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Voilà un secteur de Bordeaux qui, pour l’instant, a toutes les raisons de faire fuir les promoteurs immobiliers.

Actuellement, le secteur de La Jallère est un no man’s land sur le territoire de Bordeaux Métropole.

Coupé du reste de la ville, sans aucune habitation à proximité, coincé entre le parc des expositions, le Matmut Atlantique, les ateliers du tramway,  le casino et ses hôtels et enfin la zone d’activités dont la locomotive est l’enseigne phare Métro,…  pas vraiment le coin rêvé de Bordeaux pour y implanter un nouveau quartier de 1800 à 2000 logements.

Pourtant la mairie exprime clairement, ces derniers mois, son intention de voir se réaliser un projet de nouveau quartier sur ce secteur de 95 hectares.

Il faut dire que depuis quelques temps, les entreprises présentes sur le site quittent le navire … Absence de services à proximité pour les employés , commerces ou restaurants inexistants,  difficulté d’accès compte tenu d’un trafic routier intense aux heures de pointe, rocade embouteillée, peu à peu les grands groupes implantés s’installent ailleurs. La caisse d’épargne, la caisse des dépôts et consignations, … autant d’entreprises qui quittent ce secteur d’activités et revendent leurs bâtiments à des promoteurs.

Il y a donc urgence pour la mairie à redynamiser le site de La Jallère en inventant  un projet qui puisse attirer de nouvelles entreprises.

Pour ce faire, c’est Nicolas Michelin qui est aux commandes pour vanter les mérites du site actuel. Le point fort serait, pour lui, la nature. 

Une nature pourtant laissée à l’abandon par la ville de Bordeaux, depuis quelques décennies.

La Jallère, est située en zone inondable entre le lac de Bordeaux et la Garonne, à quelques mètres de l’ancienne décharge de Labarde qui recevait encore jusqu’en 1984 des déchets de toute l’agglomération. Sur ce site, un village de gens du voyage sédentarisés, le village Andalou,  construit après la fermeture de cette ancienne décharge, a été fermé en 2001 en raison de cas de saturnisme… Les 40 hectares proches, qui appartiennent à Bordeaux Métropole, ont certainement été impactés.  En effet, sur cette friche, des remblais « jusqu’à 4 mètres » selon les dires de Nicolas Michelin lui-même, recouvrent le sol. La qualité du terrain interroge donc.  Lors d’une réunion de concertation, l‘architecte urbaniste a même déclaré ne pas voir pas comment des arbres pourraient pousser dessus dans ces conditions…

Mais rien n’arrête notre urbaniste en chef qui, profitant des zones humides encore présentes (13 hectares) sur La Jallère,  vante le lieu et développe un argumentaire sans faille pour son projet.

Corridors écologiques, trame verte, quartier nature, préservation des espèces et des milieux naturels, agriculture urbaine,… le but, on l’aura compris, est d’attirer les investisseurs et de vendre sur le papier une nature magnifiée.

La réalité est pourtant toute autre. 

Enclavement de La Jallère par le réseau routier, zones d’activités diverses et variées, voies de desserte saturées, vocation économique du site réaffirmée par le maire (50% du futur foncier constructible) et surtout des années de remblaiements, ont limité la valeur écologique « en termes d’habitat et de végétation » et fermé les milieux naturels,… On a du mal à imaginer ce quartier vraiment nature.

Du reste, un diagnostic sur la pollution du sol est en cours. Son résultat impactera certainement les décisions d’implantation d’équipements publics, école, lycée par exemple ou encore d’agriculture urbaine. Rappelons que sur les bassins à flots, un projet de construction de groupe scolaire a été annulé pour cause de pollution des sols …

Il est donc quelque peu présomptueux de vendre déjà ce quartier aux promoteurs immobiliers en mettant en avant la nature, comme le fait  la mairie.

Compte tenu de cette situation, il serait certainement plus judicieux d’étudier la proposition des élus écologistes (EELV) qui proposent de « préserver et conforter l’un des derniers espaces naturels urbains » et de « renoncer à urbaniser les parcelles de 40 hectares »  dont Bordeaux Métropole  est propriétaire.

Cette proposition ne concernerait ainsi que la collectivité tout en laissant la possibilité aux promoteurs ou aux entreprises de construire un projet, uniquement sur les parcelles déjà artificialisées.

Cette sanctuarisation proposée des zones humides ainsi que la reforestation du site permettraient notamment de limiter les risques d’inondation dus au risque de débordement de la Garonne. Mais surtout permettraient à la nature (faune et flore) de reprendre ses droits et aux Bordelais de bénéficier d’un nouvel espace vert public plus en phase avec les enjeux climatiques et écologiques actuels.

Pour participer à la concertation et donner votre avis:

https://participation.bordeaux-metropole.fr/participation/urbanisme/amenagement-du-site-de-la-jallere-bordeaux#comment-6985