C2D : rouillé ou verrouillé ?

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C2D Bordeaux

Sur Bordeaux Métropole qui connaît le C2D ? En dehors du microcosme politique et du cercle restreint des personnalités bordelaises « influentes », certainement peu de monde. Pourtant cette structure, qui date de 1999, devait révolutionner la relation entre les administrés de l’agglomération et les élus. Aujourd’hui, a-t-elle réussi son pari et sinon pourquoi?

A  sa création, le C2D, aujourd’hui conseil de développement durable de Bordeaux Métropole, devait permettre à la société civile d’aider les élus à l’élaboration du projet métropolitain.

Dès l’origine, l’idée était de permettre la participation citoyenne aux grandes questions et orientations qui intéressent l’agglomération et de fournir ainsi un « cadre à l’expression des idées et à l’exercice de la citoyenneté ».

Les citoyens devaient donc y trouver un lieu d’expression de leurs aspirations, de leurs réticences ou de leurs priorités. Les 105 membres du conseil sont ainsi issus de différents horizons et nommés pour trois ans. Chaque commune de l’agglomération a droit à deux représentants: un nommé par le maire et l’autre tiré au sort.

Présidé au départ par une proche de Vincent Feltesse, à l’époque président PS de la communauté urbaine (CUB),  le Conseil de développement durable est depuis mai 2015, présidé par Denis Mollat  nommé par Alain Juppé, président de Bordeaux Métropole.

La collectivité attend du C2D qu’il joue un rôle de tête chercheuse pour le territoire, qu’il éclaire les élus sur les sujets qui font débat, qu’il soit un laboratoire et un espace de ressources en ce qui concerne les pratiques de concertation, et enfin qu’il émette  différents avis sur les qualités et les améliorations possibles concernant les projets de Bordeaux Métropole, et ce bien entendu avec un regard centré sur le développement durable.

Alors après dix neuf ans d’existence, que retenir de cette instance métropolitaine?

Sur les travaux passés depuis sa création, les thèmes abordés sont passionnants : discriminations, renouvellement de la classe politique, environnement, précarité, entreprenariat, culture, égalité, … des pistes de réflexions, depuis des années, qui ont certainement étaient largement débattues en commission.

Reste que si cela cogite dur, les résultats sont-ils à la hauteur des attentes des citoyens? Là, rien n’est moins sûr…

Prenons l’exemple du groupe de travail de 2010 « Environnement et modes de vie » qui avait fait ressortir quatre grandes thématiques. Une fois le diagnostic posé,  la collectivité ( la Cub)  avait incité le Conseil de développement durable à traduire ses recommandations dans l’agenda de l’agglomération à l’époque en cours d’élaboration.

Depuis huit années ont passé, que reste-t-il de ce travail?

  • Le C2D préconisait une réduction en amont des résidus médicamenteux…. intéressant mais difficile pour la collectivité d’agir sur ce point. Le projet « réduction et gestion des micropolluants sur la métropole bordelaise » (REGARD) porté par Bordeaux Métropole depuis 2015 est intéressant en matière d’étude mais n’a pas encore induit de réduction.

  • Sur la limitation des pesticides en agriculture et en particulier dans la viticulture, il semble que seuls les récents scandales locaux aient enfin permis l’émergence d’une prise de conscience.

  • Sur la qualité de l’air intérieur dans la maison et au travail, le rappel de la Métropole s’apparente à un voeu pieux pour les particuliers…

  • Sur les ondes électromagnétiques, le C2D préconisait de réduire leur puissance. Depuis le Linky et les concentrateurs associés se déploie largement sur Bordeaux Métropole…

 Le Conseil de développement durable est certainement un bel outil pour la collectivité afin de sentir les aspirations nouvelles de ses habitants. Faut-il encore que les services soient prêts à digérer celles-ci et à les mettre en application. Ce qui n’est pas toujours le cas…

Surtout que le C2D n’est pas une structure totalement indépendante du cabinet de la Métropole, son directeur est d’ailleurs directement rattaché au cabinet du président de Bordeaux Métropole. Et la nomination de Denis Mollat par le président de la collectivité n’est pas non plus innocente, elle démontre surtout une volonté de verrouiller l’instance et de freiner toute velléité d’indépendance.

mollat

Cette célèbre personnalité Bordelaise qui occupe de multiples fonctions, siégeait déjà au Conseil économique et social régional en tant que « personne qualifiée » et au Medef, dont il est ou était le trésorier pour la Gironde. La page Wikipédia, qui lui est réservée, a tenté de recenser ses très nombreuses « casquettes » :

  • Directeur général de la première librairie indépendante de France

  • Consul honoraire du Mexique à Bordeaux

  • Vice-président de la chambre de commerce et d’industrie de Bordeaux

  • Administrateur de Congrès et expositions de Bordeaux

  • Administrateur de la société bordelaise de CIC (Crédit industriel et commercial)

  • Administrateur de la fondation CIC pour le livre

  • Membre de l’Académie du vin de Bordeaux (1998)

  • Président du Cercle de la librairie

  • Ancien président du Rotary Club de Bordeaux. »

Rajoutons qu’il est aussi  conseiller à la Banque de France, président d’un Office d’HLM (Coligny) ou encore  membre de l’Académie Nationale des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Bordeaux…

Denis Mollat est donc un homme  très occupé et surtout très important sur l’échiquier du maire de Bordeaux.

Cependant ses multiples casquettes lui permettent-elles de véritablement se pencher sur les missions principales du Conseil de développement durable de Bordeaux Métropole?

Car il semble que ce président pèse peu sur la dynamique du C2D. Certains élus contactés ne sont pas loin de penser qu’il est plus en place pour contrôler le travail de ses membres que pour impulser une vraie dynamique autour du développement durable.

Et ses deux récentes élections, comme président du centre d’architecture Arc en rêve en juin 2017 et en décembre 2017 de BMA (Bordeaux Métropole Aménagement), dont il était déjà membre du conseil d’administration, ne vont pas dissiper ces impressions.

Ceci explique aussi pourquoi le C2D semble une structure quelque peu « moribonde » qui n’intéresse  plus vraiment  le président de Bordeaux Métropole qui avait même « oublié » d’associer le C2D au projet « Bordeaux Métropole 2050 ».

Aujourd’hui, pour interroger les citoyens et croiser les regards de différents experts afin d’identifier les priorités de Bordeaux Métropole 2050, un site internet www.bm2050.fr est ouvert et, communication oblige, un « camion du futur » sillonne l’agglomération pour « sonder » la population.

Peut être une manière de relancer une machine à idées qui s’essouffle quelque peu à l’image du C2D.

https://www.facebook.com/c2d.bordeauxmetropole.fr/

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2 réflexions à propos de “ C2D : rouillé ou verrouillé ? ”

  1. Patrick MAUPIN a dit:

    Pas besoin de faire un sondage, il est clair que pas un habitant sur 100 de la Métropole connait l’existence du C2D et sait quelle est son « action » et son utilité.
    De la com avant toute chose !

    J'aime

  2. Il est clair et certain que pas un habitant sur 100 de la Métropole connait l’existence, le fonctionnement et « l’activité » du C2D…et pas besoin de faire un sondage…
    Vous reprendrez bien une pincée de com ?

    J'aime

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