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A Bordeaux, en centre-ville, les cyclistes empruntent régulièrement zones de rencontre et aires piétonnes. Pas certain que tous connaissent leurs droits et leurs devoirs sur ces espaces partagés et que ces aménagements favorisent toujours la cohabitation…

Zone de rencontre

Zone de rencontre

Le concept  de « zone de rencontre » date d’un décret de juillet 2008. Le but est d’apaiser la circulation en ville et de faire cohabiter sur la chaussée l’ensemble des usagers de la rue : piétons, cyclistes, automobilistes, …

La zone de rencontre est définie clairement par l’article R.110-2 du Code de la Route :  « Dans cette zone, les piétons sont autorisés à circuler sur la chaussée sans y stationner et bénéficient de la priorité sur les véhicules. La vitesse des véhicules y est limitée à 20 km/h. Toutes les chaussées sont à double sens pour les cyclistes, sauf dispositions différentes prises par l’autorité investie du pouvoir de police. »

La priorité revient au final toujours aux piétons, les plus fragiles, qui peuvent normalement sans crainte circuler sur la chaussée. Les vélos peuvent remonter une rue en contre-sens seulement si un panneau ou un marquage au sol  les y autorisent. Aux carrefours, ce sont les règles de priorité à droite qui s’appliquent.

 

Aire piétonne

Aire piétonne

Mais sur Bordeaux, ce sont le plus souvent des aires piétonnes  qui sont aménagées. Sur ces zones si les cyclistes et les véhicules motorisés y sont tolérés, ils  doivent y circuler au pas. Le piéton est en effet toujours prioritaire sur les autres usagers de la rue qui ne doivent pas le gêner et lui céder le passage.

Comme pour les zones de rencontre; les vélos peuvent y circuler en contre sens, s’ils y sont autorisés par un marquage au sol ou un panneau. De la même manière, c’est la priorité à droite qui s’applique.

Mais si tout cela reste, en théorie de belles idées pour partager la rue, dans la pratique, cela se révèle souvent source de conflits.

Car à force de vouloir apaiser la circulation, on en oublierait que les adeptes de la petite reine ont parfois besoin de se déplacer rapidement pour rejoindre leur domicile ou leur lieu de travail… En multipliant « zones de rencontre » ou « aires piétonnes », sans une signalétique propre ou un espace dévolu aux vélos, pas certain qu’on simplifie la vie des cyclistes….

Malheureusement la prise en compte d’une continuité cyclable n’est pas encore  à l’ordre du jour des urbanistes et des décideurs politiques de Bordeaux Métropole. A Bordeaux, les deux prochaines rénovations de places sont symptomatiques d’une tendance qui a choisi de ne pas réserver d’espaces spécifiques aux vélos.

Nantes

Nantes

Place Gambetta, les adeptes de la petite reine arrivant de la rue Nancel Penard auront le choix entre, soit rester avec les véhicules motorisés en contournant la place par la gauche, soit rejoindre le cours de l’Intendance par la droite en rentrant sur la future zone piétonne. Ici, pas de piste cyclable, pas de marquage au sol pour délimiter un éventuel espace pour les cyclistes. Il faudra donc choisir entre soit se confronter aux voitures et aux bus (non sans danger), soit ralentir, rouler au pas et slalomer entre les piétons, pas toujours disposés à partager leur espace.

Place Tourny, les cabinets d’urbanisme récidivent ici encore : pas d’espace dévolu à la petite reine. Si les piétons et les voitures seront choyés,  les biclous, eux,  devront se frotter, soit aux uns, soit aux autres… « Piétons et vélos cohabiteront sur les bords extérieurs à proximité des commerces » indique le site de Bordeaux Métropole. Pas vraiment la situation idéale pour développer le vélo mais assez symptomatique d’une vision purement ludique de la bicyclette.

Dans ces deux cas, les cyclistes ont été oublié de ces futurs aménagements. Bordeaux, ville cyclable paraît encore bien  incapable de mettre à disposition des vélos des itinéraires sécurisés et continus.

 

 

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