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ecomanifestation

A Bordeaux, tout organisateur sur la voie publique d’une manifestation doit s’engager à « respecter les principes d’une conduite éco-citoyenne ».

Edité par la ville de Bordeaux, un guide des éco-manifestations demande donc à tout organisateur de signer un engagement en faveur de l’environnement. Les différentes recommandations portent sur la communication, les transports, les produits utilisés éco-compatibles, la gestion des déchets, la sensibilisation du public, etc…

Des préconisations précises pour rendre plus vertueux chaque événement mais au final rien de très vraiment contraignant.

En effet si l’organisateur s’engage bien, auprès de la mairie, à aller dans ce  sens, libre ensuite à lui de suivre, malgré le bilan de l’événement demandé par la mairie.

Au final, on constate que sur le terrain, tout est avant tout question de motivation et de moyens…

Le festival Climax – éco-mobilisation a clairement la réflexion la plus aboutie et ses organisateurs ont toujours affiché leurs ambitions.

En attendant donc le bilan de la dernière édition, ils avaient déjà remis en 2017  une évaluation carbone précise. Soutenu par le Crédit Coopératif, ses organisateurs avaient demandé à un prestataire privé BCO2 Ingénierie, agréé par l’ADEME et l’association Bilan Carbone, de suivre l’événement. Du lourd et du sérieux donc mais à la mesure d’un festival qui touche plus de 30 000 personnes.

Pour eux, le but est de réduire l’impact carbone de leur manifestation mais aussi de faire prendre conscience aux festivaliers de l’enjeu environnemental. En ce sens, cette manifestation est une formidable vitrine des réflexions que devrait avoir tout organisateur d’événements grand public : Energie ( c’est un événement aussi musical donc énergivore) déplacements ( 95 % des émissions … ) restauration (alimentation végétarienne depuis 2017, bio et locale ) gestion des déchets avec recyclage, …

Reste une interrogation tout de même sur la compensation carbone réalisée éventuellement par Climax: étonnamment pas de communication sur ce sujet. Ses organisateurs expliquent que leur évènement est chaque année déficitaire notamment en raison de leurs choix environnementaux, qu’ils ne sont pas certains du suivi de cette compensation et que leur manifestation contribue déjà au changement des consciences et à la réduction de l’empreinte carbone de chacun des festivaliers, ce qui reste un postulat qui peut se justifier.

D’autres associations bordelaises bougent aussi les lignes.

De nouveaux événements musicaux et festifs sur Bordeaux, portés par des associations locales mettent aussi en avant dans leur communication leurs engagements pour la planète.

Ces événements se construisent ainsi autour de différentes démarches écoresponsables : mobilier événementiel issus de la récupération de matériaux,  achats responsables (bio et local), réutilisation de toute la logistique, consigne, recyclage des déchets, …

Localement deux gros événements bordelais (Open Air, L’Orangeade,…) se font aider par l’association AREMACS qui élabore avec eux une pratique plus éco-responsable de leurs rendez-vous musicaux.

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Cette association accompagne tout évènement en mettant en place notamment un suivi chiffré et un bilan de chaque manifestation.

Bordeaux OpenAir indique être ainsi passé de 107,2 gr de déchets par festivalier en 2016 à 39,7 g en 2017  ou encore d’avoir réduit de cinq fois sa production de déchets de verre! Des succès non négligeables qui réduisent considérablement le bilan carbone de ces événements.

La maison de quartier du Tauzin fêtait ses 50 ans ce week end et s’affichait aussi éco-responsable au jardin de la Béchade. Une charte élaborée par une équipe  motivée accompagnait cette deuxième édition.

Déjà la première édition avait permis de tester une nouvelle démarche: sensibilisation du public (plus de 1000 personnes),  toilettes sèches, restauration locale, bio et économique, formule végétarienne, consignes et tri des déchets, …  Malheureusement un bilan carbone, autour de l’énergie, de l’eau et des consommables n’ayant pu être mené à terme, la compensation n’avait pu aboutir.

Cette année cette maison de quartier  est allée encore plus loin, en limitant l’usage du plastique, en favorisant la récupération et le recyclage, en renforçant les partenariats locaux et en sensibilisant les participants par le biais d’animations.

Une compensation carbone est toujours prévue qu’ils espèrent cette année concrétiser.

Bordeaux fête le vin

Et la ville de Bordeaux dans tout ça ?

Malheureusement, on ne peut pas dire que l’écocitoyenneté soit vraiment mise en avant dans les événements soutenus ou organisés par la ville de Bordeaux…

Bordeaux Grands Evénements par exemple qui coordonne Bordeaux Fête le fleuve ou Bordeaux Fête le vin ne communique absolument pas sur cette dimension

éco-citoyenne . Idem pour Agora, le bon goût d’Aquitaine ou même encore le marathon de Bordeaux Métropole, …

Autant d’événements soutenus par la ville de Bordeaux, qui draine un très large public et dont les sites internet et les supports de communication développent peu le respect d’une conduite éco-citoyenne. 

Autant d’occasions ratées donc de toucher une population pas forcément aussi réceptive à la thématique du développement durable que peuvent l’être les participants de Climax.

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