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Alors un jour, deux jours ou trois ? Quand on parle d’autonomie alimentaire pour la métropole bordelaise, plusieurs données circulent sur internet et dans les milieux bien informés. Mais au final, quelque soit ce chiffre, ce qu’il faut retenir, c’est que Bordeaux, comme la plupart des urbaines, est très loin d’atteindre l’autosuffisance alimentaire.

En 2017 déjà, » le cabinet UTOPIES avait évalué le degré d’autonomie alimentaire des 100 premières aires urbaines françaises ». Dans ce classement, seule, Avignon avec  » 8,1% de produits agricoles locaux incorporés dans les différents produits alimentaires consommés localement (bruts, élaborés, transformés ou cuisinés) » faisait la course en tête. Bordeaux se plaçait à la 53° place avec seulement 1,73% d’autonomie alimentaire, tous produits confondus. https://www.utopies.com/wp-content/uploads/2019/12/autonomie-alimentaire-des-villes-notedeposition12.pdf

En 2018, Bordeaux a tenté d’établir un diagnostic de l’agriculture sur son territoire en croisant  différentes données chiffrées de différentes sources: Chambre d’agriculture, MSA, A’URBA, INSEE,…

Ce document très complet, a recensé les leviers et les freins possibles pour notre agglomération. Concernant le nombre d’exploitations agricoles, ce nombre est en baisse continue depuis plus de trente ans. La métropole bordelaise est ainsi passée de 672 exploitations en 1988 à 176 en 2017…  Cependant malgré ces chiffres alarmants, des motifs d’espoirs perdurent. Chaque année, de nouveaux agriculteurs tentent l’aventure, certes à un rythme encore trop faible, de 2 à 3 par an, mais qui permet par exemple aux villes de Bordeaux ou de Mérignac, qui n’avaient plus d’exploitation de retrouver un solde positif.

Cette lueur d’espoir ne veut pas forcément dire que l’on se dirige rapidement vers une autonomie alimentaire de notre métropole…bien au contraire. En effet, on apprend dans ce document qu’un bureau d’études VertigoLab a tenté une projection en maximisant les surfaces agricoles de la métropole et en partant de l’idée que la totalité des aliments produits soit consommée par les habitants du territoire. Selon ce scénario, pour les légumes et céréales, on passerait de 14 jours à … 33 jours.  Même constat pour les fruits, de 12 jours à 26 jours et pour l’élevage, de 1 jours à seulement 3 jours.

Il faut dire que les surfaces agricoles sur la métropole subissent de nombreuses contraintes inhérentes à l’urbanisme: pollution des sols, problème d’irrigation,  qualité de l’eau, pollution de l’air, contraintes sanitaires pour les élevages, vols, dégradations,…

La situation géographique avec de nombreuses zones inondables impose aussi des contraintes administratives, périmètre du PPRI (plan de prévention du risque inondation) pour l’implantation de nouvelles constructions agricoles. EN 2018, 4078 ha étaient concernés, soit 100 exploitations sur les 176 existantes.

Et enfin malgré un PLU qui a permis de limiter l’étalement urbain et de protéger les 6585 ha de terres agricoles que comptent la métropole, 596 ha de espaces à vocation agricole ont cependant disparu du fait de la pression immobilière.

L’enjeu pour Bordeaux est de continuer à préserver le foncier agricole et de favoriser l’installation de nouvelles exploitations sur son territoire mais surtout de construire des coopérations avec les territoires autour de la métropole.

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