois plus de soufre que le carburant pour moteurs diesel de nos voitures. Ce sont notamment les particules fines qui posent problème. Celles-ci non traitées par les paquebots, peut en recracher jusqu’à 224 000 par jour, soit plus que la ville de Paris !

La solution serait de brancher les paquebots afin d’éviter de laisser les moteurs tourner. Car même accostés, les  bateaux de croisière doivent pouvoir continuer à faire fonctionner restaurants, cabines, clim ou chauffage, piscines,… et assurer ainsi le confort des voyageurs. En 2015, alertée sur ce problème par les élus écologistes (EELV), la mairie avait annoncé le lancement d’une étude en concertation avec Bordeaux Métropole.

Depuis cette date, toujours rien de décidé à ce jour, la municipalité se donnant certainement le temps pour voir ce qui se fait ailleurs et surtout comparer les coûts.

Stephan Delaux, adjoint au maire et président de l’office du tourisme indiquait déjà que la piste  électrique serait d’or et déjà écartée compte tenu de la taille  des paquebots accueillis sur les quais (moins de 250 mètres) et du coût d’une telle installation.( plus de 4 millions d’euros…)

La ville serait plus favorable à un système d’alimentation par barges, avec du gaz naturel liquéfié comme à Dunkerque ou Rotterdam, ce qui permettrait aux navires de couper les moteurs le temps de l’escale. Cette solution, émettant des gaz à effet de serre, reste encore discutable, loin du développement durable prôné par Bordeaux Métropole, qui postule du reste à l’appel à projet du ministère de l’écologie « villes respirables en 5 ans »…

Il est possible aussi que, compte tenu des coûts pour la collectivité, les élus métropolitains préfèrent tout simplement jouer la montre … D’autant que le Port de Bordeaux annonce déjà que d’ici 2020-2015, compte tenu de la directive européenne sur les émissions de soufre des navires, le gaz naturel liquéfié devrait remplacer le fuel et devenir le carburant des bateaux de croisière.

 

 

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