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Depuis quelques semaines maintenant, Bordeaux Métropole a lancé son camion du futur sur les routes de notre agglomération. Le but ? Prendre le pouls de ses habitants afin de les interroger sur la ville de demain.

Mais de qui se moque-t-on?

Alors qu’aujourd’hui, la ville est un immense chantier, que la moindre parcelle de terrain est aussitôt  investie par les promoteurs, que le prix du m2 explose empêchant tout projet collectif, que tous les grands chantiers et tous les grands projets se lancent maintenant, que l’agglomération se bétonne à tout va, on fait croire aux bordelais qu’ils pourraient peser sur la ville de demain?

En définitive, à qui sont adressées ces grandes interrogations? (Comment nous logerons-nous demain ? Comment nous déplacerons-nous ? Comment travaillerons-nous ? Comment allons-nous nous soigner, nous nourrir, nous former… ?)

En 2050, c’est à dire dans exactement 32 ans, bon nombre des habitants de Bordeaux Métropole auront atteint la limite d’âge pour envisager sereinement l’avenir… En effet, seulement un habitant sur trois a moins de vingt cinq ans. Les deux tiers donc de la population actuellement sondée se moque bien de ce lointain avenir et s’interroge plutôt sur son quotidien.

Nos élus, la plupart dans cette classe d’âge avancée, comme nos grands élus, déjà largement atteints  par le cumul des mandats dans le temps, seraient donc les plus à même de penser un avenir qu’ils ne verront certainement pas, pour la plupart, un avenir sur lequel d’ailleurs ils ne pourront même plus peser?

Le but de cette opération de communication est uniquement démontrer que la concertation n’est pas un vain mot.

Belle stratégie de promotion de la collectivité que l’on retrouvera sur « les marchés, devant les stades, les grandes salles de spectacle pour recueillir vos aspirations, projets et initiatives pour l’avenir ».  N’ayez crainte, nous construisons l’avenir avec vous !

Et pour le prouver, nous aurons droit ensuite à de grands colloques , de grandes conférences, la présentation de plusieurs scénarios et enfin l’écriture d’un projet métropolitain. Tout cela remis bien entendu dès mars 2019…  Car à quelques mois d’échéances municipales , cela peut toujours être utile de prouver la capacité d’écoute de nos édiles.

A Bordeaux, on avait déjà connu le même procédé avec l’agenda 21:  tables rondes, conférences et débats avec universitaires, chercheurs et experts avaient abouti à l’écriture d’un document, rempli d’indicateurs et d’objectifs, … abandonné moins de cinq après.

Alors du passé faisons table rase?

Pas tout à fait…

Car aux commandes de cette mission d’un an, nous retrouvons Michèle Laruë-Charlus, jeune retraitée de notre collectivité, fidèle parmi les fidèles du  président de Bordeaux Métropole, et surtout ex-directrice de l’aménagement, chef d’orchestre de tous les grands projets d’urbanisme de ces vingt dernières années sur Bordeaux…

Ce chef de projet sera-t-elle capable de penser le futur et construire la ville de demain, une ville plus durable, autosuffisante, plus verte, plus  économe en énergie, plus cyclable,… (comme semble l’indiquer les  premières remarques des sondés)  en acceptant de critiquer les erreurs de son propre passé ?

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