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Navette Airf france Bordeaux Paris

Après plus de huit semaines de confinement, de nombreuses réflexions, essais, articles, publications sur l’état de la planète et le monde d’après, voilà une déclaration qui nous ramène rageusement à la réalité.

Cette semaine lors de la visite du secrétaire d’État aux transports, Jean-Baptiste Djebbari, le sort de la navette Air France Bordeaux-Paris est donc revenu sur la table des discussions entre élus locaux et gouvernement. Alors qu’on pensait cette navette définitivement enterrée, suite à la position de Bruno Le maire, ministre de l’économie, qui s’était déclaré contre sa réouverture, voilà que le maire de Mérignac tente à nouveau de la défendre mordicus.

Au nom de l’emploi et de la défense de la filière aéronautique, tout est possible…

Alain Anziani aurait ainsi déclaré en début de mois au journal Sud Ouest: « Sans compter le quartier d’affaires de Mérignac et les habitants du Médoc et de Charente pour qui il est plus pratique de prendre l’avion que le train » .

L’avion, selon cet élu,  serait donc le moyen de transport plébiscité par les voyageurs du nord de la métropole ou du nord Gironde.

Mais sur quoi fonde-t-il cet argument? Est-ce un fait avéré ou de pures élucubrations?

Prenons donc un voyageur lambda, appelons le Mr Nemo, habitant Mérignac, par exemple avenue Jules Verne (vu qu’ on est dans de la pure fiction…), en partance pour Paris, quartier de La défense, son lieu de travail.

Un premier choix, s’offre à lui : prendre l’avion.

L’avenue Jules Verne à Mérignac se situe à 13 minutes en voiture de l’aéroport, 20 minutes en bus… Il devra s’y présenter au moins 1 heure avant, afin de passer les contrôles d’usage. (moins, c’est possible mais plus aléatoire et Mr Nemo a horreur des imprévus…) Le vol dure 1h10, il devra, une fois l’avion atterri, se diriger rapidement vers un mode de transport pour se rendre à la défense: bus en 50 minutes, train en 44 minutes ou taxi en 23 minutes selon le site de l’aéroport d’Orly. En choisissant le train, qui lui permettra de relire, « Vingt mille lieux sous les mers » son roman favori, il aura donc mis en avion au moins 3h 07 pour se rendre de chez lui à Paris- La défense.

TGV Bordeaux Paris

 

Etudions cette fois-ci le transport le moins « pratique » selon Mr Anziani.

La maison de Mr Nemo est à 25 minutes en voiture de la gare St Jean, 50 minutes en bus… Il doit bien évidemment anticiper les éventuels bouchons et le temps mis pour garer sa voiture, ce qui représente bien une demi-heure de plus. Le trajet en TGV Bordeaux- Paris dure 2h20. Une fois à Montparnasse, il devra vite se diriger vers les différents choix de transport qui s’offrent à lui: Bus en 34 mn, ligne 1 de métro en 24 minute, ligne 6 ou taxi en 18 mn. Avec la ligne 6, son trajet maison- Paris-La défense aura duré au moins 3 h 33.

Mr Anziani a raison, l’avion est plus rapide que le train, un gain sur le papier de 30 minutes.

La question est donc de savoir si ce différentiel de temps est à la hauteur des enjeux de notre planète ? A l’heure de la fonte des glaces, de la pollution de l’air qui n’a jamais été aussi pur depuis que les avions sont cloués au sol, ce temps « gagné » mérite-t-il d’être à nouveau mis en avant par nos élus ?

Engageons notre maire, grand défenseur de l’emploi sur sa commune et sur la métropole, à prendre un peu de son temps « perdu » à bord de son TGV Bordeaux-Paris pour relire « Le Tour du monde en quatre-vingts jours« , réflexion autour de la mesure des distances à parcourir en un temps limité …