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Parkings Bordeaux

Avec les plantations d’arbres, le stationnement en centre-ville sera certainement un thème majeur des futures élections municipales.

Un candidat a déjà avancé quelques idées sur ce sujet: Vincent Feltesse (ancien président de la CUB) a ainsi proposé «  la disparition progressive du stationnement en surface pour des poches de stationnement type garage des immeubles. Ça permet de récupérer de l’espace public. » Il va même plus loin en proposant  « la suppression du stationnement de surface dans Bordeaux intra-boulevards« .

Nicolas florian, le maire de Bordeaux a aussi évoqué l’idée de la suppression des places de stationnement en surface lors du conseil de quartier de Bordeaux centre.

Il faut dire que l’idée n’est pas nouvelle. Elle est déjà appliquée, avec plus ou moins de réussite dans d’autres métropoles.  Les villes de Nice, Lyon,… réorganisent certaines rues en jardins afin d’offrir plus d’îlots de fraîcheur à leurs concitoyens.

Pourquoi ça coince.

En ville, généralement quand on supprime dans les rues des places de stationnement, très rapidement les riverains et les commerçants montent au créneau… La voiture en ville reste un sujet sensible.

Une piste avancée serait de rabattre ces riverains vers les parkings en ouvrage les plus proches de chez eux.

Une étude attentive des taux d’occupation en 2018 de ces parkings en centre ville donnent déjà quelques éléments de réponse.

Le classement.

A Bordeaux, on constate que certains parkings sont largement sous employés en journée comme en soirée.

Seuls, deux parkings font le plein en journée: Les grands hommes (410 places disponibles) et Victor Hugo (667 places) avec un taux d’occupation jour de respectivement 93,8% et 98 %. Victor Hugo bat ainsi tous les records de jour comme de nuit avec un taux d’occupation de 80% , quand Les Grands hommes  redescend à 71 %, soit une moyenne de 120 places inutilisées par soir et donc éventuellement encore disponibles pour les riverains.

D’autant que sur ce quartier du triangle d’or, le parking de Tourny (957 places) n’est utilisé le jour qu’à 61,1% le jour et seulement à 39,1 % la nuit. C’est donc plus de 370 places inutilisées le soir, qui pourraient être occupées par les habitants du coeur de ville.

Quand on élargit le périmètre, on trouve des parkings peu employés.  Gambetta (478 places) atteint 55,4 % en journée et seulement 36,4% en soirée. Même constat pour Bourse-Jaurès qui avec ses 1661 places disponibles, n’atteint que 56,5% en journée et seulement 49,6 % en soirée! Soit plus de 800 places de voitures éventuellement disponibles pour les riverains qui pourraient permettre de supprimer, certains stationnements en surface dans le quartier St Pierre par exemple.

D’autant qu’avec un taux/ jour de 63,4% et un taux /nuit de 65,3 %, pour le parking Camille Jullian (338 places), l’offre des parkings en ouvrage est loin d’être à saturation. De la même manière, le parking Pey-Berland-St Christoly (656 places) en journée ne fait pas le plein (63%) et encore moins la nuit (55,6%)

Le coeur de ville est donc largement doté en parkings en ouvrage et pour certains sous employés.

Ces taux d’occupation sont certainement une piste de réflexion pour les futurs candidats aux municipales. Restent encore à trouver le bon accord avec les gestionnaires de ces parkings et surtout le bon tarif pour les résidents qui sans cela, auraient le sentiment d’être doublement sanctionnés: plus d’espoir de trouver des places devant chez eux et un tarif plus cher que l’actuel tarif résident.

Et cette recherche de solutions aux problèmes de stationnement et de libération d’espaces publics peut être étendue à d’autres quartiers quand on constate les taux d’occupation par jour d’autres parkings: République (400 places) atteint 58,2%, Victoire (472 places) passe sous la barre avec 48,2%, comme les trois parkings du quartier St Bruno-Mériadeck: Huit Mai 45 ( 453 places) 45,8%, Front du Médoc (791 places) 29,6% et Centre Commercial Mériadeck (1309 places) 21,2% seulement.

D’autant que les taux d’occupation de ces parkings sont encore plus faibles en soirée avec un taux qui tombe à 8,4 % pour le centre commercial Mériadeck ou à 45,2 % pour le parking Victoire.

Cette idée, d’utilisation des parkings en ouvrage pour désengorger nos rues des voitures afin de libérer de l’espace urbain et faciliter ainsi les déplacements doux, sera certainement au coeur des débats qui s’annoncent lors des municipales de 2020.

Ce qui promet une campagne animée. A Bordeaux, la place de la voiture en ville étant toujours un sujet très polémique et très clivant.

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