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Comme chaque année, lors du conseil de Bordeaux Métropole de juillet, paraît le « Rapport annuel d’activité sur le prix et la qualité du service public de prévention et de gestion des déchets ménagers et assimilés »(ouf!). Rapport, qui comme tous les ans, ne passionne pas vraiment la presse, ni les élus et du coup encore moins la population.

Il faut dire que dans la moiteur des premières chaleurs de l’été, avec les tonnes de délibérations à traiter juste avant les vacances, les élus métropolitains ont déjà un peu la tête ailleurs. Quand à la presse, la « poubelle » n’a jamais été vraiment très vendeur…

Pourtant à l’heure de la famille zéro déchet, du gaspillage alimentaire, des nettoyages des plages par les bénévoles, des plastiques qui envahissent les océans et des posts sur les réseaux sociaux, voir comment on traite et on tente de réduire nos déchets à l’échelle de la métropole devrait être un sujet majeur.

D’autant que Bordeaux Métropole a voté un plan ambitieux intitulé « Territoire Zéro déchet, zéro gaspillage » 2017-2020″.

Je produis moins de déchets, tu produis moins de déchets,…

Malgré un développement démographique constant et une augmentation des touristes, notre territoire passe de 422 480 tonnes de déchets produits à 425 196 tonnes, soit une très légère augmentation entre 2017 et 2018. 

Ce qui permet, compte tenu de la hausse de la population, de ramener le nombre de déchets par habitant à 550 kg (555 kg en 2017) , soit une baisse des déchets de 1% par habitant. (On parle ici de l’ensemble de la filière déchets collectés, tous flux, c’est à dire les ordures ménagères, les collectes sélectives, les centres de recyclage et les déchets divers, principalement collectés par les services communaux et communautaires.)

Malheureusement malgré ces « bons » résultats de l’année 2018, les objectifs ne seront pas tenus.

Conformément à la loi de transition énergétiques pour la croissance verte, Bordeaux Métropole s’était engagée en 2020 à réduire de 10 % les déchets ménagers et assimilés produits par habitant par rapport à 2010. Mais en 2017, la métropole ayant subi une augmentation de 4,26% sur l’ensemble des flux collectés par rapport à 2016, la baisse, sur les cinq dernières années, n’est que de 2,95%. 

L’objectif programmé pour 2020 de 465,28 kg par an et par habitant semble de fait, difficilement atteignable…

Je valorise, tu valorises,…

De la même manière, l’objectif, pour 2020, de porter à 55% la valorisation matière et organique des déchets non dangereux non inertes,  apparait quasi impossible.

D’autant que les chiffres sur la collecte sélective ne sont pas bons. Ils indiquent cette année une baisse de 1,68 % des déchets issus des collectes sélectives, soit 1,28 kg de déchets collectés en moins par an et par habitant. Seule la collecte du verre maintient sa progression, l’implantation de 20 bornes supplémentaires sur le territoire permettant certainement  d’obtenir ces bons résultats….

Pour ce qui est de la valorisation biologique, c’est à dire les déchets verts collectés et valorisés en compost, les chiffres stagnent aussi d’année en année. Si les conditions climatiques et les distributions de composteurs aux particuliers peuvent expliquer les fluctuations des tonnages de déchets verts d’une année sur l’autre, il reste étonnant de constater que les tonnages annuels de déchets valorisés progressent peu, oscillants depuis dix ans entre 50 000 et 57 000 tonnes.

De ce fait, seule la valorisation énergétique, se maintient et reste stable sur la métropole.  Sur Bordeaux Métropole entre l’unité de Bègles et celle de Cenon, c’est toujours près de 225 672 tonnes de déchets qui sont incinérées, un chiffre pratiquement identique à celui de 2008 (223 511 t). Ce qui interroge sur notre capacité (ou notre volonté…) à réduire la part de l’incinération (53%) sur notre territoire.

 

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