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Coquelicots

Depuis le 1erjanvier 2017, la loi Labbé, sénateur EELV du Morbihan, interdit aux collectivités territoriales ainsi qu’aux établissements publics, d’utiliser des produits phytosanitaires pour l’entretien de leurs espaces verts, voiries et forêts.

Dans la continuité de cette première décision, la loi Labbé depuis le 1er janvier 2019, interdit aussi l’utilisation et donc la vente de produits phytosanitaires pour les particuliers. Depuis cette date, les habitants sont appelés à se débarrasser de leurs produits à usage non professionnel. Seuls les produits phytopharmaceutiques d’origine naturelle sont encore autorisés.

Le but est de réfléchir à une nouvelle manière de gérer son environnement afin de mieux préserver la biodiversité.

En septembre 2019, cinq grandes villes ont décidé d’aller plus loin que la loi Labbé.  Paris, Lille, Nantes, Grenoble et Clermont-Ferrand, en application du principe de précaution, ont décidé collectivement d’élargir par un arrêté municipal le champ de cette interdiction.  « L’usage des produits phytosanitaires chimiques sera désormais interdit sur l’ensemble des territoires de nos villes » signent-elles collectivement.

Pourquoi?

Parce que la réglementation permet encore aux collectivités sur des zones urbaines, compte tenu de certains contraintes de continuer à utiliser les produits phytosanitaires pour gérer ces sites.  Il s’agit par exemple des terrains de sport, des cimetières mais aussi des structures privées appartenant à des structures publiques dont l’accès est fermé au public ou encore des espaces publics non considérés comme des espaces verts.

Lorsque Bordeaux Métropole communique en indiquant que les services n’utilisent « plus de pesticides sur les trottoirs, accotements de voirie, places et dans les rues, parcs, jardins et squares », elle oublie de préciser que sur son territoire certaines emprises importantes comme celles de la SNCF, de TBM, les espaces autour des résidences en co-propriété, des entreprises, des parkings d’entreprises ou des supermarchés,… continuent d’être traités au glyphosate.

Mais cela n’empêche pas la ville de Bordeaux de communiquer sur son site en indiquant  « Participer à l’objectif « zéro phyto », (…) la mairie de Bordeaux a atteint son objectif d’arrêt de produit chimiques en milieu urbain. »

Côté green, les obstacles sont encore nombreux.

Si cela se révèle vrai dans les jardins municipaux, c’est moins évident sur les terrains de sport par exemple.  Même le Golf de Bordeaux, pourtant labellisé « pelouse sportive écologique » depuis 2015 continue à être entretenu avec des produits phytosanitaires. En effet ce label n’impose absolument pas l’arrêt des pesticides mais seulement de chercher à « réduire l’impact sur l’environnement »…

Une incohérence que ne manquent pas de relever, année après année, les élus écologistes (EELV) au conseil municipal de Bordeaux. Selon eux :   » Les dépenses en produits phytosanitaires ont explosé en 2017, passant de 7 881 euros en 2015 à 14 413 euros en 2016, et à 18 218 euros en 2017, soit une augmentation de 130 % en 2 ans. »

Ils rappellent que le golf est à proximité d’une réserve naturelle et en zone inondable, deux raisons qui mériterait d’arrêter tout traitement phytosanitaire sur ce secteur.

Mais, pour l’instant, pour les municipales sur ce sujet, malgré le très net verdissement des discours,  peu de déclarations d’intentions reprenant la demande faite par les associations d’interdire tous les pesticides de synthèse sur la totalité du territoire municipal.  

https://nousvoulonsdescoquelicots.org