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Voilà un contrat qui ne va pas calmer le ressentiment des habitants de la Gironde envers Bordeaux Métropole…

Fin 2019, une nouvelle délégation de service public (DSP) a vu une filiale de l’entreprise Véolia remporter le marché des unités d’incinération de Bègles et de Cenon. A partir du 20 février 2020, l’ensemble des déchets de l’agglomération bordelaise sera uniquement géré par le géant de l’eau et de l’assainissement. Jusqu’à présent Suez et Véolia se partageaient le marché du traitement des ordures ménagères.

Si cette nouvelle DSP satisfait la presque quasi majorité des élus de Bordeaux Métropole, elle renforce la colère des élus Girondins compte tenu des termes de ce nouveau contrat.

Cet engagement sur 7 ans et 10 mois de notre collectivité soulève en effet questions et interrogations.

D’un point de vue économique, le coût du traitement est largement favorable à Bordeaux Métropole, faisant passer le coût de la tonne incinérée de 80 € à 51 € la tonne. L’incinération est même ramené à 18 euros la tonne si on retire les 35 euros par tonne issus du loyer payé par le délégataire à Bordeaux Métropole pour l’utilisation des usines de traitement.

18 euros la tonne quand les autres syndicats autour de Bordeaux Métropole devront payer entre 110 et 120 euros la tonne pour faire traiter leurs déchets par Véolia. Une situation que dénoncent les élus des autres territoires, obligés de négocier le coût du traitement de leurs déchets avec un seul et unique prestataire, qui gère aussi le site de stockage des déchets non dangereux de Lapouyade… Une position de monopole qui permet à cet opérateur de récupérer sur les contrats des communes girondines le prix très compétitif offert à Bordeaux Métropole. Les habitants de ces communes avoisinantes verront ainsi passer leur taxe d’OM de 91 euros à 107 euros en 2021.

D’un point de vue écologique, le faible coût de l’incinération sur Bordeaux Métropole incite peu à la réduction de nos déchets par le tri et le recyclage. Cette sur-capacité originelle de l’incinération (240 000 tonnes à Bègles et 120 000 tonnes à Cenon pour 225 000 tonnes produits par Bordeaux Métropole) a toujours été un frein à une politique de tri plus ambitieuse sur notre territoire.

De ce fait en 2020, Bordeaux Métropole, territoire zéro déchet, n’atteindra donc pas son objectif de 465 kilos par an et par habitant. Avec encore 501,7 kg par habitant en 2018, les résultats ne sont pas à la hauteur des enjeux du fait d’une valorisation énergétique qui reste au dessus des 50%, quand 80 % de nos déchets pourraient être recyclés.

Mais les habitants de Bordeaux Métropole verront-ils leur taxe d’ordures ménagères baisser cette année du fait de cette bonne opération financière (14 millions economisés)? On peut en douter car le coût du traitement des déchets, toujours supérieur aux autres collectivités territoriales, (128 euros contre 106 euros ailleurs) dépend d’un service aux habitants qui privilégie de nombreux passages de bennes. (Fréquence 6 sur le centre ville de Bordeaux, 2+1 sur d’autres secteurs)

Et surtout le faible coût de la tonne incinérée incite peu à trier. Seule une politique volontariste en faveur du recyclage permettra à Bordeaux Métropole d’atteindre durablement ses objectifs.